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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



TYRANNOSAUR

Écrit et réalisé par Paddy CONSIDINE - Écosse 2011 1h31mn VOSTF - avec Peter Mullan, Olivia Colman, Eddie Marsan, Archie Lal, Jag Sanghera, Mike Fearnley, Lee Rufford... Grand Prix et Prix du meilleur scénario, Festival du film britannique de Dinard 2011.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

TYRANNOSAURContrairement à ce que laisserait penser le titre énigmatique – dont l’explication vous sera livrée au milieu du film – rien de jurassique, rien de préhistorique dans ce drame social âpre et lyrique à la fois, premier long métrage du comédien Paddy Considine, qui réussit le tour de force d’égaler la puissance des meilleurs Ken Loach. Dans une première scène d’une extrême tension, Joseph, prolo un peu paumé de Glasgow, jeté d’un bar où il vient de s’engueuler avec des bookmakers, expulse sa rage sur son malheureux chien qu’il roue de coups, au point que l’innocent corniaud en meurt, plongeant son maître dans un insondable remords. D’autant que l’on comprend vite que ce malheureux clébard était le seul compagnon de Joseph, depuis la mort de sa femme Pauline, depuis que son unique ami proche agonise d’une maladie pulmonaire… Les circonstances de la vie et son tempérament font que Joseph est habité d'une rage inextinguible, que rien ne peut étouffer et qui s’exprime autant sur les objets que sur les êtres vivants qu’il croise…

Et puis un jour Joseph entre comme une furie dans la boutique de fripes d’Hannah, une femme très croyante qui, au lieu de prendre peur et d’appeler illico la police, se met à prier pour lui pendant qu’il est recroquevillé derrière un portant de vêtements, en larmes. L’homme tout de colère habité est touché par tant de compassion… Ce qui ne l’empêche pas de revenir le lendemain déverser sur la malheureuse son mépris pour sa supposée vie de petite bourgeoise rangée et frustrée… Tout faux ! Ce que ne sait pas Joseph et qu’il va deviner peu à peu, c’est qu’Hannah porte elle aussi sa croix : son mari ultra-violent qu'elle n'arrive pas à quitter… Paddy Considine analyse remarquablement le mécanisme infernal de la violence conjugale, en montrant bien toute son ambiguïté : le désarroi de la femme qui veut coûte que coûte espérer que ce n’est qu’accidentel, ou que c'est la dernière fois… mais aussi celui de l’homme dont la violence est un exutoire à un profond mal-être, à une absence totale de confiance en soi, et qui se répand en pitoyables excuses, supplications, protestations d’amour avant de recommencer le lendemain.

Face à cette situation qu’il découvre peu à peu, Joseph ne sait que faire : fuir et essayer déjà de se coltiner ses propres problèmes ou construire avec Hannah une relation basée sur un double combat, pour se reconstruire l’un et l’autre, l’un avec l’autre. Et peu à peu l’amour va se faire une petite place. Malgré des moments où les instincts destructeurs reprennent le dessus (quand il dit violemment à Hannah, qui s’est réfugiée chez lui après un tabassage de trop, qu’il ne veut pas « de la merde qu’elle est venue déverser dans sa vie »), Joseph va peu à peu comprendre que cette femme est pour lui la chance d’un nouveau départ. Et qu'il représente probablement la même chose pour elle. Chacun va trouver les forces, le courage d’affronter ses démons et d’aider l’autre. Car autant Joseph qu’Hannah, malgré leurs erreurs ou leurs faiblesses passées, sont de la trempe des trop rares qui n’acceptent pas l’inacceptable, qui ne se soumettent pas au destin qui apparaît inéluctable. Et le film, qui s’annonçait d’une noirceur terrible, devient une ode à la rédemption toujours possible et à l’espoir. Aux côtés du toujours impeccable Peter Mullan, Olivia Colman, formidable actrice peu connue en France, dont le visage douloureux restera longtemps dans nos esprits, incarne magnifiquement ce parcours cahotique vers un avenir meilleur.