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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



Génocide des Tutsi du Rwanda, le silence de la justice : jeudi 31 mai à 20h00 à Tournefeuille, en collaboration avec Survie Midi Pyrénées, séance unique suivie d'un débat Alain Gauthier, président du Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda (CPCR) (achetez vos places à partir du mercredi 18 mai). 24 rwandais sont aujourd'hui accusés devant la justice française d'avoir participé au génocide des Tutsi en 1994. Certaines des plaintes datent de 17 ans, toutes sont actives, à ce jour aucun procès ne s'est tenu. Comment expliquer ce silence insoutenable pour ceux qui veulent voir éclater la justice et la vérité ? Plus d'infos sur survie31.over-blog.com et collectifpartiescivilesrwanda.fr.

SHOOTING DOGS

Michael CATON-JONES - Royaume Uni 2005 1h54mn VOSTF - avec John Hurt, Hugh Dancy, Dominique Horwitz, Clare-Hope Ashitey, David Gyasi, Susan Nalwoga... Scénario de David Wolstencroft, d’après un récit de Richard Alwyn et David Belton, ex-journalistes envoyés spéciaux au Rwanda.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

SHOOTING DOGSRwanda, le pays des mille collines, au cœur de l’Afrique des Grands Lacs. Un décor de rêve, un printemps permanent… On n’imagine pas autrement le paradis sur terre. Un pays dont les richesses naturelles eussent été largement suffisantes pour nourrir et rendre heureux tous ses habitants et même davantage. C’est d’ailleurs ainsi que le décrivaient les premiers colons débarquant au milieu de gens paisibles et beaux comme des dieux. Ainsi, ils n’eurent pas à user de la force pour imposer une colonisation douce, échange de cadeaux et de bons procédés suffirent. On favorisa l’installation d’une monarchie sous contrôle, puis on initia un processus de centralisation, on mit en place ce qui n’avait jamais existé là : une « carte d’identité » mentionnant l’ethnie d’origine, Tutsi, Hutu… Les Allemands d’abord, les Belges ensuite. Ils composèrent avec les antagonismes pour affermir leur pouvoir, favorisèrent une ethnie, puis s’appuyèrent sur l’autre quand la situation tourna à leur désavantage.
Les pères blancs y allèrent de leurs prêches, ouvrirent des écoles partout, apportèrent leur Dieu unique et chassèrent les vieilles croyances, prêchant amour et paix tandis que d’autres s’appropriaient en douceur les richesses.

En 1994, quand le film commence, la situation se tend de plus en plus. Des hommes se déplacent d’un quartier à l’autre, procédant à un étrange recensement. La population a peur, des femmes, des hommes commencent à se rapprocher de l’École Technique de Kigali, où le père Christopher dispense, depuis de longues années, bonne parole et soutiens de toutes sortes. Il a de la bouteille et aucun des signes d’une dégradation accélérée de la situation ne lui a échappé. Les soldats de l’ONU (des Belges en l’occurrence) qui ont fait de l’école leur quartier général sont tout aussi inquiets. Quand on apprend que le président Habyarimana (un Hutu) est tué avec le président du Burundi voisin, au cours d’un accident d’avion douteux, les choses basculent brutalement dans l’horreur. Comme si tout était préparé d’avance, de tous les coins de la ville, simultanément, des hommes comme hallucinés, ivres de violence et de haine se répandent partout, tranchent dans les chairs, tranchent dans les vies, bien décidés à exterminer tous les Tutsi, du plus vieux jusqu’au dernier-né (des Hutu « modérés » seront aussi victimes de la tuerie). Ce massacre sera reconnu plus tard comme un génocide, mais on le nia comme tel tout d’abord, la communauté internationale s’obstinant à regarder ailleurs.
Le père Christopher et Connor, un jeune enseignant tout mignon d’idéal et de bons sentiments, venu là pour découvrir l’Afrique à cœur, tentent de parer au plus pressé, protégeant autant que possible ceux qui sont venus se réfugier là, espérant que l’amour de Dieu et les soldats de l’ONU les protègeront de la foule des allumés sanguinaires qui piétine derrière les grilles de l’école, machettes à la main…

Il n’y a pas de complaisance dans Shooting dogs, pas de pathos superflu ni de violence gratuite : si le film ne nous laisse pas tranquille, il trouve le ton juste pour aborder cette période sanglante sans pour autant remuer l’horreur au-delà de ce que nécessaire, justement replacé dans sa dimension humaine. En nous donnant le temps de ressentir le charisme des uns, le courage des autres, le film restitue concrètement l’indignité et l’absurdité du massacre. Le producteur et co-scénariste du film était reporter au Rwanda en 94, et a dû son salut à la protection d’un prêtre bosniaque qui a probablement inspiré beaucoup le personnage du père Christopher ; il a mis près de 7 ans avant de pouvoir trouver le recul nécessaire de ce qu’il veut être un témoignage. Témoignage indispensable, enrichi par celui de survivants qui ont participé au film. Une nécessité pour tout ce monde-là de faire savoir et d’interroger sur les atermoiements de l’ONU, des Etats-Unis… et des militaires français qu’on accusera d’avoir aidé les génocidaires dans leur fuite au Zaïre.
Un film remarquable donc, qui passionne et informe autant qu’il bouleverse. On vous recommande si vous voulez en savoir plus la lecture de RWANDA de Colette Braeckman (éditions Fayard) que vous trouverez – ou pourrez commander – dans toutes les bonnes librairies…