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Le blog des profondeurs...
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Dimanche 28 mai vers midi à Tournfeuille: vient qui veut! Un peu de bonne franquette et de conviavialité...
On organise une petite auberge espagnole (partageons nos piques-niques sortis du panier) pour préparer les anniversaires d'Utopia. N'hésitez-pas à vous joindre à nous. On grignotera en bavardant et chantonnant sur la pelouse s'il fait beau ou dans le coin cheminée s'il neige! Venez-nous dire vos...

Viramundo, un voyage musical avec Gilberto Gil
Du 17 avril au 7 mai en Vidéo en Poche, en avant-première, pour 5€ et en HD ! (voir la page de présentation du film) Une expérience européenne (The Tide Experiment) va proposer une sortie quasi simultanée en salles et en vidéo dans dix territoires européens : ça n’a l’air de ri...

L'eau de chez nous, l'eau de chez eux (la question de l'eau dans les territoires Palestiniens)
Enregistrement du débat qui a eu lieu à l'issue de la projection du film L'eau de chez nous, l'eau de chez eux le mardi 19 mars à Utopia Toulouse. Aux côtés du réalisateur Frédéric Vigné, et de Hervé Conan, Directeur de l'Agence Française de Développement à Jérusalem, le ministre Palestinien de l'ea...

Analyse de l'ANI (Accord National Interprofessionnel) du 11 janvier
Ça fait peur, mais vidéo à voir absolument (jusqu’au bout) pour s’informer sur les implications de l’ANI sur le code du travail : 14 mars dernier à Argelès-sur-mer, analyse par Gérard Filoche de l’accord entre le MEDEF et trois syndicats minoritaires (sur 8).... Lire Analyse de l'ANI (Accord Nat...

Des abeilles et des hommes
Dimanche 24 mars à Utopia Tournefeuille. Projection du film Des abeilles et des hommes Réécoutez la rencontre (en fin de billet) qui a eu lieu à l'issue de la projection, dans le cadre de la 7ème semaine nationale pour une alternative aux pesticides. Organisé par le TCAP (Tournefeuille Collectif Alt...

Scientologie, psychanalyse et capitalisme (enregistrement du débat)
Jeudi 7 mars, après la projection de The Master, nous recevions Thierry Lamote, auteur du livre La scientologie déchiffrée par la psychanalyse : la folie du fondateur L. Ron Hubbard (Presses Universitaires du Mirail, disponible à la librairie Terra Nova) et Marie-Jean Sauret, psychanalyste, Prof...

HOLY MOTORS

Écrit et réalisé par Leos CARAX - France 2012 1h55mn - avec Denis Lavant, Edith Scob, Kylie Minogue, Eva Mendes, Elise Lhomeau, Michel Piccoli...

HOLY MOTORSHoly Motors a illuminé le Festival de Cannes – d'où il est reparti bredouille, pas le moindre prix, au grand désappointement de ses multiples fans – de sa bizarrerie, de son humour noir, de sa mélancolie. C'est l'histoire d'un voyage en limousine. À son bord, deux personnages : la conductrice, Céline, à la beauté étrange et surannée (Edith Scob), très attentionnée à l'égard de son passager, Monsieur Oscar (Denis Lavant), qui a d'abord l'allure d'un homme d'affaires, avant de changer dix fois d'identité et d'apparence pour honorer les rendez-vous notés sur son agenda. L'intérieur de la limousine ressemble à une loge où M. Oscar se change en fonction des rôles qu'il doit endosser : tueur à gages, mendiante, vieillard, père de famille, créature virtuelle...

À chaque rendez-vous correspond un épisode halluciné, radicalement différent du précédent, où Denis Lavant, transformiste de génie, comédien à l'énergie primitive et tellurique, investit un univers visuel et émotionnel singulier. Le plus effrayant est celui où, sous les traits d'un clochard monstrueux, il hante les égouts et les cimetières, et mange les cheveux d'une mannequin voilée jouée par Eva Mendes. Le plus sidérant : quand M. Oscar se métamorphose en créature virtuelle et fluo et s'adonne à un ballet érotique. Le plus émouvant: la séquence où, dans La Samaritaine intérieurement démolie, il retrouve un amour ancien en la personne de Kylie Minogue, sosie de Jean Seberg, qui interprète une chanson déchirante avant de monter sur le toit dont la vue domine Paris, et notamment le Pont-Neuf.
À chaque rendez-vous, M. Oscar accomplit son « travail ». Mais à son impresario (Michel Piccoli, dans une apparition courte mais marquante), qui note qu'il semble « ne plus y croire comme avant », M. Oscar répond que désormais les caméras sont miniaturisées au point d'être invisibles et donc partout. L'idée n'est pas neuve, mais Holy Motors en tire toutes les conséquences quant au cinéma : si le monde est condamné à être en perpétuelle représentation, la frontière entre le réel et la fiction est abolie. Les « rendez-vous » pour passer d'un état à un autre ont désormais quelque chose de vain. Là où tout se montre, où tout s'auto-promeut (même sur les tombes, les défunts appellent les vivants à visiter leur site !), comment M. Oscar pourrait-il y croire comme avant ? Cet « avant » qui peuple Holy Motors.
Le voyage en limousine est également une épopée à travers l'histoire du cinéma : le muet est très présent, Lang et Lynch ne sont pas loin, Godard encore moins, le Pont Neuf renvoie bien sûr aux propres films de Carax, et Edith Scob clôt Holy Motors avec le masque qu'elle portait dans Les Yeux sans visage de Georges Franju...

La mélancolie crépusculaire du film est démentie par sa splendeur hypnotisante qui, en elle-même, est un hymne à la persistance du cinéma. Leos Carax, qui n'avait pas réalisé de long-métrage depuis treize ans (Pola X), apparaît en personne dans les premières images. Par un passage forcément secret, il rejoint une salle de cinéma où les spectateurs sont endormis. Holy Motors est le plus beau rêve qu'ils pourront faire. Ils n'en croiront tellement pas leurs yeux qu'il les rouvriront. Et alors, ils verront...

(C. Kantcheff, Politis)