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Install-party samedi 29 septembre
Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas vers la liberté est toujours délicat, de vous aider à ...

Nuit Fantastique, dixième édition, appel à participation
Le 31 octobre prochain aura lieu la 10e édition de la terrifiante et rituelle Nuit Fantastique.  Vous avez envie de célébrer avec nous ce funeste évènement ? Envoyez-nous de courtes vidéos (de 10 à 30 secondes maxi) de votre cru, nous en diffuserons une sélection durant la nuit, avec d’autres su...

Le manifeste de la haine islamophobe (communiqué UJFP)
Un manifeste « contre le nouvel antisémitisme » écrit par Philippe Val a été signé par 300 personnalités. Vous avez dit antiracistes ? Qui sont ces éminents antiracistes qui nous viennent en aide ? Il y a Manuel Valls, qui expliquait en septembre 2013 que « les Roms ont vocation à retourner en R...

LE CAPITAL

Constantin COSTA-GAVRAS - France 2012 1h53mn - avec Gad Elmaleh, Gabriel Byrne, Natacha Régnier, Céline Sallette, Liya Kebede, Hippolyte Girardot, Bernard Le Coq, Daniel Mesguich... Scénario de Costa-Gavras, Jean-Claude Grumberg et Karim Boucherka, d'après le livre de Stéphane Osmont.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LE CAPITALJubilatoire. En pleine crise économique et sur fond de réforme bancaire (il est question de séparer les activités bancaires dites « spéculatives » ou encore « de marché » des activités de dépôt et de crédit), il était bon, même si les sabots sont ici ou là un peu lourds (mais le sujet s’y prête très bien), de nous rappeler – voire nous informer – ce qui continue de se tramer au-dessus de nos têtes, en dehors des urnes, et de la justice, en toute impunité ou presque, dans l’univers impitoyable de la haute finance. Et la bonne idée de Costa-Gavras, c’est de le faire de l’intérieur, à travers le parcours, l’ascension d’un quadragénaire, Marc Tourneuil (Gad Elmaleh), polytechnicien zélé mais sans charisme particulier, propulsé par ses pairs, à la suite d’une crise cardiaque du directeur en place (Daniel Mesguich, napoléonien), à la direction d’une des plus grandes banques européennes, Phénix. En fait le Conseil d’Administration de la banque, qui l’imagine manipulable parce que sans expérience, ne voit en lui qu’un intérimaire, en attendant que l’ancien directeur recouvre la santé ou le temps de trouver une « pointure » indiscutable. Mais Tourneuil va se révéler redoutable… car cet univers, il le connaît comme sa poche, qu’il a béante… Toute cette histoire nous fait bien sûr penser à Goldman Sachs, « la banque qui dirige le monde ».

Personnages et spectateurs sont emportés dans le tourbillon infernal de la haute finance, ses coups tordus, et tous les bonus qui vont avec (signes extérieurs de richesses et reflets d’un narcissisme hors normes) : sexe facile, belles gonzesses, costumes sur mesure, décors luxueux, voyages en jet privé USA-France, rendez-vous sur un superbe yacht avec des Américains représentant un fonds d’investissement spéculatif (Gabriel Byrne en chef requin), dîners intimes dans des restos gastro avec des hommes de l’ombre appartenant au gouvernement, ou avec des dictateurs de pays pétroliers, ou riches en uranium, soirées mondaines dans des musées privatisés pour l’occasion avec journalistes, politiques, grands chefs d’entreprises… À propos de dîner, on pense bien sûr au Dîner du siècle, ou au groupe Bilderberg, ces attroupements de gens dit « influents » qui parlent et décident en secret de la destinée économique du monde. Des attroupements qu’on ne disperse jamais et qui pourtant troublent l’ordre public, et pas qu’un peu !
Tout ce petit monde avide de pouvoir et d’argent vit sur une autre planète, la finance est un jeu de dupes : qui gagne un jour en bourse détient le pouvoir, qui perd le lendemain en est dépossédé. Objectif unique : se battre sans cesse pour ne pas se laisser dominer à son tour, tout faire pour s’élever au-dessus des marchés, assurer l’approvisionnement en pognon, satisfaire toujours plus les actionnaires et augmenter les rémunérations des dirigeants. Pour y arriver : inventer, grâce au boulot d’une kyrielle de mathématiciens et de logiciels, toujours plus de produits financiers (subprimes, hedge funds, stock options, rachat de banques aux actifs pourris…), de combines, manipuler les employés pour mieux licencier, au besoin avec l’aide des méthodes de Mao et des techniques de communication de Bill Gates (ce qui nous vaut une scène spectaculaire).

On est loin de la fable philosophique de Cronenberg, Cosmopolis, plus proche de Margin call. Dans leur souci pédagogique, Costa-Gavras et ses scénaristes simplifient un peu trop, mais malgré ses imperfections, le film est efficace et bienvenu en cette période où les rappels à la mémoire et les éclaircissements sont plus que jamais nécessaires.