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Install-party à Tournefeuille samedi 17 juin
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DIAZ, un crime d'état

Daniele VICARI - Italie 2012 2h03mn VOSTF - avec Claudio Santamaria, Jennifer Ulrich, Elio Germano, Davide Iacopini, Ralph Amoussou, Emilie de Preissac, Fabrizio Rongione... Scénario de Laura Paolucci et Daniele Vicari.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

DIAZ, un crime d'étatUne école transformée en dortoir, la nuit. Des militants pacifistes y sont réunis. Hommes et femmes. Des jeunes étudiants, des syndicalistes septuagénaires, mais aussi des journalistes. Soudainement des centaines de policiers harnachés et casqués surgissent après avoir brisé les portes. Les occupants de l'école lèvent immédiatement les mains en signe de paix, mais les matraques s'abattent sur eux avec méthode et sauvagerie, de manière répétée et brutale, non pas pour neutraliser mais bien pour briser les os, défigurer, les victimes étant enfin épargnées quand elles ne sont plus que chair saignante et gémissante. Personne n'y échappe, quelque soit le sexe ou l'âge, la carte de presse brandie ne permet pas non plus de se prémunir de la furie policière. Où cela se passe-t-il ? Dans une quelconque dictature d'Amérique latine ? Sous le joug d'un tyran arabe ? Dans la Russie autocratique de Poutine ? Ben non… Nous sommes en 2001, à Gênes, dans l'Italie berlusconienne, dans un Etat prétendument démocratique, alors que s'achèvent les manifestations anti G8 qui ont vu la mort par balle du jeune autonome Carlo Giulani. Ce qui se déroula à l'Ecole Diaz et dans les jours qui suivirent est, selon Amnesty International, « la plus grave atteinte aux droits démocratiques dans un pays occidental depuis la seconde Guerre Mondiale ».

Le premier film de fiction réalisé (il a fallu attendre douze ans) sur ces événements décrypte avec brio et avec l'efficacité d'un thriller haletant l’enchaînement des événements qui ont permis à l'impensable de se produire : l'impéritie des services de sécurité humiliés par les actions coups de poing des Black Blocks radicaux et violents qui réussirent à paralyser la ville, la montée de la haine parmi des policiers en sous effectifs et pas préparés au combat de rue, le montage approximatif de l'action sur la base d'informations délibérément erronées (les Black Blocks localisés à Diaz étaient déjà prudemment repartis dans leur pays d'origine avant l'assaut de la police) pour combler le vide médiatique et la honte politique infligée à Berlusconi qui accueillait le G8. Et quand l'horreur de la situation crève trop les yeux grâce aux caméras qu'on n'a pas pu empêcher de filmer les brancards portant des militants salement amochés, le mensonge d'Etat s'installe, on invente des preuves de rébellion, on trouve mystérieusement des armes. La terreur ne s'arrêtera pas là puisque ceux qui ont eu le « malheur » de ne pas avoir besoin d'une hospitalisation immédiate seront transférées dans une caserne, où ils subiront trois jours durant des exactions dignes des grandes heures de la répression mussolinienne : maintien debout face au mur sous peine de recevoir des coups de matraques, privation de sommeil, nudité forcée pour certaines femmes et obligation de faire leurs besoins devant les geôliers hilares…
Suite aux témoignages des 93 personnes arrêtées, il y a bien eu lieu un procès au cours duquel 27 des policiers ont été condamnés pour coups et blessures aggravées et diffamation. Mais, de recours en appel, ces faits ont fini par être prescrits. Seuls 44 policiers, gardiens et infirmières ont été légèrement condamnés « pour abus de pouvoir et d'autorité » pour leurs méfaits à la caserne, sans que jamais il ne soit question de torture, ce crime ne figurant pas dans le code pénal italien.

Mise en scène au cordeau, galerie de personnages excellemment croqués (aussi bien du côté des flics que des altermondialistes dont le réalisateur a l'intelligence de souligner les divergences), Diaz s'avère un indispensable film d'alerte à tous les états démocratiques qui, face à la contestation de rue, peuvent basculer en quelques jours dans des pratiques totalitaires. L'Italie est plus que gênée aux entournures de cet épisode peu reluisant, d'ailleurs le producteur du film, Domenico Proracci (il a aussi produit Gomorra, Habemus Papam…), a du se passer de chaîne de télévision et distribuer lui même le film dans son pays.