TOULOUSE Borderouge et TOURNEFEUILLE

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On n'est jamais à l'abri du meilleur… Le projet Utopia Cinéma Durable continue ! 400% son objectif initial déjà atteint, 80 000€ ! Mazette ! Une fin d'année sur les chapeaux de roue !
Drôle d’année que 2020… Nous vous souhaitons une très belle année 2021, qu’elle soit meilleure et moins confinée que la précédente, qu’elle vous apporte la santé, la réalisation de vos projets. Il nous revient à tous de bâtir des alternatives solidaires, durables, respectueuses de l’humain et de nat...

Comme un cadeau de Noël à la planète ! Vous êtes-là ! Attention J-1 : il ne tient qu'à vous…
Lors de nos permanences, dans nos halls, sur les réseaux, il n'y a pas à dire vous êtes-là !Même sur Ulule : vous êtes-là ! sur https://fr.ulule.com/utopia-pont-sainte-marie/Par solidarité, pour soutenir un projet légitime, pour faire votre part ! WE DO OUR PART ! Parce qu'on ne peut pas laisser les...

Gébé, on arrête tout, on réfléchit / L'AN 01
Si, après avoir vidé votre PEL pour aider Utopia à concrétiser le projet de cinéma du futur à Pont Sainte Marie, il vous reste 3 sous d’épargne à dilapider dans la joie et la bonne humeur…On était très heureux de recevoir Pierre Carles à Utopia Borderouge, pendant le dernier festival du film gro...

lu dans BOX-OFFICE PRO : "Vers Troyes, Utopia fait appel au financement citoyen"
Le réseau indépendant, qui a obtenu le permis de construire le 19 octobre, a lancé une vaste campagne de financement participatif pour son projet de cinéma à Pont-Sainte-Marie, dans l’Aube.« Il est temps que le cinéma passe au vert ! » Déterminée, Anne Faucon a décidé de franchir une nouvelle ét...

À voir aussi en Vidéo en Poche le précédent film de Rebecca Zlotowski, Belle Épine, Prix Louis Delluc du meilleur premier film en 2010.

GRAND CENTRAL

Rebecca ZLOTOWSKI - France 2013 1h35mn - avec Tahar Rahim, Léa Seydoux, Olivier Gourmet, Denis Ménochet, Johan Ribereau, Nozha Khouadra... Scénario de Rebecca Zlotowski et Gaëlle Macé.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

GRAND CENTRALEnfin un grand film romanesque qui renoue avec la tradition du cinéma français des années 30, ces grands drames amoureux qui se déroulaient dans le monde ouvrier. Pas un hasard si le héros de Grand Central, Gary Manda, porte le même patronyme que celui de Casque d'or de Jacques Becker. Un monde ouvrier très particulier en l'occurrence, qui synthétise toute la dureté, toute la précarité de notre système.
Gary est un jeune homme qui, comme pas mal d'autres, a enchaîné petites conneries et galères de boulot et qui finit par prendre ce qu'il peut trouver. Un boulot qui fait peur à certains, et dont l'immense majorité connaît mal la réalité : travailleur dans une centrale nucléaire, salarié par un sous traitant. Il rejoint la « confrérie » de ceux et celles – il y en a quelques unes – qui, pour à peine plus de 1500 euros par mois, flirtent avec la mort invisible, au plus près du réacteur, et qui, malgré les procédures de sécurité et les vêtements de protection, risquent à tout instant l'accident qui va faire exploser le dosimètre. Et comme la nécessité économique impose de continuer à bosser même quand les doses de radiations autorisées sont dépassées, il arrive que certains camouflent les mesures… Plutôt risquer la contamination que de perdre son gagne pain. Un monde d'autant plus étrange – et captivant pour nous, spectateurs, qui le découvrons – que ces ouvriers itinérants de centrale en centrale vivent dans des camps de mobile-homes bien cachés du grand public, au bout d'une bretelle d'autoroute improbable, au milieu d'une végétation luxuriante que favorise le rejet des eaux chaudes de l'énorme réacteur. Autant dire que s'il y a vie de famille, elle se passe là… Mais souvent il n'y en n'a a pas. Dans ce milieu clos, avec ses hauts et ses bas, il n'y a guère de place pour le chacun pour soi : chacun est responsable de l'autre et la solidarité est vitale.

C'est dans ce cadre étonnant, passionnant et éminemment cinématographique, que Rebecca Zlotowski fait vivre une histoire d'amour impossible, entre le jeune et beau Gary et Karole (Léa Seydoux, très crédible en prolo sensuelle et audacieuse), la femme de Toni, un vétéran parmi les décontamineurs, toujours le cœur sur la main, un des premiers à aider le débutant Gary ; un cocu magnifique, grand et tendre, splendidement incarné par Denis Ménochet. On n'oubliera pas non plus le personnage très fort joué par Olivier Gourmet, chef d'équipe sans illusions mais toujours sur la brèche, qui connaît les risques par cœur et essaie d'en préserver les nouveaux arrivants.

Rebecca Zlotowski filme remarquablement l'univers très particulier de la centrale, les gestes des ouvriers, les procédures ultra-précices, ritualisées, qui pourtant n'évitent pas la faute, l'inattendu qui peut provoquer le drame, rappelant au passage qu'il n'y a bien que les communicants d'EDF pour faire semblant de croire à la perfection de la sécurité nucléaire. Elle décrit admirablement ces salariés usés par la peur, parfois rattrapés par les radiations, elle fait vivre cette ambiance de tension permanente, que rendent supportable les moments de réelle fraternité. Dévorés par la pression et le danger, Gary et Karole le seront aussi par la passion, charnelle, vitale, plus forte que tout…