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Le blog des profondeurs...
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Première pierre d'Utopia Borderouge samedi 24 mars 2018 à 17h
Cela fait dix ans qu’on en parle, mais le projet finit par aboutir. Après que, à peine élu, Jean-Luc Moudenc ait remis le projet à l’ordre du jour, archis et bureaux d’études se sont attelés au travail. Pas une mince affaire. Le ciné est à cheval sur le tunnel du métro, ce qui comp...

Réveillon de Noël en vue!
Attention nombre de places limitée !Tickets à récupérer à la caisse dès à présent (5€ d’arrhes, récupérables le soir même!). Le 24 décembre pour ceux qui ne vont pas manger la dinde en famille, on organise une petite veillée en attendant minuit. Attention quelques règles sont de mise…  C'est une ...

Nuit Fantastique IX (debriefing)
Avant de célébrer dignement l’an prochain la dixième édition (n’oubliez pas de nous envoyer vos idées ou vidéos pour que l’on fasse ensemble une dixième édition immémorielle), cette neuvième Nuit Fantastique fut un festin pour les sens (ci-dessous quelques photos qui en donnent un aperçu...

ALABAMA MONROE

(THE BROKEN CIRCLE BREAKDOWN) Felix van GROENINGEN - Belgique 2012 1h50mn VOSTF - avec Veerle Baetens, Johan Heldenbergh, Nell Cattrysse, Geert Van Rampelberg, Nils de Caster... Scénario de Carl Joos et Felix van Grœningen. Musique originale : The Broken Circle Breakdown Band. Les acteurs du film jouent et chantent eux-mêmes et c'est formidable !. CÉSAR du meilleur film étranger.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

ALABAMA MONROEPour tout vous dire, nous avions tellement aimé La Merditude des choses, le premier film de Felix van Grœningen, que nous avions bien peur d'être déçus par ce nouvel opus… Aucune déception, bien au contraire : le flamand flamboyant pourrait bien faire partie des réalisateurs qui ont plutôt tendance à se bonifier avec le temps…
Le film commence avec un concert de Bluegrass (variante de musique country, rappelez-vous la folle ambiance du groupe de Georges Clooney dans O'Brother), alors ça swingue, on s'y laisse prendre et l'instant d'après, nous voilà rendus dans une chambre d'hôpital… Allongée sur un lit, une gamine belle à croquer subit une douloureuse prise de sang, entourée de ses parents…
Il aurait été facile à partir de là de tomber dans une forme de sentimentalisme dégoulinant, mais rien de semblable ici.
L'histoire se raconte et repart de zéro, par bribes, retours en arrières, avancées fulgurantes dont on ne saisit pas forcément le sens au premier abord. Mais on se laisse d'emblée entraîner dans ce tourbillon : la science du montage nous livre les clefs au compte goutte et on reconstitue le tout, bout par bout, car dans la vie rien n'est jamais blanc ou noir, les lignes ne sont jamais droites, et c'est toutes ces nuances que Groeningen nous donne à voir, petit à petit, pour nous laisser le temps de dresser le tableau tout entier.

Tout a commencé par une rencontre : Didier, passionné par les États-Unis, cowboy dans l'âme, joueur de banjo et chanteur dans un groupe de Bluegrass, et Elise, tatoueuse dont le corps est un peu la vitrine de sa boutique et le récit de sa vie. Deux passionnés dont la rencontre débouche inévitablement sur une fulgurante histoire d'amour. Alors tout semble aller très vite et le conte de fée se construit d'abord à deux, puis à trois avec l'arrivée de la petite Maybelle (comme Maybelle Carter, célèbre musicienne et chanteuse country). Mais la réalité n'est pas un conte de fée…
Nous n'en dirons pas plus pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais ce film est tout bonnement une petite merveille ! L'ensemble est maîtrisé au millimètre, les personnages sont construits tout en finesse, touchants, profondément humains avec leurs forces, leurs fragilités, les actes de défense mal placés. Tout ça nous est montré simplement, sans jugement, filmé à la « bonne distance ». Il y a une réalité parfois dure, et les personnages tentent de l'affronter comme ils peuvent, avec maladresse souvent, mais en essayant tant bien que mal de s'accorder pour limiter les dégâts.

Tout ça pourrait manquer de légèreté mais ces deux-là sont tellement passionnés qu'on ne peut pas rester indifférent à l'ambiance folle des concerts et de la musique – Elise s'intègre au groupe de Didier et en devient la voix meneuse – qui ponctuent le film et le font décoller : une petite bière autour d'un feu de camp avec les amis musiciens et nous voilà partis à chanter en chœur jusqu'au bout de la nuit !
Alors on rit, on pleure, on espère, mais le titre original du film annonçait bien la couleur : The broken circle breakdown. C'était déjà cassé, c'est juste qu'on ne le savait pas au départ. Alabama Monroe, vous l'aurez compris à présent, n'est pas du tout l’héroïne du film, c'est plutôt le fantasme d'une relation, une image de ce que ça aurait pu être. Mais, dixit Elise dans le film, la vie « ne fait pas ce genre de cadeau ». Malgré ça, le film n'est jamais sinistre, parce qu'il y a de la vie, de l'énergie, de l'amour, beaucoup d'amour… et la musique !