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Le blog des profondeurs...
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Journal de bord 7
« Si l’on compare la quantité produite, le coût de la production, l’eau et l’énergie consommée, l’emploi créé (on pourrait ajouter la qualité offerte) on arrive à la conclusion qu’il vaut mieux avoir 100 fermes de 50 hectares qu’une seule ferme de 5000 hectar...

Journal de bord 6
Il pleut, il neige, il mouille… c’est la fête à la grenouille ! plus facile pour les confinés de ne pas mettre imprudemment le nez dehors !… Ana Pitoun et Valérie Mitteaux réalisent depuis quelques années, ensemble ou chacune de leur côté, plein de films tout à fait passi...

Journal de bord 5 : les films du confinement…
Pendant la durée du confinement, nous allons nous efforcer de vous proposer des films qu’on aime, qu’on trouve passionnants, qui ouvrent une fenêtre sur la vie des autres, qui nous aèrent les méninges… La programmation d’Utopia est faite de films choisis parmi ceux qui sortent, mai...

Journal de bord d'Utopia Borderouge et Tournefeuille 4
La civilisation du poisson rouge… c’est un bouquin dont je vous recommande la lecture : pas gros, vite lu, mais grosse réflexion à la clé. On le voit bien, partout et en tous lieux impossible de passer du temps avec quelqu’un sans qu’il lorgne du coin de l’oeil les messa...



Petit déjeuner samedi 21 septembre à 10h à Tournefeuille : projection unique suivie d'un échange à propos de l'éducation avec Jean-Pierre Lepri et l'association CREA-Apprendre la vie (education-authentique.org). Jean-Pierre Lepri est Docteur en éducation et en sociologie, ancien professeur d'école, formateur d'enseignants, inspecteur… et auteur du livre La fin de l'éducation ? Ses questionnements portent davantage sur le pourquoi de l'éducation, plutôt que sur le comment éduquer (on offre le café, apportez les croissants).

DETACHMENT

Tony KAYE - USA 2011 1h40mn VOSTF - avec Adrien Brody, Marcia Gay Harden, James Caan, Sami Gayle, Lucy Liu, Christina Hendricks, Blythe Danner, Tim Blake Nelson, William Petersen, Bryan Cranston, Betty Kaye (la propre fille du réalisateur, plus que touchante, vraie)...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

DETACHMENTJe n'ai tout simplement pas souvenir d'avoir vu un film comme celui-là, avec un tel regard sur l'enseignement, les enseignants, les élèves adolescents. Ni un panégyrique du système, ni une charge accusatrice. Une chronique prise sur le vif, qui parvient à traduire avec finesse et justesse les contradictions qui coexistent en chaque personnage, qui réussit à dépeindre tout aussi bien le côté obscur de la force que son côté lumineux. Un cinéma des contrastes.
Mais commençons par le commencement. Y en a-t-il un d'ailleurs ? Que sait-on d'Henry Barthes ? Un homme de passage, un enseignant remplaçant parachuté dans un lycée difficile de la banlieue de New-York. En un mois, que peut-on faire passer à des élèves qui ont autant baissé les bras qu'un système qui ne veut plus d'eux, qu'ils encombrent ? La proviseur se débat à armes inégales : l'administration veut du chiffre, des résultats, des statistiques de réussite, et pousse irrémédiablement vers la privatisation, le nettoyage par le vide, après lui avoir mis dans les pattes tous les éléments d'un inévitable échec. Une mort méticuleusement programmée de l'école publique. Seuls les laissés pour compte des lycées privés ont atterri dans son établissement. Les cancres, les pas friqués, les sans repère, les « cas sociaux ». Enseigner dans ces conditions, ce n'est plus un métier, c'est un sacerdoce. Pour survivre il faut avoir le feu sacré, un moral d'acier, une foi aveugle dans l'éducation… que tous n'ont pas. Beaucoup s'y sont épuisés. Et puis on ne naît pas enseignant, mais comment le devient-on ? Les voies qui vous font basculer un beau matin vers ce choix de vie sont tortueuses, impénétrables parfois. Autant de parcours que d'enseignants : celui-ci était chauffeur routier, cette autre intégrée parce que mère de famille nombreuse, cet autre jalousait son beau frère en pensant qu'il avait trouvé la bonne planque…

Avant de dérouler son histoire, le film démarre par de vrais témoignages intimes de ces profs « par accident » qui peuplent les écoles américaines. Qu'ils soient poignants ou drôles, ils sont tous touchants, comme le sont les personnages du film dont aucun n'est laissé à l'abandon, survolé. Alors, Henry Barthes dans tout ça ? Il est comme tous les autres profs et lutte comme il peut avec ce qu'il est, ce qu'il vit. Toujours sur le fil, il s'est construit un rempart de protection forgé dans une sorte de détachement. Mais peu à peu la façade impassible qu'il oppose au monde se fissure et suintent d'autres sentiments. Étrange combinaison de lucidité et de rêveries décalées, introspectives (qui aurait pu mieux interpréter l'ambivalence d'Henry qu'Adrien Brody ?). Il se voudrait dégagé des affaires de ce monde mais il est engagé bien plus qu'il ne veut se l'avouer. Comment ne pas être bousculé par la violence de certains élèves, la violence de ce qu'ils vivent ? Classes peuplées d'humanité vibrante, tour à tour criante ou muselée, libre et prisonnière de ses clichés, de ses peurs… Comment ne pas être happé par le regard de Meredith, si parlant malgré ses silences ? Comment ne pas être bouleversé par le destin de cette tête à claque d'Erica, qui brûle sa jeune existence par tous les bouts ? Tous ces regards tournés vers lui, qui lui renvoient la vie, la peur de la mort, la fascination morbide et romantique quelle exerce sur eux… Tous ces regards qui le ramènent à son passé, à sa relation avec sa mère, son grand-père, la vieillesse, la décrépitude, la fragilité de l'humain, tout simplement.

Sous une tendresse non feinte perce une justesse de ton qui est désarmante. Sans clichés, sans faux fuyants, une lucidité qui fait mal là où il faut. D'autant plus efficace que le scénariste, Carl Lund, était enseignant dans le secteur public.