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Atelier d'écriture YAKSA 7 : Kévin
La première fois que je l’ai vu, c’était à mon anniversaire, il était sorti d’un énorme gâteau avec des oreilles de lapin et un pompon blanc coincé entre les fesses. On peut pas vraiment dire que ce soit mon genre de mec mais il s’était passé un truc, je ne sais pas quoi exac...

Atelier d'écriture YAKSA 6 : Daria
Je m’appelle Greg Camazot, j’ai 34 ans ; je suis arrivé à Londres, il y a deux ans. Je travaillais à cette époque pour la Food and Drug Administration pour développer des recherches en alimentation alternative d’origine animale à base d’insectes.Les semaines qui avaient suivi le départ de Daria...

Atelier d'écriture YAKSA 5 : à partir de tableaux de Magritte
Test du parapluie. Comment savoir si un parapluie est vraiment étanche ?C’est très simple.Prenez un verre d’eau. Oui un simple verre d’eau transparent. Un verre que vous pouvez trouver partout. Un verre sans identification spécifique.Remplissez-le au 9/10 - c’est très important- d’eau du robine...

Atelier d'écriture YAKSA 4 : la parole
Parole que l’on dit sans y penser.Parole qui échappe, le mot de trop où la parole exprimée sans retenue se transforme en parole dérangeante et devient celle qu’on n’aurait pas dû dire.Parole qui peut être mise en musique ou en poème.Parole divine, posée sur une musique sacrée.Parol...



LES RENCONTRES D’APRÈS MINUIT

Écrit et réalisé par Yann GONZALEZ - France 2013 1h32mn - avec Kate Moran, Niels Schneider, Nicolas Maury, Eric Cantona, Fabienne Babe, Julie Bremond, Alain Fabien Delon, Béatrice Dalle, Jean-Christophe Bouvet, Pierre-Vincent Chapus...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES RENCONTRES D’APRÈS MINUITSans tomber dans la nostalgie du vieux cinéphile aigri, on ne peut pas nier qu'il fut un temps où le cinéma nous stupéfiait par son audace, osant tout formellement, brisant les tabous autant esthétiques que moraux. Quelque part entre la fin des années soixante et le milieu des années quatre-vingt, Pasolini osait porter à l'écran le chef d'œuvre de Sade, Les 120 journées de Sodome, avec toute sa violence symbolique ; Jodorowsky était capable de mettre les délires sous acide les plus insensés dans un film totalement mystique, La Montagne Sacrée ; et le cinéaste anar Claude Faraldo faisait dévorer des CRS par Michel Piccoli en ouvrier anthropophage dans Themroc en 1973. Les années quatre-vingt furent aussi celles des incroyables expérimentations esthétiques d'un Peter Greenaway ou d'un Derek Jarman… Le jeune Yann Gonzalez s'inscrit dans cette veine, et son premier long métrage météore nous épate par son innovation formelle, sa poésie pure, son romantisme noir, et va plonger aux confins des désirs les plus sombres.

La trame des Rencontres d'après minuit est simplissime : dans un loft au cœur d'une friche irréelle, des personnages en attendent d'autres pour une orgie. Les hôtes sont la ténébreuse blonde Ali, son jeune amant Mathias dont le visage angélique et le bandeau sur l'œil évoquent irrésistiblement Albator, secondés par leur majordome travesti, Udo (génial Nicolas Maury). Vont arriver successivement L'Étalon (incroyable Eric Cantona), la Chienne, dont le pseudo résume la nymphomanie exacerbée, l'Adolescent (incarné par le plus jeune fils Delon, presque aussi beau que son père jeune mais plus fragile, plus incertain), et la Star (la beaucoup trop rare et magnifique Fabienne Babe).

L'orgie qui ne sera jamais consommée (les pornocrates compulsifs en seront pour leur frais, mais le film n'en est pas moins plus bandant que bien d'autres plus démonstratifs en matière de sexe) est le prétexte à une variation fascinante et outrageusement théâtrale sur le désir, d'une beauté qui frôle parfois le sublime : images oniriques ou drolatiques comme cette scène en flash-back où l'Etalon, enfermé en slip dans une cage, se fait fouetter par Béatrice Dalle, commissaire de police SM revêtue d'une chapka, clin d'œil hilarant aux films de série Z carcéraux des années soixante-dix. Les Rencontres d'après minuit c'est un mélange détonant, à la fois référence à une certaine culture bis, une esthétique des années quatre-vingt qui ont bercé l'enfance du réalisateur et poésie philosophique et mystique qui s'exprime dès la séquence d'ouverture, référence explicite à La Belle captive, d'Alain Robbe-Grillet, et au-delà au cinéma de Jean Cocteau. Le tout bercé par la musique envoûtante d'un autre Gonzalez, Anthony, le frère, célèbre compositeur touche à tout, et star de la scène électro sous le nom de M83.