LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS APPELER

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limitées dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séances sur fond gris : 4,5€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



LES CITRONNIERS

Eran RIKLIS - Israël 2007 1h46mn VOSTF - avec Hiam Abbass, Doron Tavory, Ali Suliman, Rona Lipaz-Michael, Tarik Copty... Scénario d’Eran Riklis et Suha Arraf.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES CITRONNIERSSalima (Hiam Abbass, magnifique) vit en Cisjordanie dans la maison familiale héritée de son père, au milieu d’un champ de somptueux citronniers. Veuve, elle vit seule et le profit qu’elle tire de ses citrons dorés, gros et juteux, lui suffit à trouver un équilibre sans fioritures. L’attachement à ses racines, à son histoire, la proximité du vieil ami de son père, qui la connaît depuis toujours et l’aide à veiller sur son lopin de terre avec le même amour, lui rendent la vie aussi agréable que possible et Salima serait plutôt heureuse si ce n’était la proximité du territoire israélien…

Un si bel endroit ne pouvait passer inaperçu très longtemps : le Ministre de la Défense israélien jette son dévolu sur la propriété limitrophe du champ de citronniers et déboule avec femme, personnel, secrétaires, gardes du corps… Ce havre paisible, oublié par la guerre, s’agite tout à coup de va et vient, de réunions au sommet, de mondanités diverses, le champ de citronniers devient l’objet d‘une surveillance de chaque instant, les services secrets investissent les lieux, étudient chaque pouce de terrain et pondent leur diagnostic, qu’il n’est pas question de contester : le danger est patent, il faut raser les citronniers où des hordes de terroristes pourraient bien se faufiler ! Chaque citron qui tombe fait sursauter le guetteur du haut de son mirador et on entoure le champ d’une clôture avec interdiction d’approcher.
La femme du ministre, qui reste souvent seule dans la grande maison, observe toute l’histoire avec une retenue muette qui n’est pas très loin de la franche désapprobation : elle irait bien causer avec la belle brune au regard farouche qui escalade les barbelés pour aller arroser ses citrons, au risque de sa vie. Mais il y a le poids des interdits, les préjugés et lorsqu’enfin elle s’y risque, le garde du corps s’interpose : pas question pour madame la Ministre de se hasarder chez des Palestiniens.
Condamner les citronniers, c’est condamner Salima, lui arracher son histoire, son patrimoine, sa vie. Aussi va-t-elle faire appel auprès de tous les tribunaux possibles pour demander justice, demander que ses citrons soient épargnés, aidée dans son combat par un jeune avocat palestinien formé en Russie. Des liens se tissent entre eux, une complicité profonde commence à germer, mais la religion est là, avec ses gardiens zélés, qui oppose à nouveau interdits et barrières aux sentiments prêts à fleurir.

Il y a du Capra dans ce beau film qui parle d’amours impossibles, d’amitiés contrariées, qui fustige les murs qui enferment, y compris ceux qui les bâtissent, qui raconte la difficulté de s’opposer à l’ordre établi par le plus fort, qui montre l’absurdité d’une situation dont on n’entrevoit pas l’issue… Toute la gamme des sentiments humains et des attitudes possibles dans cette situation d’occupation sont abordés au travers de personnages forts, complexes et touchants, qui sont à eux seuls une sorte d’état du monde, prisonniers d’un conflit sans fin, qu’il le subissent ou qu’ils l’imposent. On avait beaucoup aimé La Fiancée Syrienne, le film précédent du réalisteur Eran Riklis, on aime encore plus fort Les Citronniers, qui confirme s’il en était besoin la formidable vitalité du cinéma israélien.