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Atelier d'écriture YAKSA 7 : Kévin
La première fois que je l’ai vu, c’était à mon anniversaire, il était sorti d’un énorme gâteau avec des oreilles de lapin et un pompon blanc coincé entre les fesses. On peut pas vraiment dire que ce soit mon genre de mec mais il s’était passé un truc, je ne sais pas quoi exac...

Atelier d'écriture YAKSA 6 : Daria
Je m’appelle Greg Camazot, j’ai 34 ans ; je suis arrivé à Londres, il y a deux ans. Je travaillais à cette époque pour la Food and Drug Administration pour développer des recherches en alimentation alternative d’origine animale à base d’insectes.Les semaines qui avaient suivi le départ de Daria...

Atelier d'écriture YAKSA 5 : à partir de tableaux de Magritte
Test du parapluie. Comment savoir si un parapluie est vraiment étanche ?C’est très simple.Prenez un verre d’eau. Oui un simple verre d’eau transparent. Un verre que vous pouvez trouver partout. Un verre sans identification spécifique.Remplissez-le au 9/10 - c’est très important- d’eau du robine...

Atelier d'écriture YAKSA 4 : la parole
Parole que l’on dit sans y penser.Parole qui échappe, le mot de trop où la parole exprimée sans retenue se transforme en parole dérangeante et devient celle qu’on n’aurait pas dû dire.Parole qui peut être mise en musique ou en poème.Parole divine, posée sur une musique sacrée.Parol...



CONVERSATION ANIMÉE AVEC NOAM CHOMSKY

(Is the man who is tall happy ?) Michel GONDRY - documentaire France / USA 2013 1h28mn VOSTF - avec Noam Chomsky et Michel Gondry...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

CONVERSATION ANIMÉE AVEC NOAM CHOMSKYJe vous le dis comme je le pense, si Michel Gondry, le plus ardéchois des cinéastes new-yorkais, n'existait pas, il serait urgent de l'inventer (d'ailleurs on le fabriquerait tout en carton ondulé, avec des bouchons de plastiques aux articulations, une brassée de pellicule 16 mm pour la tignasse et un passe-légume amélioré dans la boîte crânienne). Michel Gondry semble avoir mille vies. Voilà un gars capable d'enchaîner en trois ans un blockbuster hollywoodien à super-héros en collant moulant (The Green hornet), un film indé américain tourné au fond d'un bus de ramassage scolaire avec des amateurs (The we and the I), une adaptation en France d'un roman-culte-réputé-inadaptable (L'Écume des jours) et qui, pour passer le temps entre deux plateaux, entre deux prises, entre deux avions, s'arme de sa précieuse caméra Bolex 16 mm, d'une poignée de feutres de couleur et décide de faire un film de ses conversations avec Noam Chomsky. Oui, oui, LE Noam Chomsky, qu'il est allé rencontrer trois quatre fois dans son labo du MIT. Le résultat : 85 minutes d'intelligence pure, de poésie, d'émotion (difficilement) contenue, d'espièglerie(s), d'enthousiasmes, de doutes, de découvertes, de formes et de boucles animées qui dessinent avec légèreté aussi bien la pensée du savant que l'interprétation du disciple – c'est merveilleux et fascinant. Avec cet argument, imparable : « C'est important d'œuvrer pour un monde meilleur […] Si les gens percevaient son humanité, ils seraient plus enclins à considérer tout ce qu'il a à dire sur la politique et l'environnement ».

De Noam Chomsky, de ce côté de l'Atlantique, on vous dira volontiers que c'est un « grand savant », éventuellement un « éminent linguiste », parfois même qu'il a « révolutionné la linguistique » – on vous citera un peu plus rarement, à moins d'être de la partie, sa théorie de la « grammaire générative et transformationnelle » (et encore, avec un œil sur Wikipedia). Et pourtant, peu de savants, peu d'intellectuels sont à ce point connus du grand public. Noam Chomsky, qui semble avoir mille vies lui aussi, doit cette popularité hors-normes à ses nombreux engagements d'intellectuel-citoyen dans le champ politique, contempteur intransigeant de l'impérialisme américain, infatigable défenseur des peuples et des libertés (depuis la guerre du Viêt-Nam jusqu'à l'apartheid israélien en passant par les dictatures sud-américaines soutenues par la CIA) – plus récemment impliqué dans les luttes environnementales.

Alors, oui, on vous l'a fait et refait, le coup de l'OVNI cinématographique. Accommodé à toutes les sauces, en toutes saisons, avec les garnitures les plus variées, pour saluer la naissance des cinéastes les plus improbables, l'arrivée sur les écrans des œuvres les plus audacieuses, parfois pour de moins avouables raisons. Mais comment décrire autrement ce qui nous arrive, là ? Un documentaire, certes, mais c'est bien restrictif. Un entretien, évidemment, mais ça ne suffit pas. Un film d'animation, un projet éducatif, une réflexion sur l'autre, une partie de go cinématographique (l'un maîtrisant le langage verbal, l'autre celui des images), un mikado inversé où rien ne serait plus important que de faire bouger les lignes… Et de fait, au bout de l'exercice, émerge de ce projet foldingue le portrait aussi troublant qu'attachant de Noam Chomsky, un être humain arrivé sur terre au début du xxe siècle et qui n'a jamais cessé, par reconnaissance, par amour, et à force d'engagements, de vouloir donner du sens à cet événement improbable.