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LA GAZETTE
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(Ex-Utopia Toulouse)

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CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
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Le blog des profondeurs...
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Install-party à Tournefeuille samedi 17 juin
Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas vers la liberté est toujours délicat, de vous aider à ...

Deux séances spéciales ce week-end!
Il est vivement conseillé d'acheter vos places en avance!Dimanche 14 mai à 10h30 avec le subtil et réjouissant RARA (texte complet du film sur le site d'Utopia Avignon)!Pour faire cisrculer l'information c'est cet événemant facebook.  Et vous étiez une centaine ce samedi pour le film l'Opéra! Mer...

JE M'APPELLE
dimanche 7 mai, jour d'élection, jour de marché… Incroyable surprise sur la place de la mairie : Garniouze était-là avec son nouveau spectacle de rue. Toujours aussi populaire, politique, prenant… Seule déception: n'avoir pas su qu'il était-là et en avoir loupé une partie.  « Je m’appelle » retra...

L’INSTITUTRICE

Écrit et réalisé par Nadav LAPID - Israël/France 2014 2h VOSTF - avec Sarit Larry, Avi Shnaidman, Yehezkel Lazarov, Esther Rada, Lior Raz...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

L’INSTITUTRICEQue peut la poésie dans un monde ancré dans le matérialisme, la vulgarité de l'obsession du profit, la peur de l'autre et le besoin de domination qui en découle ? La poésie, légère, capricieuse, sensible peut-elle être une forme de résistance à « l'air du temps », une façon d'aborder la vie et le monde, de retrouver la pureté des premiers regards, des premières sensations, en dehors de tout formatage ? Que devient la poésie lorsque le regard des autres s'en empare et vient faire du jaillissement spontané des mots un spectacle ? N'est-elle qu'un refuge, une façon de s'extraire du monde pour pouvoir supporter la désespérance qu'il inspire ? Est-elle une manière d'accéder à l'essentiel, de plonger au fond de soi-même pour y puiser une énergie nouvelle ? De garder en soi un peu de cette soif d'un idéal supérieur qui nous protège de la trivialité du capitalisme mondialisé ?
Yoav a cinq ans : petit garçon à la bouille sérieuse, au regard joliment rêveur. S'il parle assez peu, les mots qu'il prononce accrochent l'attention de son institutrice, qui décèle en lui une forme d'originalité, de talent qui la subjugue par sa profondeur, l'intrigue. Il n'est pas différent des autres en apparence, il est gai, il joue, bavarde avec ses copains… mais d'où sortent ces mots qui laissent entrevoir un univers mental, une sensibilité hors du commun, l'enfant a-t-il conscience d'être un poète ? Mais qu'est-ce qu'un poète ? Et que va devenir en grandissant cette capacité à lever un bout de voile vers quelque chose d'impalpable et de mystérieusement universel ?

Il y a chez Nina, l'institutrice, une sorte de ferveur profonde qu'on perçoit dans son regard clair, qui semble vouloir pénétrer l'esprit du petit garçon pour arriver à comprendre d'où viennent ses mots, et en même temps une forme de résolution douce et bienveillante qui rendent sa présence de plus en plus prégnante. Le comportement de plus en plus obsessionnel de la jeune femme va l'amener à rencontrer l'entourage du gamin : la magnifique nounou, le père, l'entourage. Elle n'a qu'une idée en tête : révéler ce talent, ce trésor que le gamin possède, une façon peut-être pour elle de partir en guerre contre « l'air du temps ».
La grande réussite du film, c'est justement de si subtilement traduire cet « air du temps » : la télévision qui formate les esprits, la vulgarité et la violence omniprésentes, la domination économique des riches… à la fois dans une perspective universelle, mais aussi à travers les spécificités de la société israélienne (relations entre Ashkénazes et Séfarades, formatage des esprits par l'armée qui efface les dernières traces de sensibilité chez des jeunes qui n'envisagent même pas d'échapper à l'obligation d'accomplir leur « devoir »).

Le film précédent de Navad Lapid, Le Policier, avait reçu le Grand Prix du Jury au Festival de Locarno, celui-ci est de la même veine qui montre des personnages partagés entre un monde cynique et inhumain et une aspiration profonde vers un idéal supérieur. « Ce sont deux films de résistance. Dans les deux films, cette résistance se solde par un échec…
Quel est donc le sens du regard que le petit garçon du film nous adresse à la fin ? Que voit-il ? Son propre avenir ? Notre avenir à nous tous ? Ce monde va-t-il l'écraser et le transformer en ombre comme le redoute l'institutrice ? Va-t-il encore écrire des poèmes, ou est-ce son dernier poème ?… Il n'y a pas beaucoup de raisons d'être optimiste. » dit Navad Lapid. Mais la fin reste ouverte, et Nadav Lapid n'en finit pas de résister.