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ANTON TCHÉKHOV 1890

Écrit et réalisé par René FÉRET - France 2014 1h36mn VF - avec Nicolas Giraud, Robinson Stévenin, Lolita Chammah, Jacques Bonnaffé, Jenna Thiam, Brontis Jodorowsky, Marie Féret, Marie Féret, Frédéric Pierrot... Musique de Marie-Jeanne Séréro qui laisse le spectateur scotché sur son fauteuil jusqu'au tout dernier mot du générique de fin.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

ANTON TCHÉKHOV 1890Quelle intelligence, quelle inspiration, quelle grâce ! René Féret réussit à raconter Tchekhov avec une simplicité, une limpidité qui était chère à ce géant de la littérature qui ne faisait pas une montagne de son art : « je pose la plume sur le papier, quand je la relève, l'histoire est terminée. » Avec un doigté d'orfèvre respectueux de la matière qu'il a entre ses mains, Féret se laisse guider humblement par elle, ses vibrations. Il filme un Tchékhov terriblement vivant, proche, actuel malgré les costumes d'époque… Un ton est donné, juste, qui ne peut qu'échapper aux rides fatales qui rendent certaines œuvres surannées. C'est que l'humanité de l'écrivain fait résonner celle du cinéaste qui s'approprie l'homme jusqu'à nous le rendre intime. Sensible sans sensiblerie. Malicieux sans malice. Sans artifice superfétatoire. Passionnant… Et pourtant le temps que vit et écrit Tchekhov est celui de l'ennui. « Mes personnages vivent dans l’ennui de leur vie, emmenez le spectateur dans cet ennui et, tout à coup, au moment où il s’y attend le moins, pan ! un coup de feu dans la gueule du spectateur… »

Une société russe lassée d'elle même et qui ne sait pas encore à quoi aspirer. Une société à plusieurs vitesses, secouée par les miasmes de maladies alors incurables, où la progéniture de ses anciens serfs, ses pauvres, se débattent avec les affres de la tuberculose… Ce ne sont pas les patients qui manquent, mais ils ne sont pas riches et la pratique de la médecine ne paie pas. Anton Pavlovitch Tchekhov, Antocha pour ses intimes, est alors un jeune médecin qui publie des nouvelles griffonnées d'un jet au milieu de l'appartement familial surpeuplé pour tenter d'améliorer l'ordinaire de ses frères dévergondés, d'un père dévot plus que sévère, d'une mère culpabilisante et de Macha, sa sœur chérie, petit rai de lumière dans cette sombre réalité. Lectrice attentive, copiste assidue, première admiratrice des écrits de son frère, Macha le soutient, l'encourage mieux qu'une muse. De pseudonyme en pseudonyme, de journaux en journaux, les récits d'Antocha ne vont pas très longtemps le laisser dans l'anonymat.
1890. On est à ce moment charnière où tout s'enclenche : la maladie de Kolia, son jeune frère préféré, l'aide d'un éditeur prestigieux, la reconnaissance d'autres écrivains de renom – dont le maître Tolstoï, savoureux Frédéric Pierrot – qui vont le pousser à se consacrer d'avantage à l'écriture, à publier des textes plus longs. Et qui sait ? L'amour ? Non ! Surtout pas ! Il balaie la chose d'un revers de pensée. « L'amour ne m'intéresse pas, il vous enferme dans une idée fixe et vous prive de votre énergie, c'est un piège. » Tel un moine soldat, Anton veut y renoncer, pour laisser toute la place possible à son double besoin impérieux d'écrire et de soigner. Le séduisant trentenaire, lucide, refuse avec douceur les frétillants assauts des demoiselles qui le badent. Il faut bien toute l'habileté et l'effronterie de la rousse et pulpeuse Lika pour tenter de franchir la herse de ce cœur imprenable.
Et le temps coule ainsi parmi les vies trop courtes. Antocha a abandonné tous ses surnoms et publie désormais récits et pièces sous sa véritable et unique identité. La situation de la famille peu à peu s'améliore, laissant apparaître des jours presque meilleurs… Sauf pour Kolia dont le regard plein d'ardeur et de fièvre plait tant aux filles…

Loin de moi l'idée de tout vous raconter : les acteurs, tous inspirés, émouvants, convaincants, le feront mieux que moi. Vous aussi irez jusque sur l'île de Sakhaline, découvrant avec l'envoyé spécial Anton Tchékhov à la fois sa beauté et sa violence envers les bagnards et leur entourage. Vous ressentirez les pulsations de son œuvre. Avec lui vous compatirez. L'homme qui dépeint devient un homme qui dénonce… qui jamais pourtant ne renoncera à une forme de réserve narquoise pour raconter son époque, pour explorer l'âme humaine.