LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS APPELER

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limitées dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séances sur fond gris : 4,5€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



NÉS EN 68

Écrit et réalisé par Olivier DUCASTEL et Jacques MARTINEAU - France 2008 2h50mn - avec Laetitia Casta, Yannick Renier, Yann Trégouët,
Christine Citti, Marc Citti, Sabrina Seyvecou, Théo Frilet, Edouard Collin, Kate Moran, Fejria Deliba, Gaëtan Gallier, Slimane Yefsah...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

NÉS EN 68Mieux que toutes les commémorations aux odeurs de naphtaline, bien plus excitant que tous les numéros souvenirs, pavés sous cellophane et autres remix de slogans, c’est, pour ceux qui ont un peu de bouteille, le film rêvé pour se retourner en arrière sans craindre le coup de matraque nostalgique. Et pour tous ceux qui n’étaient pas nés en 68, c’est aussi le bonheur de regarder dans le rétroviseur, de se prendre une bonne dose de cette histoire collective brassée sur 40 années de luttes ; et qu’importe au fond que l’on y ait participé ou non, que l’on ait été passif, actif, trop jeune ou trop vieux : cette France-là est la nôtre. Fable lumineuse, épopée romanesque où se mêlent les corps et les luttes, les combats et les victoires sociales, les utopies et les espoirs déçus, Nés en 1968 est le film que l’on n’attendait pas au tournant mais qui vous prend, vous transporte, vous fait vivre ou revivre l’histoire par le petit bout de lorgnette d’une bande d’idéalistes, tout cela sans que jamais la musique ne soit nostalgique, bien au contraire : c’est frais et tonique, comme les joues des filles quand elles couraient dans les rue de Paris pour échapper aux CRS…

Ça commence au printemps 1968 à la Sorbonne… Où il est question d’un certain Dany le rouge… Ça se termine au printemps 2007, à Paris… où il est question d’un certain Nicolas aux idées pas vraiment carmin profond. Entre les deux, la destinée d’une bande de jeunes gens et de leur descendance ; autour d’eux, la France, de De Gaulle à Sarkozy en passant par Pompidou, Giscard et Mitterrand… et tout ce qui fait que la vie est intense quand elle s’embellit du drapeau de la lutte. Et des combats, il y en aura, durant ces 40 années : pour la liberté des femmes à disposer de leur ventre et celui des homosexuels à s’aimer dans la légalité, pour les sans-papiers, pour le retour de la gauche au pouvoir, contre le guerre en Algérie, contre l’accès d’un blond borgne à la plus haute marche du podium…
On fait la connaissance de Catherine, Yves et Hervé en pleine effervescence estudiantine. Ils sont jeunes, ils s’aiment à la Jules et Jim et crèchent dans une chambre de bonne qui se fait lupanar quand elle n’est pas QG syndical, carburant à l’amour libre et aux idées révolutionnaires. Au hasard d’une rencontre avec un barbu un peu baba qui leur vante les vertus de la vie en communauté made in USA, ils partent avec quelques autres au fin fond du Lot, à la recherche d’une vie meilleure, proches de la nature, égalitaire, en adéquation avec leurs rêves, leurs luttes et leurs désirs. C’est l’été, il fait beau, guitare, pétard, flower power et sexe sans tabou ni entrave… sans que jamais pourtant ils ne perdent de vue leur ligne directrice : celle d’une vie où les décisions se prennent toujours ensemble et à main levée, où le travail de chacun participe au bien être de tous, où les gains de productivité de leur petite entreprise humaine se partagent équitablement, où chacun est libre de venir, de partir, où quiconque peut pousser la porte et se poser là pour un jour ou dix ans.
Puis viendront les hivers et leur cortège de « comment »… Comment la communauté encaissera les chocs des désillusions, des utopies blessés des années d’après ; comment certains reprendront le chemin du bitume tandis que d’autres s’enracineront dans leur idéaux ; comment l’un se radicalisera, comment l’autre partira sur le front algérien, comment les enfants vivront cet héritage pas facile à encaisser, comment les combats à venir seront plus amers et les raisons d’espérer un monde meilleur de plus en plus fragiles…

On pense bien entendu à l’italien Nos meilleures années, avec une résonance bien plus forte puisqu’il s’agit de notre histoire et puis très vite on ne pense à rien d’autre qu’à profiter de ces 2h50 de bonheur, d’intelligence et d’émotion… et on oubliera très vite que les personnages vieillissent parfois un peu maladroitement, parce que la flamme qu’ils portent en eux, si elle vacille parfois, si elle flanche souvent, se passe de jeunesse en jeunesse, change d’utopies et de visages, de raisons de lutter, mais ne prend finalement pas une ride.