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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



MUCH LOVED

Écrit et réalisé par Nabil AYOUCH - Maroc 2015 1h45mn VOSTF - avec Loubna Abidar, Asmaa Lazrak, Halima Karaouane, Sara Elmhamdi Elaloui, Abdellah Didane...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MUCH LOVEDC'est un film audacieux qui balaie fièrement les obscurantismes, les préjugés faciles et surtout les grandes hypocrisies, les uns se nourrissant des autres. D'ailleurs ça n'a pas manqué : dans son pays d'origine, le Maroc, Much loved a fait l'effet d'une bombe. Censure préalable du film, qui ne sera probablement montré que clandestinement, attaques très violentes contre l'équipe allant jusqu'aux menaces explicites de mort contre le réalisateur et son actrice principale, la géniale Loubna Abidar… Alors même que ses contradicteurs ne l'ont généralement pas vu, le film déchaine les réactions de haine. Et pourtant c'est bien un formidable film d'amour. De quel crime parle-t-on ? Celui de montrer sans stigmatisation ni édulcoration le quotidien de quatre prostituées marocaines, dans un pays où cette activité est officiellement interdite, mais pourtant omniprésente pour qui a fréquenté un jour les lieux de nuit des grandes villes marocaines, tout spécialement celles qui attirent touristes et hommes d'affaires en goguette, qu'ils soient Marocains, Européens ou ressortissants des Emirats, ces pays utlra rigoristes qui exportent de nombreux millionnaires en pleine frustration sexuelle et accros aux relations tarifées.

On va suivre, à Marrakech, Nora, Randa, Soukaina et plus tard Hlima. Les premières scènes sont pour le moins explicites. Les trois comparses se rendent, accompagnées de leur toujours serviable chauffeur Saïd, à une fête organisée par des Saoudiens. L'alcool pourtant interdit coule à flots. Rapidement les danses lascives s'enchaînent devant les émiratis enivrés… et la suite ne fait aucun doute. Les propos des filles entre elles sont crus et ont dû choquer autant les notables cannois (Much loved était sélectionné à La Quinzaine des Réalisateurs lors du dernier Festival) que le Marocain moyen, pourtant conscient de cette réalité : l'une demande à l'autre si elle sait faire un 8 avec ses fesses, puis rigole d'avoir « la chatte en sang » après une nuit avec un client inépuisable et plus tard fait sa toilette intime au Coca pour chasser les règles…
Nabil Ayouch montre la crudité du métier mais pas que ça. Refusant les clichés misérabilistes aussi bien qu'angéliques, il décrit avec tendresse le paradoxe de ces femmes qui donnent parfois leurs corps pour nourrir une famille qui pourtant les méprise, en totale hypocrisie ; il montre aussi la formidable solidarité de ces sœurs de lupanar qui, malgré les engueulades mémorables, se soutiennent envers et contre tout et tous, font bloc dans les moments difficiles, comme quand l'une est tabassée par un client furieux de s'être révélé impuissant ou quand l'autre est violée par un policier, pratique courante dans l'arbitraire de la prohibition prostitutionnelle. Des femmes qui tentent d'aimer aussi, même si tout est réuni pour leur prouver que c'est impossible…

Ce qui génère probablement l'agacement voire la haine de certains et – beaucoup moins nombreuses heureusement – certaines, c'est que Nabil Ayouch (un récidiviste qui avait déjà su gratter la société marocaine là ou ça fait mal dans Ali Zaoua et Les Chevaux de Dieu) fait de ces putes parfois grossières et tonitruantes des héroïnes formidables de générosité et de liberté, incarnées par des actrices non professionnelles non moins formidables qui insufflent à leur personnage une authenticité implacable.