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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



Soirée de polars vendredi 23 mai à 21h à Tournefeuille, et rencontre avec François Guérif et Jean-Hugues Oppel (achetez vos places à l’avance au service culturel de Tournefeuille - 05 62 13 21 52). Pour cette soirée d’exception, apportez de quoi casser la graine entre les deux films, on fournit les boissons…

LA LOI DU MILIEU & SEULE LA MORT PEUT M’ARRÊTER

Cette « soirée de polars » est un clin d’œil aux programmes de télévision du vendredi, elle devrait leur faire ce soir une sacrée concurrence !

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA LOI DU MILIEU (Get Carter) Mike Hodges - GB 1971 1h47mn VOSTF - avec Michael Caine, Britt Ekland, Ian Hendry, John Osborne, Geraldine Moffat...

Pour son premier film, Mike Hodges adapte un livre de Ted Lewis, Jack’s Return Home, roman noir qui aurait reposé dans une pinte de bitter et où le réalisme provincial d’une petite ville anglaise est l’antichambre d’un monde de ténèbres. Qu’on se le dise, La loi du Milieu est avant tout un film culte respirant l’Angleterre à chaque séquence. Passé un peu inaperçu à sa sortie en 1971, il est devenu, au même titre que les joyaux de la couronne, un trésor national. Tout comme ses cousins américains : Mean streets de Scorsese ou encore Le point de non retour de John Boorman, le film de Hodges est imprégné de son temps, des gros titres des journaux alors que l’insouciant Swinging London tourne au lendemain qui déchante. Adieu Beatles et bienvenue Conservateurs. La Grande-Bretagne découvre l’IRA, les agressions racistes et homophobes, les attaques de banque en série et, en 1970, le premier kidnapping avec rançon. Dans son scénario, Hodges capte plus précisément la décomposition du Nord de l’Angleterre sur fond d’urbanisme anarchique et de corruption d’élus locaux, le nouveau crime organisé anglais (Les Tueurs de dame n’ont plus rien à envier à la Mafia) et le trafic de films pornographiques alors en essor. Autant de composantes d’un climat sordide qui fait la valeur du film dans lequel Michael Caine, roc en costume trois pièces, prenant d’assaut un Newcastle désolé, passé au prisme du réalisme, un final sur une plage abandonnée, le thème musical de Roy Budd (repris par le magazine télévisé Campus), ou encore le surprenant Ian Hendry que les premiers épisodes de chapeau melon et bottes de cuirs rappelleront à vos souvenirs sont autant d’éléments mémorables qui hanteront vos nuits longtemps, longtemps...
Et voici l’instant que vous redoutez tant, le paragraphe que vous refusez de lire de peur qu’on vous livre sans vergogne le dénouement d’une intrique bien ficelée. Rassurez-vous, après avoir tourné autour du pot histoire de vous allécher, nous nous contenterons de vous mettre sur la voie : Jack Carter, tueur à la solde du gang Fletcher de Londres, revient dans sa ville natale de Newcastle pour l’enterrement de son frère Frank. Carter soupçonne très vite que cet homme sans histoire a été assassiné. Glenda et Doreen, la maîtresse et la fille de Frank, de vieilles connaissances de Carter, ou Cyril Kinnear, le chef de la pègre locale, ont aussi leurs idées sur la question. Ainsi va la loi du milieu…



SEULE LA MORT PEUT M’ARRÊTER (I’LL SLEEP WHEN I’M DEAD) Mike Hodges - GB 2003 1h42mn VOSTF - avec Jamie Foreman, Charlotte Rampling, Malcolm Mcdowell, Clive Owen...

Après avoir été un parrain redouté de la mafia londonienne pendant des années, Will Graham s’est retiré dans la forêt galloise, coupant les ponts avec sa compagne et ses partenaires. Reclus, méconnaissable, mais toujours aux aguets, il est devenu un loup taciturne. Davey, son frère cadet, mène une vie plus dissolue, vivant de petits larcins auprès de la bourgeoisie anglaise. Mais un soir, il se fait violemment agresser. Sentant qu’il est arrivé quelque chose de grave, Will décide de retourner à Londres. Sur place, il mène son enquête avec une ténacité qui fait croire au milieu et à ses anciens amis que le grand caïd est de retour. Rapidement, des conflits d’intérêt surgissent, et l’actuel parrain commence à craindre pour son règne.
Avec La loi du milieu, Mike Hodges avait réalisé un maître étalon du polar. Trente deux années plus tard, il récidive avec Seule la mort peut m'arrêter, film racé dont la rareté et la maitrise suffisent à assurer la valeur. Avec ce polar à l’ancienne, Hodges explore la difficulté d’échapper à son passé. Usant d’une ambiance glaciale, il distille son pessimisme avec une précision chirurgicale. Une atmosphère prenante soutenue par le cadre londonien. Sombre, délétère, dangereuse, la capitale anglaise est ici filmée comme rarement. Ainsi, pas de clichés touristiques, mais une cité rongée, On pourra peut-être regretter qu’Hodges traite avec classicisme des thèmes fondateurs du polar, tels que le machisme, l’honneur ou la vengeance. Mais autant reprocher à un vin de Bourgogne de ne pas être typé Bordeaux. D’autant que cet ancrage traditionnel est de plus en plus rare dans le cinéma de genre actuel, se bornant souvent à de simples essais stylistiques. Enfin, louons encore une fois le talent incommensurable de Clive Owen (Closer, Sin city), décidément un des acteurs plus fascinants.

François Guérif, passionné de littérature et de cinéma, est écrivain, critique, et également éditeur et directeur littéraire (collections Rivages/Noir, Mystère etc). On lui doit d’avoir introduit en France les romans de James Ellroy et de bien d’autres. Il a écrit plusieurs ouvrages sur le cinéma, dont Le Film noir américain, Comment faire un film (avec Claude Chabrol), Polars et films noirs (avec Claude Mesplède)... et plus récemment, Ciné Miscellanées (Payot, 2007).
Jean-Hugues Oppel a été assistant réalisateur, opérateur de cinéma et de télévision, et est également auteur de très nombreux romans et nouvelles dont le fameux Ambernave. Tous deux nous parleront des liens étroits qui unissent le cinéma et les polars.
« La plupart des grands films noirs sont des grands romans noirs. Prenez Le Faucon maltais, La Nuit du chasseur, Le Grand Sommeil ou L.A. Confidential. Le film noir s’est nourri du roman noir. De plus, beaucoup de romanciers ont travaillé eux-mêmes pour le cinéma, ce qui a modifié leur écriture. » F. Guérif