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LAURETTE 1942, une volontaire au camp du Récébédou

Documentaire-fiction de Francis FOURCOU - France 2015 1h37mn - avec Philippe Caubère (le narrateur), Danielle Catala, Anna Liabeuf, Francis Azema, Jacques Saussine, Maurice Sarrazin, Corinne Mariotto, Barbara Tobola, Francis Fourcou... D'après le livre de Laurette Alexis-Monet, Les Miradors de Vichy.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LAURETTE 1942, une volontaire au camp du RécébédouUniverselle, contemporaine, actuelle… L'histoire de Laurette pourrait bien être le symbole vivace des oublié-e-s de l'Histoire écrite par les vainqueurs, celle-là même qui cache dans les replis de ses jupes des compromissions inavouables, des médiocrités qu'elle tente de faire oublier. À la trousser on y retrouve la honte, le déni, la lâcheté, des pans entiers de « détails » qui démolirent des vies humaines… Mais on y trouve aussi des actes essentiels accomplis par de belles personnes. Tant de petites gens qui se mirent humblement au service des autres, d'une cause qu'ils savaient juste. Parmi ces résistants de la première heure, 30% étaient des femmes, seulement 0,6% d'entre elles furent comptée parmi les 1038 membres de l'Ordre National des Compagnons de la Libération !
Et ce n'est pas rien que l'aventure de Laurette Monet soit aujourd'hui mise en images. À travers elle, c'est comme une réhabilitation, un hommage général à toutes celles qui n'ont pas eu de médaille, à toutes les soldates inconnues… Non ! Ce n'est pas rien d'entendre ce récit toujours vivant et vibrant tant d'années après. Il résonne en nous comme une évidence. Comme le cri d'un humanisme jamais renié.

Août 1942. Laurette Monet a dix-neuf ans. Une fille bien campée sur ses deux jambes. À la fois discrète et lumineuse, qui ne se la joue pas. Docile, sage, bien élevée. Quand elle devient co-équipière à la Cimade, elle n'envisage certainement pas l'étendue de ce à quoi elle s'engage, qui la dépassera, elle, la protestante. Elle va juste là où on lui dit qu'il y a besoin de soutien. C'est ainsi qu'un beau matin elle atterrit au camp du Récébédou, sur la commune de Portet-sur-Garonne, à quelques kilomètres de Toulouse – où champignonne désormais une vaste zone commerciale.
Le Récébédou, c'est un des deux cents camps, mis en place non par les Allemands mais par la France, où 600 000 personnes transiteront, plus victimes que criminelles. Ce sont des réfugiés, qui fuient des dictatures ou que ces dernières ont expulsés : Espagnols, Allemands, Autrichiens, Juifs, apatrides, Gitans, Français réfractaires au STO… Des hommes, des femmes de tous âges, des enfants… Tous arrêtés par la police française…
Ce « camp-hôpital », le régime de Vichy veut en faire un lieu exemplaire, humanisé, s'en servir comme outil de propagande. C'est ainsi que des journalistes pourront venir filmer, que des organisations telles que la Cimade vont être autorisées à y pénétrer. Mais vite les conditions se dégradent : manque de médicaments, de nourriture. Pour beaucoup il deviendra un mouroir…
Et Laurette de se sentir si petite, si inutile parfois. Elle est juste une oreille qui écoute, une main qui se tend. Et cela lui semble si peu… Jusqu'au jour où elle saura qu'elle n'a plus le choix : « Je me suis dit que c'en était assez, il était temps de désobéir à la loi des hommes ». Une phrase au-delà du temps. Une phrase au-delà des frontières. Une phrase de laquelle naissent toutes les Résistances…

Avec de tous petits moyens, grâce à un financement participatif et à la grande solidarité de toute son équipe, Francis Fourcou a réalisé un film beau et humble, à l'image de Laurette. Efficace et touchant, mêlant judicieusement scènes jouées, témoignages, images d'archives déterrées au fin fond des studios américains, qu'il décortique inlassablement pour nous rendre notre mémoire. Film actuel et essentiel : les camps de rétention sont de plus en plus nombreux dans le monde, même si ce ne sont plus ceux du temps de l'occupation nazie… Et on se souviendra que ceux à qui on rend hommage aujourd'hui étaient les désobéissants civils d'alors…