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Le blog des profondeurs...
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Le cinéma et le bistrot d'Utopia Tournefeuille sont fermés jusqu'au 12 août
Le lieu sera fermé jusqu’au 12 août pour réalisation des grosses œuvres afin de conforter le terrain qui héberge le cinéma. En effet un affaissement du terrain concernant l’annexe de la salle 1, sortie de secours côté bistrot, a mis à rude épreuve notre bâtiment, comportant de problèmes divers e...

SOS Méditerranée lance un appel aux dons
Chères citoyennes, chers citoyens,À l’heure où nous vous écrivons, l’Ocean Viking fait route vers la Méditerranée centrale pour porter secours aux personnes en détresse en mer. Durant ces dernières semaines et suite à la fin de notre partenariat médical avec Médecins Sans Frontières, nous avons dû n...

Pour un cinéma durable et des rencontres d’une nuit (par Anna Pitoun)
La chance quand on est réalisatrice de films documentaires c’est que vos travaux suscitent des débats. Alors on vous invite. Pour une soirée, une matinée. A une rencontre avec le public. C’est l’une des choses que je préfère. Ces moments d’échange, quand la lumière se rallume et que les spectateurs ...

Atelier d'écriture YAKSA 7 : Kévin
La première fois que je l’ai vu, c’était à mon anniversaire, il était sorti d’un énorme gâteau avec des oreilles de lapin et un pompon blanc coincé entre les fesses. On peut pas vraiment dire que ce soit mon genre de mec mais il s’était passé un truc, je ne sais pas quoi exac...



Également au programme - LE MONDE DE NATHAN

CERVEAU ET RÉALITÉ VIRTUELLE : dans le cadre de la Semaine du Cerveau, projection unique mardi 15 mars à 20h30 à Toulouse, suivie d'un débat avec Loïc Barthe, Hervé Luga (professeurs à l’Université Fédérale de Toulouse dans le laboratoire IRIT-CNRS), Dony Tamazone (graphiste 3D, consultant et spécialiste en réalité virtuelle) et Yannick Elahee (game designer, secrétaire de l'association Toulouse Game Dev). Comment introduire de l'humain dans les mondes virtuels ? Notre comportement diffère-t-il dans un environnement virtuel ? Que nous apporte la réalité virtuelle pour comprendre le fonctionnement de notre cerveau ? (achetez vos places à partir du 5 mars)

LE CONGRÈS

Écrit et réalisé par Ari FOLMAN - USA 2013 2h VOSTF - avec Robin Wright, Harvey Keitel, Paul Giamatti, Kodi Smit-McPhee, Danny Huston... D'après le roman de Stanislas Lem, Le Congrès de Futurologie.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LE CONGRÈSValse avec Bachir avait en 2008 marqué durablement nos esprits par la force de ses images et leur portée universelle, son succès dépassa d'ailleurs de loin ce qu'on aurait pu imaginer pour un film au sujet aussi difficile, et l'on se souvient encore du rêve avec les chiens et des soldats sur la plage éclairés par les immeubles en flammes. Ari Folman aura mis cinq ans à réaliser son film suivant, mais bien plus si l'on considère que le roman dont il est issu, Ari Folman l'avait lu pour la première fois à l'âge de seize ans. Mêlant prises de vues réelles et séquences d'animation époustouflantes de beauté, Le Congrès est une œuvre de jeunesse et de maturité, à la fois d'une grande maitrise et faisant preuve d'une audace et d'une naïveté magnifiques pour peu qu'on se laisse emporter par cette fable d'anticipation foisonnante d'idées et d'imagination, une œuvre universelle mais aussi très libre et personnelle, mûrie durant plus de trente ans par son auteur.

Il était une fois… Robin Wright. Actrice au parcours chaotique (Princess Bride, Forrest Gump, Perfect mothers…), sublime et émouvante, elle joue ici son propre rôle, celui d'une actrice qui n'a pas eu la carrière que lui promettaient ses rôles de jeunesse, qui a fait le choix de s'occuper de ses enfants, en particulier de son fils Aaron, atteint d'une maladie dégénérative qui le rendra sourd et aveugle. Son agent (Harvey Keitel), dinosaure de l'industrie hollywoodienne, vient la voir pour lui proposer le dernier contrat de son existence d'actrice : le studio « Miramount » lui propose d'enregistrer entièrement ce qui fait d'elle « Robin Wright », pour utiliser cette image virtuelle dans les nouvelles productions enfin débarrassées des acteurs et de leurs états d'âmes, Robin Wright figée pour l'éternité dans son apparence de Princess Bride (cette partie en prises de vues réelles donne lieu à une satire très réussie d'Hollywood, avec un Danny Huston brillant dans le rôle du nabab de Miramount).
Bien des années après avoir été « scannée », elle est invitée à un congrès des anciens acteurs qui ont signé ce pacte très faustien, gagnant l'éternité de leur image. Pour y accéder, elle avale une capsule et se retrouve dans un univers d'animation tout droit sorti des films des frères Fleisher, un « bad trip sous acide » où Hollywood a établi ses quartiers. On y croise les « toons » qui vous proposent des lunettes à vision artificielle ou des fioles d'essences de célébrités pour devenir à son gré l'acteur ou l'actrice de son choix. Robin Wright est un peu perdue dans cet hôtel des années trente où elle n'est que la sixième version d'elle même à venir séjourner…
Le film bascule alors dans sa partie orwellienne où Hollywood a mis en place un régime fasciste grâce à l'industrie chimique qui permet d'enfermer la population dans un paradis artificiel cartoonesque peuplé de Robin Wright et autres avatars, où passent en continu les épisodes de multiples « franchises » de science fiction. Robin Wright numéro un se met en quête de son fils, préservé de ce cauchemar hollywoodien par sa cécité et sa surdité…

Vous l'aurez compris, le film prend une tout autre dimension et il est très difficile de rendre compte de son inventivité. Art total, fantasmagorie kaléidoscopique, Le Congrès est au cinéma et à la réalité virtuelle ce que The Wall était à la musique pop-rock, un film d'anticipation aux images poétiques et d'une grande force évocatrice, mais peut-être pas si éloignées que cela de notre société du spectacle où la « culture » se consomme un peu partout en abondance, des écrans géants aux casques VR, des « contenus » uniformisés regardés en masse sur les chaines de TV, à la demande en SVOD ou en Peer to Peer : du téléchargement à l'injection d'Hollywood, il n'y a qu'un petit saut technologique… Tiens, j'irais bien voir Star Wars 9 en 3D avec les nouvelles Oculus Rift, il paraît que ça cartoon.