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Deux séances spéciales ce week-end!
Il est vivement conseillé d'acheter vos places en avance!Dimanche 14 mai à 10h30 avec le subtil et réjouissant RARA (texte complet du film sur le site d'Utopia Avignon)!Pour faire cisrculer l'information c'est cet événemant facebook.  Et vous étiez une centaine ce samedi pour le film l'Opéra! Mer...

JE M'APPELLE
dimanche 7 mai, jour d'élection, jour de marché… Incroyable surprise sur la place de la mairie : Garniouze était-là avec son nouveau spectacle de rue. Toujours aussi populaire, politique, prenant… Seule déception: n'avoir pas su qu'il était-là et en avoir loupé une partie.  « Je m’appelle » retra...

"Sans revenu, point citoyen"
Edito gazette n°235 Stimulante n'est-il pas, cette campagne électorale ? Stimulante et surprenante, tellement il était impossible d'imaginer qu'un jour il reviendrait à la gauche l'idée pour le moins improbable de redevenir la gauche. Ben oui ! Pincez vous vieux crabe, dans un espace de plus en...

HARMONIUM

Écrit et réalisé par Kôji FUKADA - Japon 2016 1h58mn VOSTF - avec Tadanobu Asano, Mariko Tsutsui, Kanji Furutachi,Taïga, Momone Shinokawa... Festival de Cannes 2016 : Grand prix Un certain regard.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

HARMONIUMCe sixième film de Koji Fukada, cinéaste japonais peu connu encore en France, c’est une douceur apparente dissimulant de multiples tensions en filigrane. Douceur de vivre, des cadres, des mouvements. Tensions intimes, sociales, écologiques… Invisibles, imperceptibles, tels les points chauds qui parsèment, en souterrain, l’archipel du Japon, elles finissent néanmoins toujours par faire leur chemin pour venir exploser à la surface. Et les dégâts peuvent s’avérer considérables.
Le point de départ est simple : Toshio est propriétaire d’un atelier dans une discrète bourgade de la banlieue de Tokyo, où il semble mener une vie ordinaire auprès de son épouse Akié et de leur petite fille Takashi. Un matin, de l’autre côté de la rue, Toshio aperçoit un homme qui l’observe. Il s’agit de sa vieille connaissance Yasaka, qui vient tout juste de sortir de prison où il a passé les onze dernières années de sa vie. Toshio décide de l’engager. Un coup de pouce momentané, histoire de lui remettre le pied à l’étrier. Et en guise de rémunération, il lui offre le couvert et le logis. Pas très bavard, Toshio n’en touche pas un mot à sa femme, la mettant face au fait accompli…

Koji Fukada filme alors avec beaucoup de simplicité l’installation de ce nouveau quotidien. Les bénédicités d’avant repas, la petite Takashi qui répète son morceau à l’harmonium – le spectacle de l’école approche à grands pas –, le silence habituel du mari et la gêne cérémonieuse de sa femme vis-à-vis de cet inconnu, débarqué soudainement entre les murs de sa maison. Doucement, pourtant, l’« étranger » s’immisce, prend sa place, apprend un morceau d’harmonium à la fillette, accompagne la famille lors d’une sortie au bord de la rivière et se rapproche d’Akié en laquelle il trouve une confidente compréhensive… Peu à peu l’embarras s’efface. Et les prémices de la discorde, alors, se font sentir…
Tensions sexuelles mais également tensions entre les deux « amis », qui semblent partager un obscur secret. Koji Fukada filme avec une calme intensité les dialogues entre ses personnages, caméra simplement posée. On évoque le passé, ses croyances… Mais derrière ce qui est dit, il y a ce qui est caché. Au spectateur de l’imaginer. Fukada filme les relations qui se transforment, explore les non-dits et la banalité d’un quotidien qui se fissure. Il refuse toute frontalité. Il laisse simplement, doucement, affleurer ses pistes de réflexion. Le pardon, la rédemption, le droit à la seconde chance (pour Yasaka qui a purgé sa peine, pour Akié également, quelque peu usée par la routine de son couple), mais aussi la faute, la culpabilité et le droit à la mort…

Au spectateur, là encore, de faire son chemin, de construire sa propre vision des choses et d’apporter ses propres réponses aux différentes questions posées. Harmonium vient confirmer la grande sensibilité de Koji Fukada qui, avec son cinéma tout en pudeur et honnêteté, s’évertue à ouvrir l’esprit de celui qui le regarde.

(M. Menossi, grand-ecart.fr)