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Première pierre d'Utopia Borderouge samedi 24 mars 2018 à 17h
Cela fait dix ans qu’on en parle, mais le projet finit par aboutir. Après que, à peine élu, Jean-Luc Moudenc ait remis le projet à l’ordre du jour, archis et bureaux d’études se sont attelés au travail. Pas une mince affaire. Le ciné est à cheval sur le tunnel du métro, ce qui comp...

Réveillon de Noël en vue!
Attention nombre de places limitée !Tickets à récupérer à la caisse dès à présent (5€ d’arrhes, récupérables le soir même!). Le 24 décembre pour ceux qui ne vont pas manger la dinde en famille, on organise une petite veillée en attendant minuit. Attention quelques règles sont de mise…  C'est une ...

Nuit Fantastique IX (debriefing)
Avant de célébrer dignement l’an prochain la dixième édition (n’oubliez pas de nous envoyer vos idées ou vidéos pour que l’on fasse ensemble une dixième édition immémorielle), cette neuvième Nuit Fantastique fut un festin pour les sens (ci-dessous quelques photos qui en donnent un aperçu...

PREMIER CONTACT

Denis Villeneuve - USA 2016 1h56mn VOSTF - avec Amy Adams, Jeremy Renner, Forest Whitaker, Michael Stuhlbarg, Mark O'Brien...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

PREMIER CONTACTLe monde est en alerte maximale : des extraterrestres ont débarqué. L'information circule partout dans les médias. Ce genre d'entrée en matière, on connaît. Tout, ici, est pourtant revisité, régénéré. D'abord, il y a ces étranges vaisseaux noirs, ovoïdes, suspendus au-dessus du sol, en douze points du globe. Leurs occupants, dont on ne sait s'ils sont là en amis ou en ennemis, n'en descendent pas. Ils attendent. Quoi donc ? Mystère. Avant même de comprendre les motivations des arrivants, il faut déjà les comprendre tout court. La tâche est complexe : ils émettent des sons incompréhensibles. L'armée américaine dépêche donc une linguiste universitaire accomplie, Louise, marquée par la mort récente de sa fille, pour établir un premier contact avec eux. Un camp de base est installé au pied d'un des vaisseaux. On déploie un arsenal de précautions militaires et scientifiques — un physicien réputé (Jeremy Renner) fait aussi partie de la délégation qui entoure Louise.

L'approche, plastiquement fascinante, est un suspense en soi. Denis Villeneuve, le cinéaste québécois décidément très talentueux de Prisoners et de Sicario, recycle le motif central du décodage langagier de Rencontres du troisième type, de Spielberg, en le croisant avec l'univers visuel de 2001 : l'Odyssée de l'espace, de Kubrick. Ce mélange crée une expérience forte d'immersion sensorielle, qui n'est pas sans rappeler certaines installations d'artistes contemporains, de Bill Viola ou de James Turrell. La lente progression dans le vaisseau ressemblant à une caverne ou à un temple, l'apparition des aliens (masses nébuleuses, entre la baleine, l'araignée géante et l'éléphant), leur moyen d'expression — des logogrammes tracés à jets d'encre sur un écran —, tout cela tient d'une lente cérémonie, invitation à la pure contemplation. Un cas rare dans le cadre d'un blockbuster de science-fiction.
Une fois le contact établi, la méfiance chez les puissants ne retombe pas. Des divisions surgissent. Parce qu'un terme reste incertain dans sa traduction (les extraterrestres ont-ils parlé d'« outil » ou d'« arme » ?), la planète s'affole, surtout les Chinois et les Russes qui font front commun contre ce qu'ils estiment être une déclaration de guerre. On retrouve là un thème déjà vu, mais tiré vers le haut. Car le film traite finement de l'obsession dévorante du contrôle absolu, de la méfiance vis-à-vis de ce qui est étranger, étrange. Comme tout conte, celui-ci est ouvert à plusieurs pistes de lecture (sur nos rapports aux migrants, aux animaux, aux défunts...).

S'opposant au repli sur soi des bellicistes, l'émérite philologue qu'est Louise (Amy Adams, émouvante, recueillie, tout absorbée dans l'écoute et l'observation) s'aventure le plus loin possible. L'originalité de Premier Contact est de montrer comment le langage qu'elle décrypte avec difficulté finit peu à peu par l'imprégner, par façonner sa perception, sa pensée, ses rêves. On savait que toute langue était porteuse d'une culture. Ici, le langage découvert ouvre sur un bouleversement intérieur vertigineux. Premier Contact a le mérite d'appartenir pleinement à un genre (la science-fiction) tout en s'adressant à un public qui peut ne pas y être sensible. Car il brasse large, le très grand (la géopolitique et l'au-delà) comme l'intime (le deuil d'une mère). Il mêle le frisson et la soif insatiable de savoir. L'avancée vers l'inconnu et la connaissance.

(Jacques Morice, Télérama)