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1:54

Écrit et réalisé par Yan ENGLAND - Québec 2016 1h46mn - avec Antoine-Olivier Pilon, Sophie Nélisse, Lou-Pascal Tremblay, David Boutin, Patrice Godin... Primé au Festival du film indépendant de Venise, au Festival de Namur, au Festival d'Angoulême.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

1:54« Qu'on ne me dise pas que seize ans est le plus bel âge de la vie »… pourrait dire Tim, qui étouffe de refouler le tumulte qui bouillonne en lui, se cogne contre ses murs intérieurs, n'offrant pourtant aux regards qu'une surface lisse, une belle gueule d'ado blond qui sourit peu et ne sait comment réagir aux violences de ceux qui l'entourent. Car elle est violente la vie au lycée, ponctuée par les brimades de petits mâles dominants qui cherchent constamment l'affrontement, pour s'affirmer, pour épater les jolies filles… prenant pour cible avec un sadisme méchant ceux qu'ils sentent fragilisés par une différence qui les encombre, par des incertitudes qui les déstabilisent. Dans ce lycée du Québec, ils forment une petite bande menée par un beau brun sportif et arrogant qui use et abuse de son ascendant sur les autres, il s'appelle Jeff et Tim devient vite sa cible préférée.

Tim (comme timide) a un seul ami qu'il entraîne dans sa passion pour la chimie et les expériences explosives (une façon d'extérioriser de façon vengeresse une souffrance non dite ?). Un ami qui l'attire et le trouble, sans qu'il puisse l'admettre, allant jusqu'à le renier devant ses camarades. Cette trahison, ajoutée au harcèlement de la brochette de jeunes cons de sa classe aura des conséquences funestes. Se sentant responsable, douloureux d'avoir rejeté son ami au moment où il aurait dû faire face, Tim restera définitivement tourmenté par un sentiment terrible de culpabilité.
Incapable de dire sa souffrance à d'autres, il va alors s'enfermer en lui-même encore davantage. Ni l'affection complice de son père qu'il aime, ni la vigilance de son prof-entraîneur qui capte bien ce qui se joue dans la tête des ados et fait ce qu'il peut, ni Nelly qui lui voue une amitié profonde autant que perspicace et le soutient sans jamais se laisser intimider… ne sauront trouver les mots qui décoincent.
Son désir de vengeance va devenir une obsession. Fort d'un talent certain pour la course à pied, et parce que le petit salopard qui fait la loi dans le lycée en rêve jusqu'à l'obsession depuis toujours, il va se polariser sur la seule revanche qui est à sa portée : remporter le 800 mètres de la compétition qui se prépare… 1 minute et 54 secondes, c'est le temps que doit faire Tim (comme Time) pour battre Jeff et l'entraînement ne va pas être facile, tourmenté par ce qu'il ne s'avoue pas à lui même et l'obsession de le cacher aux autres, déchiré par des sentiments confus où s'entremêlent un désir immense d'amour mais aussi la haine des autres, la honte de soi, la rage de vaincre, de s'affranchir de la douleur… Tim court et court encore, contre lui même, contre le temps, contre les autres, contre ce qui l'oppresse…

Tim (Antoine-Olivier Pilon découvert dans Mommy de Xavier Dolan) est exceptionnel de tension et de complexité. Jeff (Lou-Pascal Tremblay) est parfait dans le rôle de jeune kéké à l'arrogance imbécile. Mais ce thriller psychologique autant que sportif raconte aussi le cataclysme que peut provoquer une simple photo postée en trois clics sur internet, amplifiant de façon paroxystique les effets d'un harcèlement qui pourrissait déjà la vie d'esprits fragilisés à un moment où l'adolescence se cherche, incertaine et instable, provoquant des blessures durables et parfois sans retour possible.