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Nuit Fantastique IX (debriefing)
Avant de célébrer dignement l’an prochain la dixième édition (n’oubliez pas de nous envoyer vos idées ou vidéos pour que l’on fasse ensemble une dixième édition immémorielle), cette neuvième Nuit Fantastique fut un festin pour les sens (ci-dessous quelques photos qui en donnent un aperçu...

Berhart, L’esthétique vulgaire Lowbrow art et pop-symbolisme
Qu’est-ce que le lowbrow art ? Le Lowbrow Art est l’expression la plus récente de la Pop Culture dans l’art, opérant une synthèse surréaliste de tous les courants et les icônes qui l’ont traversé. Né à l’initiative de Robert Williams, le Lowbrow Art, plus largement appelé Pop Surréalisme, rencon...

Dimanche 10 à 10h IRRINTZINA! Le cri de la génération climat…
Un film qui donne du courage! Des luttes non violentes, galvanisantes… ça existe! Il suffit de les rejoindre pour qu'elles soient encore plus efficaces. Alors? On vous attend? Vous amenez les croissants, on prépare le café!?    http://www.cinemas-utopia.org/toulouse/index.php?id=3410&mode=filmhtt...

LE DERNIER VICE-ROI DES INDES

Gurinder CHADHA - GB/Inde 2017 1h50mn VOSTF - avec Hugh Bonneville, Gillian Anderson, Manish Dayal, Huma Qureshi, Om Puri, Lily Travers, Mickael Gambon, Jaz Deol... Scénario de Paul Mayeda Berges, Moira Buffini et Gurinder Chadha.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LE DERNIER VICE-ROI DES INDESL’entrée en matière a tout pour faire rêver : un palais somptueux, des jets d’eau qui gazouillent, des étoffes flamboyantes, une armée d’hommes et de femmes au service de la Royauté, le tout porté par une musique ample. Ca vous a un petit air de Downton Abbey, garanti made in England… mais nous sommes en Inde, en 1947, sur les terres lointaines de la Reine d’Angleterre.
On se doute très vite que le film ne se résumera pas à cette belle et rutilante vitrine qui fleure bon l'empire colonial à son apogée et Gurindher Chadha, réalisatrice anglo-indienne qui signa il y a 15 ans le pétulant Joue-là comme Beckham, nous raconte bien autre chose qu’une bluette.
Issu de la lignée royale, né au château de Windsor, second fils du prince Louis de Battenberg, Louis Mountbatten est nommé Vice-roi des Indes par Georges VI avec un objectif bien particulier : il doit mettre ses talents de fin négociateur, de diplomate averti, de meneur charismatique au service d’une noble cause, l’indépendance de l’Inde. L’ampleur de la tâche est à l’image du pays, colossale et complexe. Outre son immensité, l’Inde est un territoire traversé par des cultures et des religions très contrastées auxquelles viennent s’ajouter des traditions tribales ancestrales.

Mais rien de tout cela ne semble affaiblir la volonté et l’optimisme de Mountbatten, qui aborde sa mission avec un flegme pragmatique tout britannique. Pour préparer les esprits, on commence donc par changer les habitudes du Palais : recevoir des invités issus de toutes les traditions et faire entrer la cuisine indienne dans les menus officiels. Son épouse et complice Edwina, femme d'esprit cultivée et perspicace, l'accompagnera dans cette évolution (elle entretint dans la réalité une relation privilégiée avec Nehru)…
Mais l’indépendance n’est pas seulement un mot, il faut sur le terrain faire accepter le fait de rendre à un peuple sa liberté souveraine. La tâche s’avère alors bien plus ardue que prévu car chacun veut son territoire : les Hindous et les Musulmans, sans oublier les Sikhs, autant de communautés qui vivaient ensemble sous la domination anglaise mais que l’indépendance va violemment déchirer.
L’épreuve de la réalité commence, et elle sera douloureuse. Pour Lord Mountbatten d’abord qui, après d’âpres négociations avec Nehru et Jinnah, contre l'avis de Ghandi, devra définir les frontières des deux états : l'Union indienne, à majorité hindoue, et le Pakistan, à majorité musulmane. Mais surtout pour le pays tout entier, qui va connaître un vaste mouvement de population puisque près de 14 millions de personnes devront être déplacées en fonction de leur appartenance à un des deux camps !
Cette histoire, à travers le portrait de ce couple qui a su saisir le sens de l’histoire et en accepter ses bouleversements, évoque aussi la position ambivalente du Royaume Uni puisque le tracé de la carte en favorisait les intérêts géopolitique et économiques.
Les négociations menées seront considérées comme une catastrophe par Gandhi qui vit anéantis tous ses efforts pour faire de l'indépendance de l'Inde un moyen de parvenir à une paix sociale entre Hindous et Musulmans… on en mesure les conséquences encore aujourd'hui.

Alors bien sûr, c’est du cinéma, et l’histoire n’a sans doute pas l’indulgence de la fiction vis-à-vis des époux Mountbatten et la violence des massacres qui suivirent nous sera épargnée (environ 1 million de morts en 3 mois)… Tout en faisant un film à audience large et plaisant à déguster, la réalisatrice donne néanmoins une foultitude d'informations qui sont autant de clefs pour comprendre la situation actuelle. Une histoire qui nous concerne aussi parce qu'elle renvoie à l'histoire des colonisations diverses et successives, aux conséquences des négociations associées à la dislocation des empires… Une histoire qui n'en finit pas de peser dans notre actualité.