Loading
LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

(Ex-Utopia Toulouse)


NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séances sur fond gris : 4€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Berhart, L’esthétique vulgaire Lowbrow art et pop-symbolisme
Qu’est-ce que le lowbrow art ? Le Lowbrow Art est l’expression la plus récente de la Pop Culture dans l’art, opérant une synthèse surréaliste de tous les courants et les icônes qui l’ont traversé. Né à l’initiative de Robert Williams, le Lowbrow Art, plus largement appelé Pop Surréalisme, rencon...

Dimanche 10 à 10h IRRINTZINA! Le cri de la génération climat…
Un film qui donne du courage! Des luttes non violentes, galvanisantes… ça existe! Il suffit de les rejoindre pour qu'elles soient encore plus efficaces. Alors? On vous attend? Vous amenez les croissants, on prépare le café!?    http://www.cinemas-utopia.org/toulouse/index.php?id=3410&mode=filmhtt...

Install-party à Tournefeuille samedi 17 juin
Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas vers la liberté est toujours délicat, de vous aider à ...

DJAM

Écrit et réalisé par Tony GATLIF - France/Grèce/Turquie 2017 1h37mn VOSTF - avec Daphné Patakia, Simon Abkarian, Maryne Cayon, Kimon Kouris, Solon Lekkas...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

DJAMTony Gatlif est un cinéaste qui, plus que tout autre probablement, a mis la musique au cœur de son cinéma. La musique et tout ce qu'elle apporte de récits, de mythes, d'élan, de liberté. Il part ici à la rencontre d'une culture qu'il n'avait pas encore explorée, à l’extrémité orientale de la Méditerranée, la « mare nostrum » de l'Antiquité, qui a vu au fil des millénaires naître et mourir les espoirs des hommes. Pas étonnant pour un homme qui, de père kabyle et de mère gitane, s'est toujours défini comme méditerranéen.
Bienvenue donc à Mytilène, sur l'ile de Lesbos, île emblématique puisque grecque mais située à quelques encablures des côtes turques. On y découvre Djam, jeune fille libre et fantasque, affolant les désirs des hommes. La première scène – très belle – nous la montre dansant le long d'un grillage évoquant d'emblée la frontière dérisoire que le monde occidental tente de dresser face à l'arrivée des migrants venus de l'Orient si loin si proche. Et dès cette première séquence, on comprend que la musique, en l'occurrence le rebetiko, sera le fil directeur du film. Le rebetiko, c'est cette étonnante musique triste et enivrante que les Grecs, chassés de Turquie par Atatürk au début du xxe siècle, chantaient dans les quartiers populaires d'Athènes ou de Thessalonique.

Djam vit sur l'île avec son oncle Kakourgos (magnifique Simon Abkarian), capitaine d'un bateau de croisière qui peine à trouver des clients en ces temps de crise. Pour l'heure le rafiot est en rade à cause d'une bielle défectueuse et Kakourgos envoie Djam à Istanbul pour chercher la pièce de rechange. Un voyage qui croise précisément celui des migrants qui tentent leur chance en traversant le fleuve frontalier à Edirne (ancienne Andrinople)… Le chemin aventureux de la jeune femme, avec la bielle dans son sac et son baglama (l'instrument incontournable du rebetiko) sur le dos, va croiser celui d'Avril, une toute jeune française venue en Turquie aider une ONG en soutien aux réfugiés syriens et abandonnée sans le sou à Istanbul par son copain…
Djam est d'abord un film plein de rebondissements, libre, pétillant, proposant nombre de rencontres et de situations pittoresques, avec sa galerie de personnages hauts en couleur. Et toujours des personnages féminins forts incarnés par des actrices singulières et remarquables : c'était Rona Hartner dans Gadjo Dilo, Lubna Azabal dans Exils, Asia Argento dans Transylvania, Céline Sallette dans Geronimo… Dans Djam c'est Daphné Patakia, comédienne grecque incroyable de sensualité et d'énergie.

Mais derrière le récit entraînant, souvent même euphorisant, il y a comme toujours chez Gatlif une belle évocation de ces peuples que l'on dit ennemis et qui pourtant ont tout à faire ensemble : on voit bien ici qu'entre les grecs de Lesbos et les habitants d'Istanbul il y a une histoire commune.
Gatlif introduit aussi une réflexion sur cette Europe ubuesque qui se ferme derrière ses frontières devant lesquelles se pressent les réfugiés venus de Syrie et d'ailleurs. Un plan splendide et impressionnant suffit à donner la dimension du drame : celui qui montre, sur une plage à l'écart des touristes, un amoncellement de plusieurs centaines de gilets de sauvetage abandonnés dont certains ont probablement été portés par des nageurs qui n'ont pas survécu à leur traversée.
Entre rebetiko et regard douloureux sur sa chère Méditerranée devenue cercueil des migrants, Tony Gatlif renoue avec le meilleur de son inspiration et livre ainsi une belle œuvre à la fois musicale et politique.