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Install-party et après-midi jeux, bricolage Ludique et Geek samedi 23 juin
Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas vers la liberté est toujours délicat, de vous aider à ...

Le manifeste de la haine islamophobe (communiqué UJFP)
Un manifeste « contre le nouvel antisémitisme » écrit par Philippe Val a été signé par 300 personnalités. Vous avez dit antiracistes ? Qui sont ces éminents antiracistes qui nous viennent en aide ? Il y a Manuel Valls, qui expliquait en septembre 2013 que « les Roms ont vocation à retourner en R...

Première pierre d'Utopia Borderouge samedi 24 mars 2018 à 17h
Cela fait dix ans qu’on en parle, mais le projet finit par aboutir. Après que, à peine élu, Jean-Luc Moudenc ait remis le projet à l’ordre du jour, archis et bureaux d’études se sont attelés au travail. Pas une mince affaire. Le ciné est à cheval sur le tunnel du métro, ce qui comp...

POP AYE

Écrit et réalisé par Kirsten TAN - Singapour/Thaïlande 2017 1h42mn VOSTF - avec Thaneth Warakulnukroh, Penpak Sirikul, Chaiwat Kkumdee, Yukontorn Sukkijja...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

POP AYEC'est un chouette road-movie à pas de sénateur, ou plutôt d'éléphant, le long des routes tropicales de Thaïlande. Il faut dire qu'aux abords des villes thaïs, l'éléphant, malgré les dégâts considérables qu'il peut causer (sous son allure bonhomme, il est statistiquement un des tueurs d'hommes les plus efficaces quand il s'énerve), est aussi banal que le chat dans les rues siciliennes, le raton laveur dans les parcs du Québec ou le renne dans les campagnes lapones.

Tout commence à Bangkok, mégalopole grouillante et cosmopolite. Une ville qui se renouvelle chaque semaine et d'ailleurs on découvre Thana, architecte vieillissant, qui regarde avec désespoir à la télé l'annonce de la destruction du centre commercial utopique qu'il a construit 30 ans auparavant, remplacé prochainement par un complexe futuriste. Sa vie est à un tournant pas forcément folichon, il est régulièrement humilié au cabinet d'architecture par ses jeunes collègues aux dents longues, il semble de plus en plus indifférer sa femme, et l'ennui gagne gravement la belle villa contemporaine qu'ils habitent.
Et puis un jour, dans les rues de Bangkok, il croise un homme de cirque accompagné d'un éléphant qu'il croit reconnaître comme celui de son enfance, quand il habitait la campagne : Pop Aye. Sans réfléchir davantage il achète l'animal et décide de laisser sa vie en suspens pour entreprendre un long voyage vers sa région natale pour y ramener l'animal. Un périple évidemment lent et atypique, parsemé de rencontres improbables (un clochard nostalgique de son premier amour qu'il rêve de revoir, une chanteuse de karaoké aux mœurs légères mais au grand cœur…).

Au-delà du côté étonnant et forcément exotique de nombreuses scènes pour nos yeux occidentaux (pas banal de voir un éléphant promené à l'arrière d'une benne de camion ou se nourrir de pastèques renversées sur la route par une camionnette de livraison, pas banales non plus ces scènes hilarantes de karaoké au milieu de la campagne thaï), Pop Aye est une jolie réflexion sur les choix de vie qu'on peut être amené à faire dans la dernière ligne droite, sur le temps qui passe et que rien ne peut arrêter, sur l'amour qui s'érode mais qui peut toujours renaître, sur la vision angélique que l'on peut avoir de la terre son enfance alors même qu'elle a sans doute beaucoup changé. On découvre aussi chemin faisant pas mal de choses sur un pays en pleine mutation, entre traditions, valeurs familiales et ultra-modernité qui vient tout ébranler. Le film marie intelligemment scènes cocasses, poétiques et moments de pure émotion. On est évidemment à mille lieues de l'univers du seul cinéaste thaïlandais qu'on connaisse en France, le talentueux et mystique Apichatpong Weerasethakul, mais Pop Aye, avec simplicité et beaucoup de chaleur humaine, propose finalement une vision tout à fait complémentaire du « pays des hommes libres ».