Loading
LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

(Ex-Utopia Toulouse)


NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séances sur fond gris : 4€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Berhart, L’esthétique vulgaire Lowbrow art et pop-symbolisme
Qu’est-ce que le lowbrow art ? Le Lowbrow Art est l’expression la plus récente de la Pop Culture dans l’art, opérant une synthèse surréaliste de tous les courants et les icônes qui l’ont traversé. Né à l’initiative de Robert Williams, le Lowbrow Art, plus largement appelé Pop Surréalisme, rencon...

Dimanche 10 à 10h IRRINTZINA! Le cri de la génération climat…
Un film qui donne du courage! Des luttes non violentes, galvanisantes… ça existe! Il suffit de les rejoindre pour qu'elles soient encore plus efficaces. Alors? On vous attend? Vous amenez les croissants, on prépare le café!?    http://www.cinemas-utopia.org/toulouse/index.php?id=3410&mode=filmhtt...

Install-party à Tournefeuille samedi 17 juin
Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas vers la liberté est toujours délicat, de vous aider à ...

GABRIEL ET LA MONTAGNE

Fellipe BARBOSA - Brésil 2017 2h12mn VOSTF - avec João Pedro Zappa, Caroline Abras... Scénario de Fellipa Barbosa, Lucas Paraizo et Kirill Mikhanovsky.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

GABRIEL ET  LA MONTAGNEC'est une superbe lettre d'amitié filmée que le réalisateur brésilien Fellipe Barbosa a envoyé par-delà le monde des vivants et des morts à son ami disparu Gabriel Buchmann. La disparition du jeune homme nous est révélée dès la première séquence, sublime. Sur les contreforts splendides d'une montagne du Malawi, dans des gestes infiniment répétés depuis probablement des millénaires, deux paysans fauchent en descendant la pente. Jusqu'à la découverte inopinée du corps d'un touriste blanc. Gabriel Buchmann était un jeune compagnon de lycée de Fellipe Barbosa. Un garçon issu comme lui de la bourgeoisie de Rio, dans un pays marqué par les inégalités.

A l'issue de brillantes études d'économie, alors que la plupart des autres étudiants concouraient pour les meilleures universités mondiales, Gabriel avait décidé de prendre une année sabbatique pour voyager et se confronter en Afrique de l'Est à la misère qui est le produit de cette économie libérale mondialisée dont on lui avait enseigné les rouages. Mais alors que d'autres, y compris sa petite amie, choisissaient de lutter contre le discours libéral sur place et de manière le plus souvent théorique, lui avait préféré entreprendre un tour du monde en finissant par l'Afrique, prenant la route du Kenya, puis descendant plus au Sud vers la Tanzanie et le Malawi. À l'écart évidemment des circuits touristiques, il choisissait de trouver chaque nuit refuge chez les habitants, même les plus modestes, souvent éberlués par ce blanc riche qui acceptait de dormir à même la terre battue au milieu de la case familiale.
Ce qui fait la force inouïe du film, c'est le procédé cinématographique par lequel Fellipe Barbosa évoque son ami, retrace son voyage libre et sans entraves à la rencontre du monde et de l'autre, cet humain si proche et si différent. Barbosa aurait pu réaliser un documentaire à partir des nombreuses photos prises par Gabriel Buchmann et y associer quelques interviews. Il a au contraire préféré la fiction, mais en l'ancrant profondément dans la réalité : en dehors des personnages de Gabriel et de sa fiancée incarnés par deux acteurs professionnels, tous les autres protagonistes, notamment africains, sont interprétés par celles et ceux qui ont réellement rencontré Gabriel lors de son périple, la fiction étant entrecoupée de témoignages face caméra. Ce qui donne une authenticité saisissante et bouleversante à ce film qui a nécessité un travail d'enquête un peu fou, Fellipe Barbosa retrouvant même par hasard, à Zanzibar, un mendiant qui avait guidé Gabriel.

Remarquablement construit, magnifiquement filmé, Gabriel et la montagne est une splendide preuve que l'humanité et l'amitié peuvent transcender les barrages culturels, économiques et sociaux pour peu qu'on veuille bien ouvrir son cœur, mais le film ne tombe jamais dans l'angélisme. Dans son premier long métrage, le beau Casa grande (montré à Utopia en 2015, on va essayer de l'avoir en Vidéo en Poche), Fellipe Barbosa décrivait avec acuité les antagonismes sociaux au Brésil et la montée en puissance des classes moyennes supérieures enfermées dans leurs ghettos sécurisées. Dans ce Gabriel et la montagne encore plus beau, il montre bien, n'épargnant pas Gabriel et sa naïveté agaçante, les limites d'un tourisme qui se veut humanitaire mais ne peut s'affranchir des fractures que les classes dominantes occidentales ont créées.