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Nuit Fantastique IX (debriefing)
Avant de célébrer dignement l’an prochain la dixième édition (n’oubliez pas de nous envoyer vos idées ou vidéos pour que l’on fasse ensemble une dixième édition immémorielle), cette neuvième Nuit Fantastique fut un festin pour les sens (ci-dessous quelques photos qui en donnent un aperçu...

Berhart, L’esthétique vulgaire Lowbrow art et pop-symbolisme
Qu’est-ce que le lowbrow art ? Le Lowbrow Art est l’expression la plus récente de la Pop Culture dans l’art, opérant une synthèse surréaliste de tous les courants et les icônes qui l’ont traversé. Né à l’initiative de Robert Williams, le Lowbrow Art, plus largement appelé Pop Surréalisme, rencon...

Dimanche 10 à 10h IRRINTZINA! Le cri de la génération climat…
Un film qui donne du courage! Des luttes non violentes, galvanisantes… ça existe! Il suffit de les rejoindre pour qu'elles soient encore plus efficaces. Alors? On vous attend? Vous amenez les croissants, on prépare le café!?    http://www.cinemas-utopia.org/toulouse/index.php?id=3410&mode=filmhtt...

LATIFA, LE COEUR AU COMBAT

Olivier PEYON et Cyril BRODY - documentaire France 2017 1h37mn -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LATIFA, LE COEUR AU COMBATLes tragédies détruisent bien sûr des vies mais peuvent transformer des êtres, révéler en eux des capacités de résistance et de résilience insoupçonnées. Avant le 11 Mars 2012, Latifa Ibn Ziaten était une petite dame cinquantenaire d'origine marocaine, très chouette et ordinaire. Elle avait certes fait preuve d'indépendance en fuyant le Maroc et un mariage arrangé pour l'amour d'Ahmed, un garçon rencontré sur la plage de M'Diq et devenu ouvrier à la SNCF, mais la suite de sa vie avait été celle de ces milliers de femmes courageuses et invisibles qui ont construit la France : mariage, cinq enfants, une vie professionnelle d'ouvrière entre marchés et cantines.

Mais ce funeste 11 Mars 2012, sa vie bascule : Imad, un de ses garçons qui faisait sa fierté, sous-officier dans l'armée française, est abattu par un homme en scooter sur un parking de Toulouse. La police croit d'abord à un règlement de comptes et Latifa est interrogée sur les supposées mauvaises fréquentations de son fils, voire sur ses possibles activités illicites. Ce n'est que quelques jours plus tard, avec l'effroyable tuerie de l'école juive Ozar Hatorah, que l'on comprendra qu'Imad a été la première victime de Mohamed Merah. Et assez vite, Latifa Ibn Ziaten, qui aurait pu légitimement s'enfermer dans sa douleur, va ressentir le besoin de faire de son drame un outil pour faire en sorte que plus jamais un jeune musulman issu des quartiers populaires ne devienne un monstre comme Mohamed Merah. Se disant sans doute qu'en tant que modeste mère musulmane de la banlieue rouennaise, elle avait probablement des chances de pouvoir parler au cœur et à la raison des jeunes fragilisés par la précarité, la stigmatisation et susceptibles d'être embrigadés par une idéologie islamiste radicale. Avec le soutien de collectifs divers et de simples citoyens, Latifa crée une association qui porte le nom de son fils pour aller porter sa parole dans les quartiers auprès des jeunes mais aussi faire entendre une voix juste et autorisée auprès des politiques et des décideurs de tout poil.

Les deux réalisateurs ont suivi pas à pas Latifa au fil de son incroyable agenda, qui l'amène à voyager de ville en ville, en France et dans le monde. Le film montre à la fois des moments étonnants (quand par exemple elle accepte l'invitation de jeunes femmes expatriées en Chine qui veulent faire comprendre la situation des jeunes des quartiers à leurs riches amis et soutenir son action) et bouleversants (quand des jeunes relégués d'une école de la Seconde Chance s'effondrent malgré leur âge déjà avancé dans les bras de Latifa, rencontrant peut être pour la première fois quelqu'un qui peut entendre leur souffrance). On découvre ainsi un personnage formidablement attachant, capable spontanément d'une empathie communicative, mais aussi une combattante, oratrice hors pair face à l'adversité, que ce soit devant une jeune étudiante marocaine la trouvant trop angélique en regard des réalités politiques que face à des députés de la droite réactionnaire qui veulent l'attaquer sur son voile et sur l'islam. Et justement Latifa transmet aussi une autre vision de l'islam, qui démonte les préjugés et les raccourcis dangereux, et nous aide à penser une laïcité moins excluante, plus en phase avec la diversité religieuse et culturelle de la France qu'on aime.