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Le blog des profondeurs...
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On n'est jamais à l'abri du meilleur… Le projet Utopia Cinéma Durable continue ! 400% son objectif initial déjà atteint, 80 000€ ! Mazette ! Une fin d'année sur les chapeaux de roue !
Drôle d’année que 2020… Nous vous souhaitons une très belle année 2021, qu’elle soit meilleure et moins confinée que la précédente, qu’elle vous apporte la santé, la réalisation de vos projets. Il nous revient à tous de bâtir des alternatives solidaires, durables, respectueuses de l’humain et de nat...

Comme un cadeau de Noël à la planète ! Vous êtes-là ! Attention J-1 : il ne tient qu'à vous…
Lors de nos permanences, dans nos halls, sur les réseaux, il n'y a pas à dire vous êtes-là !Même sur Ulule : vous êtes-là ! sur https://fr.ulule.com/utopia-pont-sainte-marie/Par solidarité, pour soutenir un projet légitime, pour faire votre part ! WE DO OUR PART ! Parce qu'on ne peut pas laisser les...

Gébé, on arrête tout, on réfléchit / L'AN 01
Si, après avoir vidé votre PEL pour aider Utopia à concrétiser le projet de cinéma du futur à Pont Sainte Marie, il vous reste 3 sous d’épargne à dilapider dans la joie et la bonne humeur…On était très heureux de recevoir Pierre Carles à Utopia Borderouge, pendant le dernier festival du film gro...

lu dans BOX-OFFICE PRO : "Vers Troyes, Utopia fait appel au financement citoyen"
Le réseau indépendant, qui a obtenu le permis de construire le 19 octobre, a lancé une vaste campagne de financement participatif pour son projet de cinéma à Pont-Sainte-Marie, dans l’Aube.« Il est temps que le cinéma passe au vert ! » Déterminée, Anne Faucon a décidé de franchir une nouvelle ét...

Dans le cadre du cycle HEROÏNES OUBLIÉES, mercredi 18 Octobre à 20h30, la séance sera suivie d'un débat animée par Safia LEBDI (achetez vos places à partir du 7 octobre, tarif unique 4 euros).

LA BELLE ET LA MEUTE

Écrit et réalisé par Kaouther BEN HANIA - Tunisie 2017 1h40mn VOSTF - avec Mariam Al Ferjani, Ghanem Zrelli, Noomane Hamda, Mohamed Akkari, Chedly Arfaoui...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA BELLE ET LA MEUTELa Belle et la meute… Beau titre intrigant qui résonne comme celui d’un conte fantastique, atemporel, alors que le récit va s’ancrer dans la société tunisienne contemporaine. À se demander à quelle sauce on va se faire manger…
Tout débute dans une fête étudiante des plus classiques. Mariam et ses amies laissent tomber voiles et foulards, minaudent, rigolent, se taquinent. Toutes bien parties pour profiter joyeusement de ces instants de liberté, loin du regard des parents ou du foyer de jeunes filles. Elles se fardent, s’embaument, pulpeuses, transformées sans l’intervention de la fée clochette en véritables femmes. Mariam, avec ses vingt et un printemps timides, opte pour la tenue la plus sobre, la plus sage de toutes… Mais hop ! Un incident vestimentaire malencontreux et voilà qu’une de ses meilleures amies la relooke en véritable vamp. Notre donzelle, toute gênée, aimerait rendre ses formes plus discrètes, mais rien à faire : elle a beau le tirer en tous sens, impossible d’avoir le dessus sur le maudit tissu bleu électrique de la robe moulante qu’on lui prête. Elle finit donc par abdiquer. D’autant que ses copines l’encouragent à assumer sa poitrine généreuse et la couvrent de compliments. Un petit selfie ? La voilà qui s’enhardit, se lance dans la danse ingénument. La musique aidant, rien ne peut plus emprisonner cette joie de vivre, cette énergie qui émanent d’elle.

Ce n’est que plaisir pour les yeux de voir se trémousser cette Betty Boop atypique, jolie comme un cœur à prendre, avec ses airs de femme-enfant insaisissable, entre innocence et assurance. Pas étonnant que Youssef, un beau brun forcément ténébreux, la croque du regard, sans en avoir l’air bien sûr ! Une bonne âme les colle dans les pattes l’un de l’autre. Cela pourrait se poursuivre tout simplement en balade romantique au bord de la plage, ce serait le début d’une amourette… Si seulement la nuit n’était pas immense et peuplée de dangers inattendus, même au cœur de cette ville tranquille quelque part au bord de la Méditerranée.
Un ange passe… à moins que ce ne soit un démon. Le plan suivant on retrouve Mariam terrorisée, rouge à lèvre à moitié effacé, devenue incontrôlable, comme folle. Avec Youssef on suit son errance désorientée, on tente d’imaginer ce qui s’est produit dans cette ellipse du scénario. Se serait-on trompé sur ce charmant garçon qui semble pourtant essayer de la calmer ? Se seraient-ils disputés ? La mignonne ne ferait-elle pas partie de ces créatures excessives, hystérico-sentimentales, en proie à leurs hormones ? Mais ce serait oublier que l’on n’a pas encore aperçu la fameuse meute du titre, pas même le bout d’une queue.
La suite ? C’est une plongée kafkaïenne dans les méandres d’une administration où un machisme corporatiste règne au dessus de toutes les lois. Mariam a été violée et c’est auprès de ses bourreaux qu’elle va devoir porter plainte. Combat inégal, digne de la chèvre de Monsieur Seguin. Engloutis avec Mariam dans les entrailles d’une nuit cauchemardesque et interminable, on va frémir, avoir peur, s’émouvoir, se révolter. Oscillant perpétuellement entre l’envie de crier à la frêle petite « Tiens bon ! » ou « À quoi bon ? ».

C’est prenant comme un film à suspense. Si la terrible aventure de Mariam est tirée d’une histoire vraie, la réalisatrice a su prendre la distance nécessaire pour ne pas sombrer dans la facilité, enfoncer les portes déjà ouvertes. Elle nous offre sur un plateau une réalité crue qui se vit comme un thriller mais qui est avant tout une magnifique ode au courage qu’on n’oubliera pas de si tôt, pas plus que le jeu impressionnant de la jeune actrice qui interprète l’héroïne.

Safia Lebdi s'est engagée dès 1998 pour les droits des femmes. Elle organise une marche nationale, la marche des femmes contre les ghettos et pour l’égalité qui donnera naissance à l'association Ni Putes Ni Soumises. Fondatrice et porte parole, elle refuse la récupération politique et crée ensuite les Insoumis-e-s. Élue régionale EELV en Île de France (2010), elle présidera pendant six ans la commission du film de la région. Elle soutiendra alors de nombreuses créations exprimant la jeunesse issue de l’immigration dont le film Divines de Houda Benyamina Caméra d'or au festival de Cannes (2016). Elle se consacre aujourd'hui à la production de documentaires et d'une collection de livres féministes…