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Nuit Fantastique IX (debriefing)
Avant de célébrer dignement l’an prochain la dixième édition (n’oubliez pas de nous envoyer vos idées ou vidéos pour que l’on fasse ensemble une dixième édition immémorielle), cette neuvième Nuit Fantastique fut un festin pour les sens (ci-dessous quelques photos qui en donnent un aperçu...

Berhart, L’esthétique vulgaire Lowbrow art et pop-symbolisme
Qu’est-ce que le lowbrow art ? Le Lowbrow Art est l’expression la plus récente de la Pop Culture dans l’art, opérant une synthèse surréaliste de tous les courants et les icônes qui l’ont traversé. Né à l’initiative de Robert Williams, le Lowbrow Art, plus largement appelé Pop Surréalisme, rencon...

Dimanche 10 à 10h IRRINTZINA! Le cri de la génération climat…
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JEUNE FEMME

Écrit et réalisé par Léonor SERRAILLE - France 2017 1h37mn - avec Laetitia Dosch, Grégoire Monsaingeon, Souleymane Seye Ndiaye, Léonie Simaga, Nathalie Richard... Festival de Cannes 2017 : Caméra d'Or (Meilleur premier film, toutes sélections confondues).

Du 08/11/17 au 05/12/17 à Tournefeuille

JEUNE FEMMEPlus tête à claques qu’elle, tu meurs ! De prime abord Paula n’a rien d’aimable quand elle fonce tête baissée sur la porte de son ex, furieuse d'être délaissée, pathétique. La dernière chose qu’on aurait envie de faire, c’est bien d’ouvrir à cette furie ! Face à cette porte solide ma foi, elle ne réussit qu’à se blesser. Le front ouvert, la voilà qui engueule tous ceux qui passent à sa portée et tentent de lui porter secours, flics et soignants compris. C’est même un miracle qu’elle ne finisse pas internée. Ce qui la sauve ? Son sens de la répartie et cette grande fragilité qu’on sent poindre sous ses gesticulations. Quelque chose émeut dans cette grande gueule d’emmerdeuse rouquine alors même qu’on se dit : « Attention danger ! Bougresse à fuir absolument ! ». Avec elle on sait qu’on n’aura pas de répit, qu’on ne sera jamais au bout de nos peines. Elle est comme un électron libre en perpétuel mouvement, et on s'attache progressivement à elle, ne serait-ce que grâce à la dimension comique de ses comportements…

Paula est sans doute emblématique de toutes ces trentenaires contemporaines un peu larguées, tenaillées entre leurs dépendances affectives et un désir d’indépendance et de liberté qu’elles ont du mal à conquérir. Ce qu'elle vit là, c'est plus qu’une rupture, c’est presque la perte d’elle-même tant elle était habituée à n’exister que par le regard de son homme, de ce photographe qui la valorisait. Pour garder quelque chose de lui, elle ira jusqu’à kidnapper son chat… Une bête plutôt inintéressante et moche, un véritable boulet qu’elle ne semble même pas apprécier. Mais que ne ferait-elle pas pour garder un petit lien ténu avec celui qu’elle a aimé, qui l'a aimée ? Paumée, à la rue avec ce crétin de félin sur les bras, abandonnée dans un Paris où elle ne connaît personne, après des années paradisiaques passées au Mexique, on la sent vraiment mal barrée.
On ne sait d’où elle a tiré cette hargne d’animal blessé. N’empêche que c’est dans cette rage qu’elle va puiser la force nécessaire pour rebondir. Ce largage dans Paris devient presque une chance et va lui permettre de s’émanciper. Son manque d’amour propre lui octroie toutes les audaces. Prête à tout, sans vergogne, Paula fait feu de tout bois. Malheur à celle qui pense l’avoir reconnue dans la rue : Paula débarque chez elle et s’incruste avec sa brosse à dents pour le meilleur et pour le pire. Une annonce de garde d'enfant passe à sa portée ? Notre héroïne se la joue nounou, une nounou peu conventionnelle, trouble-fête qui va vite faire tache dans un foyer trop bien rangé ! On cherche une vendeuse de culottes ? Qu’à cela ne tienne : elle s’improvise marchande et décroche le poste lors d’un entretien d’embauche des plus burlesques. Bien sûr elle se fait larguer de partout, vu que tout cela n’est que de l’esbroufe et que sur la durée, il faut bien qu'elle finisse par se l'avouer : elle ne sait rien faire, à part être elle-même et c’est déjà énorme. Cette tête de mule incarne à elle seule toute une génération débrouille secouée par la crise et qui n’a d’autre perspective que de vivre d’expédients et de petits boulots.

Le rôle principal est endossé avec un brio fracassant par Laetitia Dosch qui explose à l’écran. Elle impose un jeu d’une incroyable sincérité, porte le film avec une énergie folle, soutenant sans faillir son rythme endiablé. Grace à elle Paula est plus qu’une simple gonzesse compliquée, elle lui donne toute la complexité d’une jeune femme qui se cherche, assume ses faiblesses, ses contradictions, finit par ne plus avoir peur ni honte d’elle-même. Une jeune femme parmi tant d’autres, inoubliable.