LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

(Ex-Utopia Toulouse)


NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limités dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séances sur fond gris : 4€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Nuit Fantastique IX (debriefing)
Avant de célébrer dignement l’an prochain la dixième édition (n’oubliez pas de nous envoyer vos idées ou vidéos pour que l’on fasse ensemble une dixième édition immémorielle), cette neuvième Nuit Fantastique fut un festin pour les sens (ci-dessous quelques photos qui en donnent un aperçu...

Berhart, L’esthétique vulgaire Lowbrow art et pop-symbolisme
Qu’est-ce que le lowbrow art ? Le Lowbrow Art est l’expression la plus récente de la Pop Culture dans l’art, opérant une synthèse surréaliste de tous les courants et les icônes qui l’ont traversé. Né à l’initiative de Robert Williams, le Lowbrow Art, plus largement appelé Pop Surréalisme, rencon...

Dimanche 10 à 10h IRRINTZINA! Le cri de la génération climat…
Un film qui donne du courage! Des luttes non violentes, galvanisantes… ça existe! Il suffit de les rejoindre pour qu'elles soient encore plus efficaces. Alors? On vous attend? Vous amenez les croissants, on prépare le café!?    http://www.cinemas-utopia.org/toulouse/index.php?id=3410&mode=filmhtt...

THELMA

Joachim TRIER - Norvège 2017 1h56mn VOSTF - avec Eili Harboe, Okay Kaya, Ellen Dorrit Petersen, Henrik Rafaelsen... Scénario de Joachim Trier et Eskil Vogt.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

THELMALe réalisateur du remarquable Oslo 31 août (disponible en Vidéo en Poche) nous entraîne dans un fascinant thriller intime, hanté par les fantasmes, flirtant avec le surnaturel. Difficile d’enfermer le film dans une case tant il s’amuse avec nos perceptions, jouant délicieusement avec nos nerfs, distillant le doute, semant l'incertitude. Ceux qui aiment les réponses toutes faites resteront sur le carreau, les autres se réjouiront de cet excitant puzzle qui laisse libre court à toutes sortes d’interprétations.
Première scène, intrigante : dans une forêt profonde et blanchie par la neige, un homme, un fusil, une fillette (Thelma ?), une biche… Quelque chose va se produire, on ne vous le racontera pas… Mais le ton est donné, créant une forme de malaise qu’on veut croire chassé par la normalité de la seconde scène mais qui restera pourtant sous-jacent, comme un venin en sommeil…

Des années plus tard, Thelma est acceptée dans une université à Oslo, loin de la maison familiale. Ses parents, malgré quelques réticences que l’on met hâtivement sur le compte de leur bigoterie, acceptent de laisser l’oisillon s’échapper du nid. Voilà notre demoiselle partie vers d’autres aventures, loin des arbres majestueux, du lac, des paysages de son enfance. On la croit mal préparée à cette nouvelle vie, tant la pression familiale semble l’avoir maintenue loin de toute civilisation, de tout contact avec le monde, forcément dangereux. Sa silhouette qui s’avance timide vers les bâtiments de la fac nous parait d’autant plus fragile, perdue entre béton et bitume. Tout en retenue, elle emboite le pas des autres étudiants, sans se douter qu’émane d’elle un détonnant mélange de maturité et d’innocence qui la rendent aussi attirante qu’inquiétante.
Contre toute attente, surtout celle de ses parents qui parviennent à être envahissants même à distance (merci les réseaux sociaux qui permettent l’espionnage !), Thelma ne flanche pas, bien déterminée à étudier d’arrache-pied et à s'intégrer au campus. Même si, peu habituée à rentrer en contact avec d’autres, elle se contente d’observer, un peu gênée dès qu’un regard s’attarde sur elle, ne sachant pas tendre la main ni accepter les mains tendues. Sous son apparence lisse, sa mise classique, elle reste en retrait, bien incapable d’accoster ceux de son âge. Elle n’ose peut-être même pas en rêver.
Tout va basculer lorsqu’en salle d’étude, une jeune brune aux longs cheveux, Anja, vient s’assoir à ses côtés, esquissant un sourire irrésistible. Les corneilles au dehors s’affolent, l’une d’elle vient heurter violemment la vitre, Thelma est prise par d’impressionnantes convulsions qui vont la clouer quelques heures dans un lit d’hôpital… Quand elle en sortira, encore secouée et mal à l’aise, Anja sera là, prévenante. Une amitié toujours plus riche et sensuelle va se nouer entre les deux filles, Thelma se découvrant tout autre que ce qu’elle pensait être, toujours plus troublée et troublante. Alors qu’elle commence enfin à sortir de sa coquille, rien ne se passera comme on pourrait l’imaginer. La crise inexpliquée de Thelma lui laissera un goût d’angoisse dans la bouche. Son présent qu’elle aurait voulu simple et radieux va peu à peu se peupler de souvenirs dérangeants…

Les deux actrices qui interprètent les rôles principaux forment un tandem incroyable qui irradie l’écran. Eili Harboe (Thelma) en particulier déploie une panoplie de jeu impressionnante, rendant son personnage crédible, l’étoffant à chaque instant, lui donnant énormément de profondeur. Ses crises de tétanie (qu’elle a du apprendre à créer pour le tournage) sont tout aussi bluffantes que ses moments de grâce. Ce sont les premiers pas d’une sublime actrice dont on va guetter les suivants…