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Bonne année, meilleurs vœux! Solidarité: "Emigré, émigré, reste-là t'en va pas… si on ne se mélange plus, je crois qu'on est foutus!"
Ainsi chantaient Font et Val en 1984! Vous pouvez écouter cette chouette chanson là: …Les temps ont bien changé, je vous l'accorde! Pas les problémes. "Les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus, les gens n'ont plus le temps d'espérer ni de penser" (comme le chante Che Suda...

VENDREDI 8 FÉVRIER à 19h... un petit coup à boire, une petite cérémonie de passage de relais, un film surprise... vous êtes invités !
Elle commence joyeusement, cette nouvelle année, avec la prise en main d’Utopia Tournefeuille par ses salariés à travers la SAS SCOP* UTOPIA SANTA MAGDALENA.On en rêvait, on s’y préparait, le chemin fut long (très long) et plein de péripéties, parfois douloureuses… mais on y est ! P...

ON ATTAQUE L'ÉTAT FRANÇAIS EN JUSTICE: C'EST L’AFFAIRE DU SIÈCLE!
UN PETIT CLIC POUR UNE GRANDE CLAQUE! Quatre associations, Notre Affaire à Tous, la Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France ont décidé, au nom de l’intérêt général, d’attaquer l’Etat français en justice pour qu’il respecte ses engagements climatiques et protège nos vie...

THE FLORIDA PROJECT

Sean BAKER - USA 2017 1h52mn VOSTF - avec Willem Dafœ, Brooklyn Kimberly Prince, Bria Vinaite, Valeria Cotto, Christopher Rivera... Scénario de Sean Baker et Chris Bergoch.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

THE FLORIDA PROJECTVoilà un film aussi lucide que rafraichissant (ça sent l'oxymore mais vous verrez, c'est bel et bien le cas : sans illusion mais plein d'espoir) qui pourrait être le croisement entre Les 400 coups de Truffaut et ses mômes inoubliables, et l'un ou l'autre des grands films de Ken Loach avec ses losers magnifiques, le tout illuminé par le soleil de la Floride et par une mise en scène brillante qui magnifie un espace étonnant, personnage à part entière du récit : la périphérie de Disneyworld, mondialement célèbre parc d'attraction qui attire chaque année, à quelques encablures de Miami, des millions de touristes béats.
Mais ici c'est l'envers du décor : nous sommes aux abords de l'autoroute qui conduit à ce temple du divertissement et de la consommation abusive de produits sucrés et gras, dans une zone de motels improbables qui accueillaient il n'y a pas si longtemps les visiteurs-consommateurs mais qui sont devenus aujourd'hui le refuge de centaines de familles précaires, mères célibataires qui s'entassent avec leurs enfants dans des chambrettes défraîchies, laissés pour compte de l'opulence, travailleurs trop pauvres pour accéder à un logement.

Moonee a 6 ans et vivote dans un de ces motels, le Magic Castle dont le nom prestigieux et la façade fuchsia fluo cachent mal la misère. Sa mère Halley, 22 ans, chômeuse endurcie et petite délinquante récidiviste, passe le plus clair de son temps en pyjama à mater des séries quand elle ne se livre pas à quelques menus trafics illicites pour gagner le strict minimum vital. Alors Moonee, pendant cet été écrasant, s'ennuie ferme, traîne avec Scooty, le fils de l'amie de sa mère, serveuse au palais des gaufres voisin. Ensemble ils font donc les 400 coups, rendant la vie impossible à Bobby, le gérant très/trop compréhensif du motel qui peine à supporter toutes les conséquences des bêtises des mômes. Le groupe s'agrandit quand Moonee et Scotty rencontrent Jancey, une petite fille habitant un motel voisin.
Il ne se passe pas énormément de choses dans The Florida project et c'est tant mieux. C'est plus un formidable film d'ambiance qui décrit à la perfection l'univers atypique et touchant des parias d'un monde dévolu à la futilité et au plaisir. Servi par un casting épatant d'authenticité et pour cause : à quelques exceptions près (notamment Willem Dafoe, génial en protecteur humaniste de ces « clients » dont la plupart des gérants d'hôtels se passeraient bien), tous les acteurs sont des non professionnels recrutés via les réseaux sociaux. La jeune Brooklynn Kimberly Prince, qui incarne une Moonnee tour à tour espiègle, drôle, en colère, désemparée… est tout bonnement exceptionnelle, jusqu'à une scène finale mémorable, qui retournera votre petit cœur mais dont on ne vous dira évidemment rien ! Bria Vinaite, sa mère, est également étonnante, créant chez le spectateur des réactions contradictoires, du profond désaveu à la réelle empathie. Autour de ces deux personnages phares, Sean Baker montre magnifiquement la puissante solidarité des sans grades face à l'adversité. Et en plus son film est d'une beauté insolente !

Après le prometteur mais confidentiel Tangerine, qui nous l'a révélé il y a tout juste deux ans, il impose définitivement son talent avec ce film qui a tout pour être un beau succès de bouche à oreille.