LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

(Ex-Utopia Toulouse)


NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limitées dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séances sur fond gris : 4€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Install-party samedi 29 septembre
Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas vers la liberté est toujours délicat, de vous aider à ...

Nuit Fantastique, dixième édition !
Le 31 octobre prochain aura lieu la 10e édition de la terrifiante et rituelle Nuit Fantastique. (Pour revisiter les éditions précédentes, c’est par ici : http://www.cinemas-utopia.org/U-blog/toulouse/index.php?tag/Nuit%20fantastique).Berhart, qui exposera à nouveau cette année dans le hall du ci...

Le manifeste de la haine islamophobe (communiqué UJFP)
Un manifeste « contre le nouvel antisémitisme » écrit par Philippe Val a été signé par 300 personnalités. Vous avez dit antiracistes ? Qui sont ces éminents antiracistes qui nous viennent en aide ? Il y a Manuel Valls, qui expliquait en septembre 2013 que « les Roms ont vocation à retourner en R...

VERS LA LUMIÈRE

Écrit et réalisé par Naomi KAWASE - Japon 2017 1h42mn VOSTF - avec Masatoshi Nagase, Ayame Misaki, Tatsuya Fuji, Kazuko Shirakawa...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

VERS LA LUMIÈRELe cinéma de Naomi Kawase est un cinéma de la sensualité. Impressionniste : la grâce qui surgit dans les moindres gestes quotidiens, les gouttes d’eau qui subliment une peau fraîche, le bruissement d’une feuille d’automne, les odeurs délicieuses qui s'échappent d’un chaudron ou des herbes aromatiques hachées menu, la sensation du vent qui fouette rivages et visages avant la tempête. Quel que soit le sujet abordé, on sent une gourmandise contagieuse qui traverse l’écran, stimule nos papilles, nos oreilles, nos sentiments. Naomi Kawase nous offre son angle de vision si particulier qui fait la patte de cette grande cinéaste. Il y a parfois de quoi être dérouté, par ce rythme qui fait l’éloge de la patience, du plaisir d’observer, du temps qu’on prend à s’étonner, s’émerveiller des choses les plus infimes, dont, dans le fond, nous faisons tous partie. Elle a cette capacité à nous faire ressentir dans notre chair ce que l’on sait mais qu’on s’efforce d’oublier trop souvent : nous ne sommes que les petits pantins d’un tout qui nous dépasse, d’une nature à laquelle on n’échappe jamais vraiment et qu’il vaut mieux suivre plutôt que de s’entêter à vouloir la dompter.

On entre dans Vers la lumière par une voix, celle de Misako. Elle est enjouée, respire la jeunesse, et sa manière de raconter par le menu tout ce qu’elle voit dans la rue résonne comme un jeu étrange. Cela intrigue, en devient presque comique ou agaçant. Malgré sa bonne bouille et ses grands yeux ronds on a envie de lui dire : « C’est bon. Tu ne peux pas arrêter de nous dire des évidences qu’on constate par nous-même ? Les poteaux, les feux rouges, le vieux d’en face… ». On se demande où cette première séquence veut en venir… Puis tout s’éclaire : Misako s’entraîne, apprend à n’être qu’une voix pour ceux qui ne voient pas. C’est son métier : audiodescriptrice. Elle tisse ce lien avec le cinéma pour ceux qui ne peuvent qu’imaginer les images, leur texture. Décrire devient peu à peu comme une seconde nature.
Lorsqu’elle parvient tout exaltée devant le comité d’écoute (constitué en partie de mal voyants) qui doit juger de la qualité de son travail, sa description est retoquée. Tous entendent la bonne volonté de Misako, son désir de bien faire, mais ce n'est pas suffisant. L’audiodescription doit restituer fidèlement toutes les nuances d’une œuvre, permettre à celui qui écoute, comme à celui qui regarde de se connecter à la vie des autres. Chose difficile à retranscrire, à traduire sans trahir les intentions des auteurs, sans imposer aux spectateurs-auditeurs sa propre vision des choses. Conscients que c’est un art difficile, les membres du petit groupe se montrent compréhensifs et bienveillants, sauf peut-être Masaya Nakamori, dont la réaction particulièrement acide bouscule la jeune femme.

Mais Misako est déterminée, passionnée et elle ne va pas baisser les bras. Loin de se laisser décourager, elle va non seulement s’entêter, vouloir progresser mais aussi se poser des questions sur la personnalité du bonhomme, ne pas s’arrêter à ses sautes d’humeur malhabiles. Derrière les apparences, elle perçoit qu’il y a une souffrance qu’il essaie de cacher. Masaya est un photographe de renom. Lui qui n’a vécu en grande partie que pour immortaliser des images est en train de perdre la vue. Entre eux, progressivement, se tissent une connivence, une complicité où le temps n’a plus de prise. C’est un long dialogue qui s’installe au-delà des seuls mots. Dans les beaux silences, les prises de vue, Misako redécouvre les petits bonheurs de son enfance, celui de simplement observer un coucher de soleil aux côté de Masaya et de s’émouvoir quand il déclare « Il n’y a rien de plus beau à voir que ce qui s’apprête à disparaître »… Alors que l’un perd la lumière, l’autre la décrit…