LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

(Ex-Utopia Toulouse)


NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limitées dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séances sur fond gris : 4€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Le manifeste de la haine islamophobe (communiqué UJFP)
Un manifeste « contre le nouvel antisémitisme » écrit par Philippe Val a été signé par 300 personnalités. Vous avez dit antiracistes ? Qui sont ces éminents antiracistes qui nous viennent en aide ? Il y a Manuel Valls, qui expliquait en septembre 2013 que « les Roms ont vocation à retourner en R...

Première pierre d'Utopia Borderouge samedi 24 mars 2018 à 17h
Cela fait dix ans qu’on en parle, mais le projet finit par aboutir. Après que, à peine élu, Jean-Luc Moudenc ait remis le projet à l’ordre du jour, archis et bureaux d’études se sont attelés au travail. Pas une mince affaire. Le ciné est à cheval sur le tunnel du métro, ce qui comp...

Réveillon de Noël en vue!
Attention nombre de places limitée !Tickets à récupérer à la caisse dès à présent (5€ d’arrhes, récupérables le soir même!). Le 24 décembre pour ceux qui ne vont pas manger la dinde en famille, on organise une petite veillée en attendant minuit. Attention quelques règles sont de mise…  C'est une ...

FORTUNATA

Sergio CASTELLITO - Italie 2017 1h43mn VOSTF - avec Jasmine Trinca, Stefano Accorsi, Alessandro Borghi, Hanna Schygulla... Scénario de Margaret Mazzantini.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

FORTUNATATélérama titrait au moment du Festival de Cannes : « Fortunata, portrait solaire d’une Antigone moderne »… On approuve : Jasmine Trinca dans le rôle titre crève l’écran, littéralement lumineuse, un tourbillon de vie et de sensualité. Elle porte le film, à la manière de son personnage, Fortunata, qui porte son entourage sur ses jolies épaules tout en vacillant parfois sur ses talons hauts qui ripent sur les pavés de Rome, ceux du quartier de Torpignattara dans lequel Pasolini tourna jadis Mamma Roma

La première scène, dont on vous laisse la surprise, donne allègrement le ton, par un décalage spatiotemporel délicieux, une chorégraphie que Beethoven aurait peiné à imaginer à son époque. Ne sortez pas de la salle, cela se passe bien en Italie ! Puis on découvre Fortunata, pressée, toujours pressée, parce qu’elle se démène, qu’elle doit survivre. On devine d’emblée que les seuls nantis qu’elle croise sont ceux qu’elle coiffe à domicile. Son métier semble avoir déteint sur elle, en la croisant dans la rue sans la connaître, on pourrait deviner qu’elle est coiffeuse. Ses cheveux un brin trop décolorés, ses robes cheap aux décolletés provocants. Tout dans son allure, malgré ses efforts pour paraître classe, révèle une appartenance à la grande famille des prolétaires… N’empêche, plus que n’importe quelle bourgeoise bien apprêtée, elle a du chien ! C’est d’une évidence criante. Elle est de celles que les hommes convoitent. D’ailleurs on comprend que pour dompter la belle l’un d’eux se soit empressé de l’engrosser, alors qu’elle découvrait à peine sa féminité, l’appel de ses désirs… Huit ans plus tard, le feu des sens éteint, la voilà flanquée d’un mari pas encore ex, un macho râblé comme tout dont elle ne parvient pas à se débarrasser, et d’une gosse espiègle et adorable, Barbara. Pour elle, elle donnerait tout. Elle déborde tellement d’amour qu’elle ne connaît plus les limites, la dorlote, la couve, lui permet de prendre un espace dans sa vie qui leur laisse à peine la possibilité d’exister, de respirer l’une sans l’autre. Elle sait si peu ce qu’est être mère, ni ne connaît les recettes pour le devenir.

Fortunata, loin d’avoir goûté à la fortune annoncée par son prénom, est une gamine qui a grandi trop vite, comme elle a pu, telle une jolie fleur sur le bitume aride. Et pour mieux s’en sortir, notre pétulante capillicultrice entreprend, avec son ami tatoueur déjanté, de monter un salon de coiffure… Pleine de courage et de gnaque, la voilà qui court de plus belle, d’immeuble en immeuble, de porte en porte, pour gagner l’argent nécessaire, tâchant de laisser Barbara entre de bonnes mains, essayant de lui faire comprendre que si elle galope si vite, c’est pour justement pouvoir se poser, être plus présente à l’avenir. Mais à huit ans, l’avenir est un mot bien lointain et Barbara ne voit que ce présent contrariant marqué par l’absence : celle de sa mère qui travaille trop, celle de son père qui oublie ses temps de garde… Alors, bouillonnante de colère, elle sème la zizanie, tant et si bien qu’à l’école on exige qu’elle consulte un psy… Voilà Fortunata en train de cavaler encore plus pour honorer ces nouveaux rendez-vous, bien décidée à ne pas se laisser impressionner par le praticien qui peut en un clin d’œil faire basculer sa vie et celle de sa mioche, même si, ma foi, il est bel homme…

C’est un film foutraque, débordant d’énergie, d’ironie, peuplé d’une galerie de personnages épiques, un véritable patchwork humain improbable. Aux Romains de souche se mêlent des ribambelles de Chinois, quelques bonnes sœurs, une Allemande théâtrale en train de perdre la boule (l’occasion si rare de revoir Hanna Schygulla à l’écran)… et j’en passe. Mais d’où qu’on vienne, dans ce quartier-là on s’accepte mutuellement et on avance la tête haute…