LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

(Ex-Utopia Toulouse)


NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limitées dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séances sur fond gris : 4,5€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Bonne année, meilleurs vœux! Solidarité: "Emigré, émigré, reste-là t'en va pas… si on ne se mélange plus, je crois qu'on est foutus!"
Ainsi chantaient Font et Val en 1984! Vous pouvez écouter cette chouette chanson là: …Les temps ont bien changé, je vous l'accorde! Pas les problémes. "Les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus, les gens n'ont plus le temps d'espérer ni de penser" (comme le chante Che Suda...

VENDREDI 8 FÉVRIER à 19h... un petit coup à boire, une petite cérémonie de passage de relais, un film surprise... vous êtes invités !
Elle commence joyeusement, cette nouvelle année, avec la prise en main d’Utopia Tournefeuille par ses salariés à travers la SAS SCOP* UTOPIA SANTA MAGDALENA.On en rêvait, on s’y préparait, le chemin fut long (très long) et plein de péripéties, parfois douloureuses… mais on y est ! P...

ON ATTAQUE L'ÉTAT FRANÇAIS EN JUSTICE: C'EST L’AFFAIRE DU SIÈCLE!
UN PETIT CLIC POUR UNE GRANDE CLAQUE! Quatre associations, Notre Affaire à Tous, la Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France ont décidé, au nom de l’intérêt général, d’attaquer l’Etat français en justice pour qu’il respecte ses engagements climatiques et protège nos vie...

MEKTOUB MY LOVE

(Canto Uno) Abdellatif KECHICHE - France / Italie 2017 2h55mn - avec Shaïn Boumedine, Ophélie Bau, Salim Kechiouche, Alexia Chardard, Lou Luttiau, Hafsia Herzi, Mel Einda... Scénario d'Abdellatif Kechiche et Ghalia Lacroix, d'après le roman de François Bégaudeau.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MEKTOUB MY LOVEC’est un incroyable torrent visuel que nous offre Abdellatif Kechiche, un film baigné de soleil et de sensualité, une ode à la vie, à l’amour sans entraves, aux corps libérés.
On est au cœur de l’été 1994, dans le Sud, plus précisément à Sète, cité portuaire et populaire chère au réalisateur. En cet été caniculaire, tout le monde écoute Supertramp, et tout le monde ne pense qu’à danser ou aller à la plage. Amine, qui poursuit sans trop de conviction ses études à Paris tout en écrivant occasionnellement des scénarios pour le cinéma, est revenu voir sa famille qui tient un restaurant tunisien/asiatique. Ce matin-là il chemine à vélo pour rendre une visite surprise à son amie Ophélie. Mais quand il arrive, des bruits provenant de la chambre ne laissent aucun doute, Ophélie est en train de faire l’amour : scène d’une intensité digne de celles que l’on pouvait voir dans La Vie d’Adèle. Amine attend que l’amant, son cousin Toni, s’en aille pour aller voir Ophélie. Laquelle est en principe promise à Clément – un marin du porte-avions Charles de Gaulle qu’on ne verra jamais – mais elle avoue à Amine entretenir depuis longtemps une relation avec Toni.
Peu après Toni et Amine se rendent à la plage où ils draguent gentiment des vacancières, Charlotte et Céline. Charlotte s’amourache très vite de Toni, qui se sert de ce genre d’amourettes comme paravent à sa relation avec Ophélie, tandis que Céline va papillonner d’aventures en aventures, filles et garçons confondus.

Le film va suivre les circonvolutions festives et sensuelles de ce groupe de jeunes gens durant trois heures qu’on ne voit absolument pas passer, tant Kechiche sait nous attraper pour nous entraîner dans cet ouragan de tchatche et de corps déchainés. Le tout dans une ambiance joyeusement méditerranéenne où tout le monde (et on s’en réjouit) se fout des différentes origines des uns et des autres. Mais tout cela pourrait être anecdotique voire répétitif si Kechiche ne maitrisait pas admirablement les cassures de rythmes. Alternent les séquences bluffantes d’énergie, quand toutes les générations confondues s’éclatent à la mer ou dansent dans les boites de nuits – scène d’anthologie avec un groupe de filles en transe, parmi lesquelles l’impressionnante Hafsia Herzi, dont on se souvient dans La Graine et le mulet du même Kechiche –, et des moments beaucoup plus sereins voire élégiaques : un des plus beaux nous montre Amine, passionné de photographie, guetter la nuit l’accouchement d’agneaux dans la ferme des parents d’Ophélie. Après les débordements festifs, Kechiche parvient à nous émouvoir aux larmes face à l’apparition simple et belle de la vie. Kechiche, à côté du tourbillon des corps, parvient à générer le mystère et la poésie à travers un couple atypique et platonique mais à la tension sexuelle omniprésente : la terrienne et voluptueuse Ophélie, pour qui semble avoir été créé le qualificatif de callipyge et dont Kechiche filme les formes avec gourmandise, et Amine, témoin beau et troublant des amours des autres sans jamais lui même consommer, confident tendre et à l’écoute, intellectuel qui aime la nuit regarder des classiques du cinéma soviétique pendant que d’autres s’enivrent. Un personnage fascinant dont on peut se demander s’il n’est pas l’alter ego du réalisateur, lui même observateur derrière sa caméra de la furia des corps et des passions des âmes.