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Le manifeste de la haine islamophobe (communiqué UJFP)
Un manifeste « contre le nouvel antisémitisme » écrit par Philippe Val a été signé par 300 personnalités. Vous avez dit antiracistes ? Qui sont ces éminents antiracistes qui nous viennent en aide ? Il y a Manuel Valls, qui expliquait en septembre 2013 que « les Roms ont vocation à retourner en R...

Première pierre d'Utopia Borderouge samedi 24 mars 2018 à 17h
Cela fait dix ans qu’on en parle, mais le projet finit par aboutir. Après que, à peine élu, Jean-Luc Moudenc ait remis le projet à l’ordre du jour, archis et bureaux d’études se sont attelés au travail. Pas une mince affaire. Le ciné est à cheval sur le tunnel du métro, ce qui comp...

Réveillon de Noël en vue!
Attention nombre de places limitée !Tickets à récupérer à la caisse dès à présent (5€ d’arrhes, récupérables le soir même!). Le 24 décembre pour ceux qui ne vont pas manger la dinde en famille, on organise une petite veillée en attendant minuit. Attention quelques règles sont de mise…  C'est une ...

EVERYBODY KNOWS

Ecrit et réalisé par Asghar FARHADI - Espagne/France 2018 2h12mn VOSTF - avec Penélope Cruz, Javier Bardem, Ricardo Darin, Eduard Fernandez, Barbara Lennie... Festival de Cannes 2018 : Film d’ouverture.

Du 09/05/18 au 05/06/18 à Tournefeuille

EVERYBODY KNOWSC’est au cour d’un voyage dans le Sud de l’Espagne que le réalisateur d’Une Séparation, Le Client (disponibles en Vidéo en Poche), Le Passé… a eu l’idée du film, au détour d’un fait divers. Pendant quinze ans, cet embryon d'histoire a poursuivi Ashgar Farhadi en arrière plan de chacun de ses films, comme un rengaine entêtante, jusqu’au jour où il décida finalement de s'y attaquer sérieusement et d'en faire un vrai scénario. Un scénario écrit et pensé par le cinéaste iranien en farsi, puis traduit minutieusement en espagnol. « Pendant toutes ces années, je ne pensais qu’à l’Espagne »… A voir le résultat, on constate à quel point Farhadi s’est imprégné de la culture, des odeurs, des sons, de la vitalité, de la lumière de l’Espagne : Everybody knows (nouvelle démonstration de l'impérialisme de la langue anglaise) respire, vit, et vibre comme un film espagnol.

Nous sommes dans le Sud du pays, dans un petit village rythmé par le ding-dong du clocher de l’Eglise, qui partage la place centrale avec le bar-restaurant. Les vignes ne sont pas loin, inondées de soleil. Ce matin-là, le bar est en effervescence. On y célèbrera demain un mariage et la fête promet d’être belle : il y aura le soleil, le vin de Paco, les cousins éloignés, l’orchestre, la musique et le sourire de Laura, la sœur de la mariée, qui a fait le déplacement avec ses deux enfants depuis l’Argentine où elle vit désormais. Pour Laura l’exilée, c’est l’occasion de renouer avec ses racines espagnoles.
C’est la première partie du film, elle est bruyante, joyeuse et mélancolique, comme le sont parfois les fêtes de familles où l’on constate, aussi, au détour d’une étreinte, que le temps a passé trop vite sur ceux que l’on aime. Asghar Faradhi, dans cette exposition de ses personnages, prend le temps de s’arrêter sur chacun, révélant en filigrane, par petites touches impressionnistes, les petites failles, les regards complices ou plus distants. Celle ou celui qui prendra la peine de bien observer pourra déjà lire, ici, les prémisses de la tragédie qui va advenir.
La deuxième partie du film, la plus longue et la plus intense, nous plonge avec brutalité dans un autre monde, sur un registre bien différent et pour ainsi dire dans un autre film, beaucoup plus sombre. Car un événement inattendu et violent va arriver, ébranlant d'un seul choc tout l’édifice familial, révélant les crispations, réveillant les vieux démons, ceux du passé, ceux qu’on ne voulait surtout pas inviter aux noces.

Tout le talent d’Asghar Farhadi se déploie doucement, sûrement, avec la sérénité tranquille de ceux qui savent parfaitement où ils nous mènent, ne lâchant jamais du regard aucun de ses personnages, en dépit de leurs travers ou de leurs petitesse. Il faut un vrai talent de chef d’orchestre – rythme, tempo, ruptures, direction d’acteurs – pour réussir de la sorte à faire exister autant de protagonistes sans jamais les juger et encore moins les condamner, tout en maintenant le spectateur en haleine. C’est sans doute la grande force du cinéma de Farhadi, et on la retrouve dans chacun de ses films, qu’ils se passent à Téhéran, à Paris ou au fin fond de l’Andalousie : un regard jamais moralisateur qui offre aux personnages (et donc aux comédiens, tous formidables) la possibilité de s’exprimer et aux spectateurs de décider.