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Bonne année, meilleurs vœux! Solidarité: "Emigré, émigré, reste-là t'en va pas… si on ne se mélange plus, je crois qu'on est foutus!"
Ainsi chantaient Font et Val en 1984! Vous pouvez écouter cette chouette chanson là: …Les temps ont bien changé, je vous l'accorde! Pas les problémes. "Les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus, les gens n'ont plus le temps d'espérer ni de penser" (comme le chante Che Suda...

VENDREDI 8 FÉVRIER à 19h... un petit coup à boire, une petite cérémonie de passage de relais, un film surprise... vous êtes invités !
Elle commence joyeusement, cette nouvelle année, avec la prise en main d’Utopia Tournefeuille par ses salariés à travers la SAS SCOP* UTOPIA SANTA MAGDALENA.On en rêvait, on s’y préparait, le chemin fut long (très long) et plein de péripéties, parfois douloureuses… mais on y est ! P...

ON ATTAQUE L'ÉTAT FRANÇAIS EN JUSTICE: C'EST L’AFFAIRE DU SIÈCLE!
UN PETIT CLIC POUR UNE GRANDE CLAQUE! Quatre associations, Notre Affaire à Tous, la Fondation pour la Nature et l’Homme, Greenpeace France et Oxfam France ont décidé, au nom de l’intérêt général, d’attaquer l’Etat français en justice pour qu’il respecte ses engagements climatiques et protège nos vie...

LA MAUVAISE RÉPUTATION

Écrit et réalisé par Iram HAQ - Norvège/ Allemagne 2017 1h47mn VOSTF - avec Maria Mozhdah, Adil Hussain, Sheeba Chaddha, Rohit Saraf...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA MAUVAISE RÉPUTATIONS’il est une chose amère pour une adolescente, c’est bien de constater que le futur au sortir de l’enfance n’est pas aussi réjouissant qu’on l’avait fantasmé. Quelle déculottée de découvrir que les maîtres du royaume familial n’ont pas les pouvoirs qu’on leur attribuait, que les géniteurs souverains qu’on vénérait benoîtement ne sont en définitive que d’infimes rouages d’un engrenage oppressant, alimenté par la peur du qu’en-dira-t-on ! La belle Nisha en est là, prise en tenaille entre deux mondes, ballottée dans la tourmente de leurs contradictions, tiraillée entre deux modes de vie antagonistes. Comment concilier les valeurs de ses parents, qui perpétuent vaille que vaille les traditions de leur Pakistan natal, et celles de la Norvège progressiste dans laquelle elle a grandi ? Comment parvenir à se conformer à des attentes sociales aussi contradictoires ? Il en faut si peu pour se sentir mise sur la touche, ostracisée pour avoir adopté une tenue trop libérée pour les uns ou pas assez pour les autres, car c’est bien cela qui se joue sous ces considérations de bouts de chiffons.

Nisha avance en équilibriste mal aguerrie sur le fil du rasoir tendu entre les exigences de la petite communauté pakistanaise émigrée et celles de sa tribu d’amis autochtones. Tellement désireuse d’obtenir la reconnaissance de chaque clan qu’elle en oublie son identité propre. Elle s’évertue à être la jeune fille modèle dont rêve sa famille et de ce fait ne peut revendiquer les mêmes espaces de liberté que sa bande de copines norvégiennes, lesquelles sont loin d’imaginer le duel intime schizophrénique qui l’agite.
À l’heure où ceux de son âge s’émancipent progressivement de leurs parents, Nisha n’a d’autre alternative que de dissimuler aux siens des fragments de sa vie qui n’ont pourtant rien de si extraordinaire : une soirée entre amis où l’on boit quelques bières, une innocente partie de basket, le plaisir de traîner après la classe… Quelques menues cachotteries qui ne la mettent guère à l’aise face à Mirza, son paternel, qui déborde de fierté et de tendresse malgré ses airs autoritaires, qu'il oublie d'ailleurs parfois d'adopter : qu’il est drôle quand il se lâche et se montre capable de défier lui-même quelques règles un peu trop étouffantes ! Le voilà qui danse en public, faisant fi du jugement des autres, alors que son épouse rougit, s’offusque, essayant de le ramener à la raison. Nisha lui lance alors des regards fiers, pleins d’une connivence complice qui réchauffe leurs cœurs. Il est clair que ces deux-là débordent d’amour l’un pour l’autre et de confiance mutuelle. Rien ne semble dans ces instants pouvoir les séparer.
Mais un soir, Mirza découvre le pot aux roses du flirt entre Nisha et son copain Daniel. Ce flagrant-délit d'amourette va mettre le feu aux poudres et déclencher une descente aux enfers interminable. Fou furieux, Mirza n’écoute plus que son courroux aveugle. La voix de Nisha devient inaudible, d’autant plus quand ses profs et les services sociaux du lycée s’en mêlent malgré elle. L’entourage s’émeut, s’emballe, prodiguant force conseils. Ce qui aurait dû rester dans la sphère de l’intime devient l’affaire de tout le monde, presque une affaire d’état. La seule échappatoire que trouvera Mirza sera de renvoyer l’insoumise au pays de ses origines : le Pakistan !

Histoire subtile et poignante que seule une personne l’ayant vécue (la réalisatrice en l’occurence) pouvait raconter sans en trahir toute la complexité, sans sombrer dans la caricature. Tout en faisant corps avec son héroïne principale, on comprend les dilemmes de chaque partie, notamment ceux des parents, prisonniers d’une culture d’autant plus pesante que leur petite communauté immigrée a besoin de se tenir les coudes pour survivre, garder ses racines, sa raison d’être. Une histoire parmi tant d’autres…