LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

(Ex-Utopia Toulouse)


NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limitées dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séances sur fond gris : 4,5€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Install-party samedi 29 septembre
Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas vers la liberté est toujours délicat, de vous aider à ...

Nuit Fantastique, dixième édition !
Le 31 octobre prochain aura lieu la 10e édition de la terrifiante et rituelle Nuit Fantastique. (Pour revisiter les éditions précédentes, c’est par ici : http://www.cinemas-utopia.org/U-blog/toulouse/index.php?tag/Nuit%20fantastique).Berhart, qui exposera à nouveau cette année dans le hall du ci...

Le manifeste de la haine islamophobe (communiqué UJFP)
Un manifeste « contre le nouvel antisémitisme » écrit par Philippe Val a été signé par 300 personnalités. Vous avez dit antiracistes ? Qui sont ces éminents antiracistes qui nous viennent en aide ? Il y a Manuel Valls, qui expliquait en septembre 2013 que « les Roms ont vocation à retourner en R...

SENSES

Ryusuke HAMAGUCHI - Japon 2015 5h VOSTF - avec Sachie Tanaka, Hazuki Kikuchi, Maiko Mihara, Rira Kawamura... Scénario de Ryusuke Hamaguchi, Tadashi Nohara et Tomoyoki Takahashi. LA PREMIÈRE SÉRIE CINÉMA, 5 ÉPISODES PROPOSÉS EN 3 PROGRAMMES : SENSES 1&2 (2h20), SENSES 3&4 (1h25), SENSES 5 (1h15). Il est impératif de voir les épisodes dans l'ordre.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

SENSESÀ quoi rêvent les femmes japonaises d’aujourd’hui ? À avoir plus de temps pour elles. Senses leur donne celui nécessaire pour se retrouver dans une splendide chronique d’émancipation… Au Japon, 100 000 personnes disparaissent chaque année sans laisser de traces. On les appelle les « évaporés ». C'est ce qui va se passer avec Jun : du jour au lendemain elle disparaît, elle s'évapore, laissant ses trois meilleures amies dans le désarroi. Sa disparition va entraîner un séisme intime en chacune d’elles, les amenant à questionner leur amitié comme leurs vies respectives. Car Jun était le pilier du groupe, celle qui leur avait permis de toutes se rencontrer…

Ryûsuke Hamaguchi donne une ampleur inédite à la situation en libérant une parole trop longtemps mise en sourdine. Sans rien montrer d’une hystérie généralisée ou d’actes physiques extrêmes, le chamboulement émotionnel n’en est pas moins intense. Il est à la source de remous intérieurs qui vont pousser les héroïnes à se poser des questions essentielles, à même de changer la destinée de chacune, parce que les réponses apportées s’émancipent du poids moral de toute une société. Comment aimer ? Peut-on avoir confiance en l’autre ? Doit-on tout se dire ? Ai-je la vie que je souhaite ? Des interrogations qui reflètent bien la perplexité affective dans laquelle flottent les sociétés contemporaines… Senses les remet au centre de tout, rappelant la nécessité d’une interaction sociale, quelle qu’en soit la forme.
Pour éviter des réponses toutes faites, Hamaguchi prend le temps d’une analyse collective, notamment par le biais du séminaire d’un artiste-activiste (baptisé « écouter son centre ») auquel participe la bande d’amies, parmi d'autres. Celui-ci va avoir un effet cathartique imprévu…

Hamaguchi filme avec une rare acuité les dynamiques de groupe qui transparaissent. Chaque personnage laisse éclore, dans des successions de gestes faussement anodins, des traits de caractères et des secrets enfouis, faisant éclater les faux-semblants, mettant à jour tout un système de mensonges et de dissimulations liés au statut et à la condition féminine, dans un monde qui persiste à vouloir les contraindre dans des codes et des schémas patriarcaux (pas propres au Japon mais dont les aspects paraissent ici inouïs de notre point de vue occidental et biaisé…). Il y a quelque chose du cinéma de John Cassavetes dans la maîtrise du jeu d’acteur improvisé, le faisant passer pour parfaitement naturel à l’écran…
Cinq épisodes ne sont pas de trop pour explorer le cheminement intérieur des héroïnes et leur rendre une parole trop longtemps empêchée. Vivre ainsi au plus près des émotions des personnages est un privilège suffisamment rare pour qu’on s’en délecte pleinement. À la fin de Senses, cette impression de quitter quatre amies proches, avec leurs qualités et leurs défauts, nous ferait presque espérer une suite à ce récit fleuve, galvanisant, prenant et toujours passionnant.