LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS APPELER

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limitées dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séances sur fond gris : 4,5€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...

C’était au mois de mars 2003...
C’était au mois de mars 2003… dix ans tout juste après qu’Utopia Toulouse ait ouvert ses portes. Pas moins de 1500 personnes s’étaient pressées ce jour-là pour découvrir le nouveau ciné : il y avait du beau monde, la compagnie Emmanuel Grivet nous avait régalés de quelques entrechats et pantomi...



CHAMPIONS

Javier FESSER - Espagne 2018 1h58mn VOSTF - avec Javier Gutiérrez, Jesús Vidal, Gloria Ramos, Fran Fuentes, Luisa Gavasa, Roberto Sanchez, Itziar Castro... Scénario de David Marqués et Javier Fesser.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

CHAMPIONSSi vous aimez rire à gorge déployée, n'hésitez pas, Champions est pour vous. Et ce qui ne gâche rien, le film est d'une fraîcheur d'esprit revigorante, prouvant que les bons sentiments n'empêchent nullement la finesse et la pertinence.
Tout commence par l’histoire banale de la bêtise ordinaire, des préjugés que l’on trimballe parfois quand on est bien portant, avec toute sa tête et ses membres intacts. Dès que Marco (Javier Gutiérrez, impeccable) apparaît à l’écran, il semble parfumé à la testostérone. On comprend en un clin d'oil qu’il fait partie de ces mâles dominants capables d’écraser leurs semblables. Pas que ce soit foncièrement un mauvais gars, mais c’est plus fort que lui : il ne peut s’empêcher de rouler les mécaniques, auprès de sa compagne, auprès de ses supérieurs… Alors pensez ! Quand un pauvre gars handicapé colle un PV à ce célèbre entraîneur de basket professionnel, il le prend de très haut et lui parle avec le ton condescendant de ceux qui se rengorgent d'être normaux et bien portants. Première scène hilarante qui laisse deviner que le destin n’a pas fini de dire son dernier mot…

Pour couronner le tout, l'équipe de Marco se prend une raclée. Il se transforme alors en électron libre survolté, prêt à péter un câble… On fera ici une impasse sur l’intrigue pour ne pas tout vous dévoiler, mais toujours est-il que le voilà au volant de sa bagnole, saoul comme un cochon et pas plus capable de rouler droit qu’un ballon de rugby. Tant et si bien que même le plus miro des agents de la circulation ne pourrait pas le louper. Une cellule de dégrisement plus tard, il se retrouve devant une juge tout aussi intraitable que notre anti-héros se montre désagréable. « Conduite en état d’ivresse, destruction d’un véhicule de police » : en plus de deux ans d’interdiction de conduire, Marco écope de dix huit mois de prison commuables en travaux d’utilité publique. Pris en tenaille entre deux punitions, tel le gorille de la chanson de Brassens, il choisira bien malgré lui le moindre mal, mais qui s’avèrera peut-être le pire. Notre gonze est honteusement rétrogradé au titre d’entraîneur de ceux qu’il perçoit comme une bande d’arriérés : la fine équipe qui lui est confiée est exclusivement constituée de jeunes et moins jeunes déficients mentaux pas plus capables de comprendre ses consignes les plus simples que d’attraper le ballon qui leur atterrit invariablement sur le citron. Marco a beau essayer de se défausser, la magistrate le marque à la culotte tandis que le beau vieillard qui dirige le centre éducatif sportif garde sur lui un œil vigilant et constamment taquin. Évidemment, comme c’est un « feel good movie », notre macho arrogant apprendra beaucoup de ceux qu’il méprisait et qui finiront par le rendre plus humain, tandis qu’on se tordra les côtes de rire à chaque espièglerie offerte par la vie.

C’est un sujet sur le fil du rasoir, qui échappe avec grâce à tous les clichés qu’on peut imaginer. À aucun moment on ne rit contre les personnages mais en toute complicité avec eux, on s’attache à chacun. Derrière les protagonistes on devine les véritables humains et on aimerait en savoir plus sur leurs parcours singuliers tant leur performance est bluffante. On se doute qu’il aura fallu beaucoup de tendresse et de patience pour obtenir un film aussi abouti avec des comédien non professionnels, qui nous donnent progressivement l’impression d’être bien plus handicapés dans leur rôle à l'écran qu’ils ne le sont eux-même dans la vraie vie.