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Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...

C’était au mois de mars 2003...
C’était au mois de mars 2003… dix ans tout juste après qu’Utopia Toulouse ait ouvert ses portes. Pas moins de 1500 personnes s’étaient pressées ce jour-là pour découvrir le nouveau ciné : il y avait du beau monde, la compagnie Emmanuel Grivet nous avait régalés de quelques entrechats et pantomi...



MY LADY

(THE CHILDREN ACT) Richard EYRE - GB 2018 1h45mn VOSTF - avec Emma Thompson, Stanley Tucci, Fion Whitehead, Jason Watkins, Ben Chaplin... Scénario de Ian McEwan d’après son roman L'Intérêt de l'enfant (The Children act).

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

MY LADYL’action se déroule dans un Londres sublimé, délicieux melting-pot d'histoire et de modernité, de démocratie et de monarchie. Elle s’immisce entre ses hautes tours, ses bâtiments vénérables, ses clochers et leurs querelles dont les plus sévères finissent communément par échouer devant la majestueuse Cour Royale de Justice du Royaume-Uni. C’est ici que siège une drôle de dame, Fiona Maye, l’élégance faite juge aux affaires familiales. Celle que tous appellent avec déférence « My Lady ». Un titre gagné à grand renfort d’heures passées derrière des monticules de dossiers, sans ménager sa peine, sans compter les heures. C’est le prix de l’excellence. Un travail quotidien acharné souvent passionnant, parfois ingrat, toujours angoissant. La peur de se tromper accompagne chaque sentence rendue… Une peur et tant d’autres sentiments qu’il a fallu apprendre à maîtriser et à cacher. On comprend que la charge est terrible : la magistrate au sommet du prétoire a tout d’une femme de marbre au sang froid. Et pourtant, si on la piquait, ne saignerait-elle pas ? Nous sommes après tout au pays de Shakespeare…

La grande finesse du jeu d’Emma Thompson est de laisser transparaître, sous la cuirasse impénétrable que s'est forgée son personnage, les frémissements imperceptibles d’un cœur qui continue de battre malgré son ostensible détachement.
Ils ne sont pas nombreux à percevoir les émotions qui habitent Fiona Maye. Son rigorisme perpétuel la rendrait presque tyrannique envers son entourage qui fait pourtant tout pour l’épauler. À commencer par son greffier « so british ! » petit bonhomme d'une exquise courtoisie qui anticipe ses moindres faits et gestes, la dorlote sans le laisser paraître, comme s’il la vénérait secrètement. Et puis son charmant mari, Jack (le craquant Stanley Tucci), un homme fin, habitué depuis le temps à s’effacer, à ne récolter que des miettes de tendresse quand sa compagne en perpétuelle tension lâche la bride, ce qui n’arrive plus très souvent. Pourtant il lui réserve toujours ses sourires les plus doux, ses regards les plus tendres, son humour, sa compréhension. Mais aimer éperdument cette femme inaccessible, vampirisée par l’institution judiciaire, est un parcours du combattant qui est à deux doigts de venir à bout de sa résistance…
Une affaire chassant l’autre, Fiona Maye se penche sur la vie des autres, négligeant la sienne. Impossible de prendre un temps pour elle-même alors qu’elle doit arbitrer un cas d'une urgence vitale : un jeune témoin de Jéhovah atteint d’une leucémie refuse (soutenu par ses parents) la transfusion de sang qui pourrait le sauver. Ce serait un gamin, l’affaire serait vite tranchée : le « Children act » qui fait prévaloir l’intérêt de l’enfant ferait figure de « formule magique », et sa demande serait refusée. Il serait majeur, son choix prévaudrait. Mais Adam (Fionn Whitehead, étoile montante du cinéma britannique) est entre deux âges, à quelques mois de la majorité. La juge pointilleuse veut pousser l’investigation plus loin : Adam, du haut de ses dix-sept ans, est-il pleinement conscient des conséquences de son choix ? Ce choix est-il vraiment le sien ou celui de son entourage ? L’adolescent ne pouvant comparaitre, notre magistrate décide d’aller à son chevet avant de rendre son verdict. Une décision qui va défrayer la chronique. La presse s’en empare. L’Angleterre entière semble suspendue aux lèvres de Fiona, ajoutant un peu plus de pression sur ses épaules.

Sur son lit d’hôpital, Adam a une gueule d’ange déchu, fragile. Son intelligence vive séduit son monde, il n’est pas la victime naïve qu’on pourrait attendre. Quelques instants partagés avec l’impressionnante « My Lady » vont bouleverser leurs vies réciproques. Entre celui qui veut vivre les préceptes de sa religion et celle qui vit son métier comme un véritable sacerdoce se tisse un lien complexe qui instille dans leurs pensées des doutes tout aussi vivifiants que mortels.
Sous des abords classiques, c’est un film passionnant, d’une élégance folle, servi par des acteurs formidables qui nous entraînent avec délice dans les méandres des âmes humaines.