LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS APPELER

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limitées dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séances sur fond gris : 4,5€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...

C’était au mois de mars 2003...
C’était au mois de mars 2003… dix ans tout juste après qu’Utopia Toulouse ait ouvert ses portes. Pas moins de 1500 personnes s’étaient pressées ce jour-là pour découvrir le nouveau ciné : il y avait du beau monde, la compagnie Emmanuel Grivet nous avait régalés de quelques entrechats et pantomi...



LEAVE NO TRACE

Debra GRANIK - USA 2018 1h47mn VOSTF - avec Ben Foster, Thomasin Harcourt McKenzie, Jeff Kober, Isaiah Stone, Dale Dickey... Scénario de Debra Granik et Anne Rosellini, d’après le roman L’Abandon de Peter Rock.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LEAVE NO TRACEVous êtes sans aucun doute nombreux à ne pas avoir oublié le beau et touchant Captain Fantastic dans lequel Viggo Mortensen incarnait un père intrépide se battant pour que sa famille puisse vivre au cœur de la nature, hors du monde capitaliste et normatif, ignorant l'école officielle pour pratiquer l'apprentissage de la vie au grand air et l'éducation grâce à la lecture et la discussion des textes des grands penseurs. Il est possible aussi que vous n'ayez pas oublié le splendide Winter's bone, sorti en 2011, qui révélait la toute jeune actrice Jennifer Lawrence dans le rôle d'une adolescente, fille d'un père délinquant en fuite, qui se battait seule au cœur des forêts du Missouri pour garder sa maison et sauver ses petits frères. La brillante réalisatrice de Winter's bone, c'était Debra Granik, qui revient aujourd'hui avec ce Leave no trace absolument emballant, adapté d'un roman lui même inspiré par un fait divers bien réel qui pourrait rappeler furieusement l'intrigue de Captain Fantastic, et c'est ainsi que nous retombons sur nos pattes…

Nous sommes aux abords de Portland, capitale de l'Oregon, sur la côte Pacifique, une métropole bordée de majestueuses forêts primaires appréciées des Américains amoureux plus ou moins sincères de la nature. Personne ne sait qu'aux confins les plus inaccessibles du parc, loin des randonneurs urbains qui en fréquentent les futaies le week-end, vivent une adolescente et son père, Tom et Will, dans la quasi-clandestinité, en presque totale autonomie, cultivant un petit potager forestier, ayant acquis sur le tas moult techniques pour recueillir l'eau de pluie ou faire du feu en économisant le propane, s'aventurant le plus rarement possible jusqu'au centre de Portland, uniquement pour récupérer la pension de Will et acheter les produits de première nécessité. On comprend que l'homme est un vétéran, probablement brisé par une des nombreuses guerres moyen-orientales que l'armée américaine a menées jusqu'à l'absurde. On comprend aussi qu'au-delà de la survie au jour le jour, il assure une bonne éducation à sa fille malgré les conditions spartiates. Et on voit qu'il existe une vraie complicité, une profonde tendresse entre les deux. Tout pourrait continuer ainsi s'ils n'étaient pas un jour surpris par la police, puis confiés aux services sociaux, qui sont bien obligés de constater la bonne santé et le bon niveau d'éducation de Tom et décident de les installer dans un mobile-home à proximité d'un haras où Wille pourrait travailler. Pour l'adolescente, c'est la découverte d'une nouvelle vie, qui malheureusement ressemble pour le père à une oppression quotidienne…

Leave no trace, dont le titre évoque cette volonté farouche de fuir la société de consommation que le père rejette, est l'histoire d'une magnifique relation père-fille en même qu'une belle réflexion sur ces chemins de traverse que chacun peut un jour décider d'explorer, qu'il soit poussé par les aléas de la vie ou porté par la réflexion philosophique ou politique. Debra Granik filme cette démarche de retrait de la société sans manichéisme ni angélisme, en fait ressentir les dimensions exaltantes mais aussi les limites, quand le besoin de relations sociales est plus fort que la volonté de rompre avec les modèles dominants et qu'une voie médiane peut surgir. Leave no trace est un formidable voyage dans cette Amérique qu'on aime, celle des hobos qui traversaient le pays dans les wagons de la Grande Dépression, celle de ces poètes qui n'ont pas voulu rompre avec les idéaux des années 70 et ont reconstruit à leur façon, au cœur de paysages grandioses et rescapés de la surexploitation environnante, une autre façon de vivre. Les images sont donc superbes, le récit est aussi passionnant qu'émouvant et on s'attache pour le compte au duo merveilleusement incarné par Ben Foster (vu l'an dernier chez nous dans Comancheria) et la toute jeune et déjà impressionnante Harcourt McKenzie, véritable révélation venue de Nouvelle Zélande.