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Le blog des profondeurs...
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Install-party samedi 29 septembre
Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas vers la liberté est toujours délicat, de vous aider à ...

Nuit Fantastique, dixième édition !
Le 31 octobre prochain aura lieu la 10e édition de la terrifiante et rituelle Nuit Fantastique. (Pour revisiter les éditions précédentes, c’est par ici : http://www.cinemas-utopia.org/U-blog/toulouse/index.php?tag/Nuit%20fantastique).Berhart, qui exposera à nouveau cette année dans le hall du ci...

Le manifeste de la haine islamophobe (communiqué UJFP)
Un manifeste « contre le nouvel antisémitisme » écrit par Philippe Val a été signé par 300 personnalités. Vous avez dit antiracistes ? Qui sont ces éminents antiracistes qui nous viennent en aide ? Il y a Manuel Valls, qui expliquait en septembre 2013 que « les Roms ont vocation à retourner en R...

LEAVE NO TRACE

Debra GRANIK - USA 2018 1h47mn VOSTF - avec Ben Foster, Thomasin Harcourt McKenzie, Jeff Kober, Isaiah Stone, Dale Dickey... Scénario de Debra Granik et Anne Rosellini, d’après le roman L’Abandon de Peter Rock.

Du 10/10/18 au 30/10/18 à Tournefeuille

LEAVE NO TRACEVous êtes sans aucun doute nombreux à ne pas avoir oublié le beau et touchant Captain Fantastic dans lequel Viggo Mortensen incarnait un père intrépide se battant pour que sa famille puisse vivre au cœur de la nature, hors du monde capitaliste et normatif, ignorant l'école officielle pour pratiquer l'apprentissage de la vie au grand air et l'éducation grâce à la lecture et la discussion des textes des grands penseurs. Il est possible aussi que vous n'ayez pas oublié le splendide Winter's bone, sorti en 2011, qui révélait la toute jeune actrice Jennifer Lawrence dans le rôle d'une adolescente, fille d'un père délinquant en fuite, qui se battait seule au cœur des forêts du Missouri pour garder sa maison et sauver ses petits frères. La brillante réalisatrice de Winter's bone, c'était Debra Granik, qui revient aujourd'hui avec ce Leave no trace absolument emballant, adapté d'un roman lui même inspiré par un fait divers bien réel qui pourrait rappeler furieusement l'intrigue de Captain Fantastic, et c'est ainsi que nous retombons sur nos pattes…

Nous sommes aux abords de Portland, capitale de l'Oregon, sur la côte Pacifique, une métropole bordée de majestueuses forêts primaires appréciées des Américains amoureux plus ou moins sincères de la nature. Personne ne sait qu'aux confins les plus inaccessibles du parc, loin des randonneurs urbains qui en fréquentent les futaies le week-end, vivent une adolescente et son père, Tom et Will, dans la quasi-clandestinité, en presque totale autonomie, cultivant un petit potager forestier, ayant acquis sur le tas moult techniques pour recueillir l'eau de pluie ou faire du feu en économisant le propane, s'aventurant le plus rarement possible jusqu'au centre de Portland, uniquement pour récupérer la pension de Will et acheter les produits de première nécessité. On comprend que l'homme est un vétéran, probablement brisé par une des nombreuses guerres moyen-orientales que l'armée américaine a menées jusqu'à l'absurde. On comprend aussi qu'au-delà de la survie au jour le jour, il assure une bonne éducation à sa fille malgré les conditions spartiates. Et on voit qu'il existe une vraie complicité, une profonde tendresse entre les deux. Tout pourrait continuer ainsi s'ils n'étaient pas un jour surpris par la police, puis confiés aux services sociaux, qui sont bien obligés de constater la bonne santé et le bon niveau d'éducation de Tom et décident de les installer dans un mobile-home à proximité d'un haras où Wille pourrait travailler. Pour l'adolescente, c'est la découverte d'une nouvelle vie, qui malheureusement ressemble pour le père à une oppression quotidienne…

Leave no trace, dont le titre évoque cette volonté farouche de fuir la société de consommation que le père rejette, est l'histoire d'une magnifique relation père-fille en même qu'une belle réflexion sur ces chemins de traverse que chacun peut un jour décider d'explorer, qu'il soit poussé par les aléas de la vie ou porté par la réflexion philosophique ou politique. Debra Granik filme cette démarche de retrait de la société sans manichéisme ni angélisme, en fait ressentir les dimensions exaltantes mais aussi les limites, quand le besoin de relations sociales est plus fort que la volonté de rompre avec les modèles dominants et qu'une voie médiane peut surgir. Leave no trace est un formidable voyage dans cette Amérique qu'on aime, celle des hobos qui traversaient le pays dans les wagons de la Grande Dépression, celle de ces poètes qui n'ont pas voulu rompre avec les idéaux des années 70 et ont reconstruit à leur façon, au cœur de paysages grandioses et rescapés de la surexploitation environnante, une autre façon de vivre. Les images sont donc superbes, le récit est aussi passionnant qu'émouvant et on s'attache pour le compte au duo merveilleusement incarné par Ben Foster (vu l'an dernier chez nous dans Comancheria) et la toute jeune et déjà impressionnante Harcourt McKenzie, véritable révélation venue de Nouvelle Zélande.