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VENTE D'AFFICHE LES 15 ET 16 DÉCEMBRE DANS LE HALL D'UTOPIA AU PROFIT DU CERCLE DES VOISINS.
Durant deux jours les bénévoles du Cercle des Voisins vous accueillent dans notre hall. Pour soutenir leurs actions, vous pouvez leur acheter les affiches des films que vous avez aimé cette année (LISTE EXHAUSTIVE SUR LEUR SITE: https://www.cercledesvoisins.org/blog/) . Le Cercle des Voisins est un ...

Toulouse Borderouge, le cinéma et le mûrier...
C’est un magnifique mûrier plus que bicentenaire… Un des derniers survivants à Toulouse de l’époque où Colbert avait fait planter des arbres pour l’élevage des vers à soie… Un mûrier aux branches noueuses qui, l’été, protège de son ombre fraîche les passants venus rêver là, l...

Nuit Fantastique X (debriefing)
Nous avons célébré en grandes pompes (funèbres) la 10e édition de la terrifiante et rituelle Nuit Fantastique. Le film surprise était cette année… The Neon Demon, de Nicolas Winding Refn qui, nous hypnotysant jusqu’à l’aube avec ses rythmes syncopés de musique électro et ses lumières str...

PHOTO DE FAMILLE

Écrit et réalisé par Cécilia ROUAUD - France 2018 1h38mn - avec Vanessa Paradis, Camille Cottin, Pierre Deladonchamps, Jean Pierre Bacri, Chantal Lauby...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

PHOTO DE FAMILLEGuérit-on jamais de son enfance ? Heureuse ou malheureuse elle s'inscrit dans le filigrane de votre vie et vous marque à cœur de ses trop pleins comme de ses manques. Elle vous colle à la tête, vous entrave, vous culpabilise et pourtant… Guérit-on jamais de sa famille ? On la hait, on l'aime, on la fuit, on la cherche… Mais quel joli film que celui-là ! Tout en finesse, qui tangue entre des sentiments contradictoires, patchwork d'histoires, de rencontres, de séparations. Un film qui fluctue entre tendresse, non-dits et maladresses, au gré de variations un peu cruelles, un peu drôles, un peu mélancoliques.
Cette famille-là en vaut bien d'autres : lorsque les parents (Jean-Pierre Bacri et Chantal Lauby) se sont séparés, les sœurs sont allées vivre chez le père, le garçon chez la mère et depuis, les vacances les rassemblaient chez leur grand mère : phare familial, repère absolu, immuable, rassurant…

Le film commence à l'enterrement du grand-père. Un de ces moments qui viennent casser le rythme d'un coup de semonce et vous rappellent sans ménagements que le temps a passé, que même votre peluche préférée peut mourir et que grand-mère est une vieille dame incapable désormais de la moindre confiture. Mais grand-mère, s'en fout car, toute marrante qu'elle est, il est clair que sa boussole mentale ne repère plus le nord : grand-mère s'accroche a un sourire chronique, mais grand-mère n'est déjà plus tout à fait là.
Au fond, grand-mère, on n'a jamais trop su ce qu'elle pensait de tout ça, des autres, d'elle même, si elle était heureuse ou pas. Très égoïstement, il leur suffisait qu'elle soit là. Elle avait toujours été là, elle l'est encore, comme un rappel doux de ces moments fulgurants de leur enfance faits de jeux complices, de petits secrets, de soleil, de farces idiotes… qui précédaient l'inévitable plongée dans la grisaille d'une année scolaire passée à attendre l'été et à subir une vie de famille décomposée et une éducation pourtant attentive, avec ses passages obligés où il est difficile de percevoir quelle est la part du « devoir » et celle de l'amour.
D'un côté une mère excentrique, psychanalyste maladroite, qui n'a jamais digéré que son ex-ronchon se soit collé avec une fille bien plus jeune, un peu cruche, mais reposante. De l'autre un père peu disert dans son rôle de père comme dans son rôle de fils : formidable moment où, pour la première fois de sa vie, peut-être, les non-dits affleurent tardivement… magnifique Bacri.

Photo de famille suit cette fratrie en mal d'enfance dans un montage vif et habile, où les scènes se répondent, se complètent dans une apparente légèreté qui, pour divertissante qu'elle soit, n'est pas exempte de profondeur, de cette humanité partagée, imparfaite et touchante. Chacun bricole sa vie comme il peut : Gabrielle (Vanessa Paradis) est une superbe « statue » dorée pour les touristes et ses relations avec sa propre fille ne sont pas très simples ; Elsa (Camille Cottin), atteinte de colère chronique, désespère de tomber enceinte et son amoureux encaisse avec une indulgence résignée ses ruades foutraques ; Mao (Pierre Deladonchamps), « game designer » de génie, ne communique bien qu'avec ses écrans d'ordinateur. Leurs amis, leurs amours, leur entourage… jouent leur partition juste ce qu'il faut pour enrichir ce film choral qui puise sa cohérence dans cette diversité virevoltante : la vie, la mort, l'amour, la jalousie, le manque, la difficulté d'être ensemble… et toutes ces choses qui nous ressemblent et n'ont pas fini de nourrir de beaux films.