LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

(Ex-Utopia Toulouse)


NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limitées dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séances sur fond gris : 4,5€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

C’était au mois de mars 2003...
C’était au mois de mars 2003… dix ans tout juste après qu’Utopia Toulouse ait ouvert ses portes. Pas moins de 1500 personnes s’étaient pressées ce jour-là pour découvrir le nouveau ciné : il y avait du beau monde, la compagnie Emmanuel Grivet nous avait régalés de quelques entrechats et pantomi...

Bonne année, meilleurs vœux! Solidarité: "Emigré, émigré, reste-là t'en va pas… si on ne se mélange plus, je crois qu'on est foutus!"
Ainsi chantaient Font et Val en 1984! Vous pouvez écouter cette chouette chanson là: …Les temps ont bien changé, je vous l'accorde! Pas les problémes. "Les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus, les gens n'ont plus le temps d'espérer ni de penser" (comme le chante Che Suda...

VENDREDI 8 FÉVRIER à 19h... un petit coup à boire, une petite cérémonie de passage de relais, un film surprise... vous êtes invités !
Elle commence joyeusement, cette nouvelle année, avec la prise en main d’Utopia Tournefeuille par ses salariés à travers la SAS SCOP* UTOPIA SANTA MAGDALENA.On en rêvait, on s’y préparait, le chemin fut long (très long) et plein de péripéties, parfois douloureuses… mais on y est ! P...

PHOTO DE FAMILLE

Écrit et réalisé par Cécilia ROUAUD - France 2018 1h38mn - avec Vanessa Paradis, Camille Cottin, Pierre Deladonchamps, Jean Pierre Bacri, Chantal Lauby...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

PHOTO DE FAMILLEGuérit-on jamais de son enfance ? Heureuse ou malheureuse elle s'inscrit dans le filigrane de votre vie et vous marque à cœur de ses trop pleins comme de ses manques. Elle vous colle à la tête, vous entrave, vous culpabilise et pourtant… Guérit-on jamais de sa famille ? On la hait, on l'aime, on la fuit, on la cherche… Mais quel joli film que celui-là ! Tout en finesse, qui tangue entre des sentiments contradictoires, patchwork d'histoires, de rencontres, de séparations. Un film qui fluctue entre tendresse, non-dits et maladresses, au gré de variations un peu cruelles, un peu drôles, un peu mélancoliques.
Cette famille-là en vaut bien d'autres : lorsque les parents (Jean-Pierre Bacri et Chantal Lauby) se sont séparés, les sœurs sont allées vivre chez le père, le garçon chez la mère et depuis, les vacances les rassemblaient chez leur grand mère : phare familial, repère absolu, immuable, rassurant…

Le film commence à l'enterrement du grand-père. Un de ces moments qui viennent casser le rythme d'un coup de semonce et vous rappellent sans ménagements que le temps a passé, que même votre peluche préférée peut mourir et que grand-mère est une vieille dame incapable désormais de la moindre confiture. Mais grand-mère, s'en fout car, toute marrante qu'elle est, il est clair que sa boussole mentale ne repère plus le nord : grand-mère s'accroche a un sourire chronique, mais grand-mère n'est déjà plus tout à fait là.
Au fond, grand-mère, on n'a jamais trop su ce qu'elle pensait de tout ça, des autres, d'elle même, si elle était heureuse ou pas. Très égoïstement, il leur suffisait qu'elle soit là. Elle avait toujours été là, elle l'est encore, comme un rappel doux de ces moments fulgurants de leur enfance faits de jeux complices, de petits secrets, de soleil, de farces idiotes… qui précédaient l'inévitable plongée dans la grisaille d'une année scolaire passée à attendre l'été et à subir une vie de famille décomposée et une éducation pourtant attentive, avec ses passages obligés où il est difficile de percevoir quelle est la part du « devoir » et celle de l'amour.
D'un côté une mère excentrique, psychanalyste maladroite, qui n'a jamais digéré que son ex-ronchon se soit collé avec une fille bien plus jeune, un peu cruche, mais reposante. De l'autre un père peu disert dans son rôle de père comme dans son rôle de fils : formidable moment où, pour la première fois de sa vie, peut-être, les non-dits affleurent tardivement… magnifique Bacri.

Photo de famille suit cette fratrie en mal d'enfance dans un montage vif et habile, où les scènes se répondent, se complètent dans une apparente légèreté qui, pour divertissante qu'elle soit, n'est pas exempte de profondeur, de cette humanité partagée, imparfaite et touchante. Chacun bricole sa vie comme il peut : Gabrielle (Vanessa Paradis) est une superbe « statue » dorée pour les touristes et ses relations avec sa propre fille ne sont pas très simples ; Elsa (Camille Cottin), atteinte de colère chronique, désespère de tomber enceinte et son amoureux encaisse avec une indulgence résignée ses ruades foutraques ; Mao (Pierre Deladonchamps), « game designer » de génie, ne communique bien qu'avec ses écrans d'ordinateur. Leurs amis, leurs amours, leur entourage… jouent leur partition juste ce qu'il faut pour enrichir ce film choral qui puise sa cohérence dans cette diversité virevoltante : la vie, la mort, l'amour, la jalousie, le manque, la difficulté d'être ensemble… et toutes ces choses qui nous ressemblent et n'ont pas fini de nourrir de beaux films.