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Utopia Toulouse Borderouge : un nouveau cinéma est né !
Utopia, le cinéma au mûrier… Holà ! Habitants de Borderouge, des Minimes, des Trois cocus, de Saint-Selve, de Montastruc, de la Croix Daurade, de Montauban, des Izards, de Saint Jean Lherm, de Granague et d’ailleurs… ! Approchez qu’on vous dise ! Voilà, nous sommes fins pr...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...

C’était au mois de mars 2003...
C’était au mois de mars 2003… dix ans tout juste après qu’Utopia Toulouse ait ouvert ses portes. Pas moins de 1500 personnes s’étaient pressées ce jour-là pour découvrir le nouveau ciné : il y avait du beau monde, la compagnie Emmanuel Grivet nous avait régalés de quelques entrechats et pantomi...

Bonne année, meilleurs vœux! Solidarité: "Emigré, émigré, reste-là t'en va pas… si on ne se mélange plus, je crois qu'on est foutus!"
Ainsi chantaient Font et Val en 1984! Vous pouvez écouter cette chouette chanson là: …Les temps ont bien changé, je vous l'accorde! Pas les problémes. "Les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus, les gens n'ont plus le temps d'espérer ni de penser" (comme le chante Che Suda...



LES CAMARADES

Mario MONICELLI - Italie 1963 2h10mn VOSTF - avec Marcello Mastroianni, Renato Salvadori, Bertrand Blier, Annie Girardot, Folco Lulli, François Perrier... Scénario de Mario Monicelli, Agenore Incrocci et Furio Scarpelli (le fameux duo Age & Scarpelli). VERSION INTÉGRALE INÉDITE.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LES CAMARADESLa nuit est à deux doigts de laisser la place au jour. Dans la pauvre maison, la pénombre pourtant s'annonce constante et la mère secoue son monde. Le plus minot traine la patte : pas envie d'école, envie d'aller travailler avec son frangin, guère plus vieux, mais qui a déjà l'autorité de celui qui rapporte les sous. On casse la glace pour se laver le bout du nez, le charbon ne prend pas pour cause d'humidité (le charbonnier a pissé dessus rigole l'ainé) on boira le lait froid…
On a été averti dès les premières images par la musique de Carlo Rustichelli, entraînante, gaillarde, volubile : nous sommes en Italie, et si la vie y est dure en ce début des années 1900, elle sait aussi être joviale et drôle. Sur la misère, même du côté de Turin en pleine industrialisation, fleurissent malgré tout l'humour, la chaleur humaine. On y a la répartie facile, la main leste, les engueulades à quatre sous se bousculent, la solidarité y est nécessité vitale : un jour c'est moi demain ce sera toi… fatalement, ça crée des liens.
Dans le ciel qui s'éclaircit peu à peu, la cheminée de l'usine signe l'horizon vers lequel marche la petite foule des mal réveillés, mal fagotés, gamelle à la main : il y aura une brève pause à midi et ça ne fait pas lourd dans une journée de 13 ou 14 heures. Chacun prend son poste. Au coup de sifflet, les machines donnent le rythme…

Dès le début, dès les premières notes, les premières images au noir et blanc magnifiquement restauré, on est happé par le lyrisme emballant du film et très vite on comprend qu'il est plus qu'un très beau moment de cinéma : un moment de l'histoire qui raconte la naissance de notre époque actuelle, les premiers balbutiements de la lutte ouvrière…
C'est un travail collectif concerté dans l'enthousiasme par les meilleurs du cinéma italien, Il n'y a pas un mot de trop, pas une scène inutile, pas un personnage qui ne donne du sens et de la finesse à une aventure humaine à la fois douloureuse et exaltante, drôle et tragique. Age et Scarpelli au scénario, Carlo Rustichelli à la musique, Monicelli à la réalisation… un cocktail détonnant que vous retrouverez bientôt (on l'espère) avec Brancaleone aux croisades qui raconte le moyen-âge avec la même verve vivifiante et juste que ce film-ci relate la première révolte ouvrière d'Italie.

1905 : dans une fabrique textile, les accidents se multiplient et un ouvrier se fait happer le bras par une machine à tisser. On fait bien une collecte, mais certains s'énervent, une grande gueule dénonce : aujourd'hui lui, mais fatalement d'autres bientôt, les journées sont trop longues, le travail trop dur, trop chichement payé, le repos trop bref. Alors l'un deux lance l'idée : ce soir, on arrête les machines une heure plus tôt. Mais le chef a vent de la fronde, et les laborieux, terrifiés par leur propre audace, n'oseront pas affronter leurs patrons et finiront cette heure jusqu'à la dernière goutte…
La suite, je ne vous la dis pas, mais sachez qu'il n'y a rien de manichéen, jamais, dans les portraits de cette petite communauté humaine : on y est fort et faible à la fois, courageux et trouillard, couillon et subtil, braillard et amoureux sensible… On n'en fait plus beaucoup, des films comme ça, capables de traverser le temps sans prendre la moindre ride, bonifiés par les années qui en font émerger toutes les subtilités.

A noter : Annie Girardot en adorable jeunette qui se prostitue par refus d'un travail qui ne permet pas d'échapper à la misère.