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Le blog des profondeurs...
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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



Samedi 17 novembre Séance spéciale : « Un p’tit bal » pour Le Grand bal ! Rendez-vous à 10h30 pour un p’tit déj en musique live (Utopia offre le café). La séance de 11h sera suivie d’une auberge espagnole et d’un bal animé par l’association Arpalhands ! Apportez de quoi boire et manger. N’oubliez ni vos couverts, ni vos ballerines ! Places en prévente dès le 10 novembre au tarif de 4,5€ (à Utopia et à l’American Cosmograph).

LE GRAND BAL

Laetitia CARTON - documentaire France 2018 1h39mn -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LE GRAND BALCe film entraînant est bien plus qu'une invitation à la danse, il en dépasse largement le cadre tout en ne parlant que d’elle. Il nous donne à voir à quel point faire la fête est un acte rassembleur dans une société où tout semble fait pour séparer les citoyens et les générations. Au Grand bal, on ne parque pas les vieux loin des jeunes, on se mêle goulument, flottant au dessus des idées préconçues. Entre deux rondes on se pose même des questions sur les relations hommes / femmes, sur le féminisme. Car après tout, où est-il écrit que ces messieurs doivent toujours mener la valse et est-ce qu’ils n’en seraient pas un peu las ? Pendant les sept jours et les huit nuits de cette grande messe annuelle qui rassemble deux mille personnes venues d’un peu partout en Europe, on refait le monde à l’image d’une humanité accueillante, curieuse de l’autre. Et l’affaire est moins superficielle qu’on ne pourrait le croire ! S’il est question ici de mazurkas, de bourrées, de pizzicatas […], vous qui ne dansez pas, ou vous qui dansez le rock’n roll, le tango, la salsa (et que sais-je encore) : accourez ! Vous ne repartirez pas les mains, ni le cœur, ni la cervelle vides de cette heure trente neuf de grâce pure !

C’est également un film d’une intense intimité, celle qui s’immisce entre deux être qui s’enlacent pour quelques instants fugaces avant de repartir dans l’immense marée humaine. Le Grand Bal devient alors un personnage à part entière, « un grand corps collectif respirant à l’unisson ». Laetitia Carton a su saisir les fulgurances de ce monde tout en nuances, de cette aventure à la fois collective et profondément individuelle sans jamais être intrusive. Et si la jeune réalisatrice en parle si bien, c’est qu’un beau jour, elle est tombée dedans sans que rien ne l’y prédestine, si ce n’est peut-être les paroles de sa grand-mère qui la firent rêver petite en lui contant l’exaltation de ses premières guinches. Sa caméra épouse respectueusement et sans faux pas ceux des danseurs, en nous laissant partager l’intensité de ces quasi moments de transe dans lesquels les esprits partent à l’abandon de soi. Progressivement, cela ressemble presque à une forme de méditation heureuse qui emporte chacun dans un tourbillon où plus rien ne compte hormis le dialogue des corps, leur osmose. Alors qu’après avoir été à son comble la pression redescend enfin, les larmes coulent parfois, resurgit la peur de l’abandon, celle de ne pas être invité(e)…

Tout comme dans ses précédents films (J’avancerai vers toi avec les yeux d’un sourd ou Edmond un portrait de Baudoin…) Laetitia Carton procède par touches subtiles et délicates, filme la moindre des choses avec une grande profondeur de champ, une grande profondeur d’âme. Son texte qui guide nos pas dans ce cercle passionnel d’initiés est tout bonnement magnifique, sensible. On est touché par la grâce de ce que les gestes dévoilent parfois malgré eux. Secoués par nos sourires, on en ressort tout simplement joyeux en se demandant : « Et si c’était ça le bonheur ? Cette joie vitale, instinctive, pure qui fait vibrer chaque fibre de nos êtres ? »