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Nuit Fantastique X (debriefing)
Nous avons célébré en grandes pompes (funèbres) la 10e édition de la terrifiante et rituelle Nuit Fantastique. Le film surprise était cette année… The Neon Demon, de Nicolas Winding Refn qui, nous hypnotysant jusqu’à l’aube avec ses rythmes syncopés de musique électro et ses lumières str...

Install-party samedi 29 septembre
Envie de découvrir une informatique libre, éthique et accessible ? Vous vous sentez une affection naissante pour les gnous et les pinguins ? L’association Toulibre vous propose de venir découvrir les Logiciels Libres, et comme le premier pas vers la liberté est toujours délicat, de vous aider à ...

Nuit Fantastique, dixième édition !
Le 31 octobre prochain aura lieu la 10e édition de la terrifiante et rituelle Nuit Fantastique. (Pour revisiter les éditions précédentes, c’est par ici : http://www.cinemas-utopia.org/U-blog/toulouse/index.php?tag/Nuit%20fantastique).Berhart, qui exposera à nouveau cette année dans le hall du ci...

AVANT-PREMIERE Lundi 5 novembre 20h : présentation du festival Ciné Palestine 2019 et séance suivie d’un débat avec Asmaa Al Ghoul écrivaine palestinienne originaire de Gaza, et Inès Compan + petite surprise (le film est ensuite programmé du 7 au 20 novembre). Préventes à partir du 31 octobre aux tarifs habituels du cinéma.

SAMOUNI ROAD

Stefano SAVONA - documentaire France / Italie 2018 2h08mn VOSTF - Scénario de Stefano Savona, Léa Mysius et Penelope Bortoluzzi. Oeil d’Or du Meilleur film documentaire, Festival de Cannes 2018. Animation de Simone MASSI.

Du 05/11/18 au 20/11/18 à Tournefeuille

SAMOUNI ROAD« Plomb durci », un nom qui fait référence à un poème que l’on récite à l’occasion de la Hannoukah, la fête juive des Lumières. Mais pour les habitants de la bande de Gaza, ce nom évoque ces quelques semaines de l’hiver 2008-2009 où leur vie a basculé dans la tragédie, ces bombardements israéliens qui ont apporté mort et désolation. Les Israéliens eux-mêmes ne le contestent pas, la distorsion du nombre de victimes est édifiante : un peu plus d’une dizaine de victimes côté israélien, plus de 1300 côté palestiniens, dont un tiers d’enfants.

En 2009, le sicilien Stefano Savona, archéologue de formation mais cinéaste depuis une dizaine d’années à l’époque (il avait travaillé auparavant au Kurdistan), parvient malgré les multiples obstacles à s’introduire au Nord de la bande de Gaza au lendemain des bombardements. Face au traitement aseptisé des médias occidentaux, face aussi à la débauche d’images terrifiantes mais non structurées que chacun peut trouver sur le net, il décide de tenir un blog cinématographique pour raconter le vécu des habitants de Gaza. C’est alors qu’il rencontre la famille Samouni : une famille au destin singulier, très éloignée de la vie urbaine de Gaza City, une famille de paysans paisibles qui se croyaient épargnés par le fracas des combats et les conséquences souvent terribles du conflit qui dure depuis plus de 60 ans. Et pourtant quand Stefano Savona arrive, 29 des membres de cette famille ont été tués, femmes et enfants essentiellement, leurs terres dévastées, leurs maisons détruites ou vandalisées par l’occupant israélien qui s’est installé dans les lieux avant de tout saccager à son départ. Ce blog cinématographique, du nom même de l’opération Plomb durci, sera primé au festival de Locarno. Mais Stefano Savona était resté dans l’idée qu’il fallait redonner une existence à la famille Samouni au-delà de l’image de victimes endeuillées et ruinées que produisait l’immédiateté et la violence des événements. Rendre la mémoire des disparus, de ce qu’ils étaient, de ce qu’ils avaient construit, mais aussi voir comment les Samouni au fil des années reconstruisaient leur vie, leurs champs, leurs maisons, évoluaient dans le nouveau contexte après cette effrayante déflagration.
Un an après les bombardements, le réalisateur trouva l’occasion de revenir – encore une fois en toute illégalité – pour assister au mariage d’un jeune couple qui avait perdu tous ses parents. Il se demanda alors comment rendre vie par l’image aux disparus, comment restituer ces fameuses images manquantes, chères au cinéaste cambodgien Rithy Panh. Et ce fut la rencontre avec l’artiste Simone Massi, auteur de courts métrages d’animation sur les gens de son village, avec une technique magnifique d’aplats noirs grattés. La solution était trouvée : raconter la vie d’avant de ses chers disparus puis le jour fatal à travers des séquences d’animation.

L’intense beauté, la formidable intelligence de Samouni Road tiennent à la fois à la reconstruction fascinante par le cinéma de tout le passé, du présent voire même du futur d’une famille dévastée – c’est le plus bel hommage qu’on pouvait lui rendre – et à l’équilibre entre la force des témoignages des membres survivants et la beauté de la reconstitution en animation, qui n’évoque pas uniquement la nuit de l’attaque mais aussi les moments apaisés qu’ont connus les disparus. Côté témoignages, vous n’oublierez pas celui, magnifique, de cette fillette à la lucidité stupéfiante qui, sans haine, constate avec désarroi les graffitis haineux et racistes laissés par les soldats israéliens sur les murs de son salon et qui s’exclame « Mais qu’est ce qu’ils ont dans la tête, ceux là ? ». Au moment où, inlassablement, malgré les civils abattus presque quotidiennement, les Gazaouis se pressent à la frontière pour manifester et réclamer leur droit au retour, ce film magnifique tombe à point nommé.