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VENTE D'AFFICHE LES 15 ET 16 DÉCEMBRE DANS LE HALL D'UTOPIA AU PROFIT DU CERCLE DES VOISINS.
Durant deux jours les bénévoles du Cercle des Voisins vous accueillent dans notre hall. Pour soutenir leurs actions, vous pouvez leur acheter les affiches des films que vous avez aimé cette année (LISTE EXHAUSTIVE SUR LEUR SITE: https://www.cercledesvoisins.org/blog/) . Le Cercle des Voisins est un ...

Toulouse Borderouge, le cinéma et le mûrier...
C’est un magnifique mûrier plus que bicentenaire… Un des derniers survivants à Toulouse de l’époque où Colbert avait fait planter des arbres pour l’élevage des vers à soie… Un mûrier aux branches noueuses qui, l’été, protège de son ombre fraîche les passants venus rêver là, l...

Nuit Fantastique X (debriefing)
Nous avons célébré en grandes pompes (funèbres) la 10e édition de la terrifiante et rituelle Nuit Fantastique. Le film surprise était cette année… The Neon Demon, de Nicolas Winding Refn qui, nous hypnotysant jusqu’à l’aube avec ses rythmes syncopés de musique électro et ses lumières str...

YOMEDDINE

Écrit et réalisé par A.B. SHAWKY - Égypte 2018 1h37mn VOSTF - avec Rady Gamal, Ahmed Abdelhafiz, Shahira Fahmy, Mohamed Abd El Azim...

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YOMEDDINEVous trouvez que Beshay, le héros de ce très chouette film, a un aspect peu avenant ? Surtout ne fuyez pas ! Sa jovialité, son charisme, sa bienveillance vous feront bientôt oublier son visage déformé. Vous y percevrez cette beauté intérieure qui irradie et surpasse les canons imbéciles. Il était peut-être beau gosse d’ailleurs, ou aurait pu l'être si la lèpre, vieille maladie heureusement en voie de disparition, n’avait pas dévasté son corps de petit garçon. Dans son monde, on n’avait pas beaucoup de moyens, pas toujours ceux d’aller chez un médecin… C’est ainsi que tout bonnement on déposa la petite chose fiévreuse devant une léproserie tenue par des religieuses. Elles le dorlotèrent, pansèrent ses plaies comme elles pouvaient, l’encouragèrent, lui donnèrent la foi de croire en la vie, en lui-même, en un monde meilleur. Et c’est là qu’il resta, toute une existence, comme beaucoup, même si la maladie n’était plus contagieuse, par peur d’effrayer les passants ignorants. Un parcours peuplé de rires, de petits boulots, de tendresse et d’amour ! Eh oui, contre toute attente, même ce dernier il l’avait trouvé là, dans ce trou abandonné de la civilisation moderne. Petite fleur d’espoir poussée entre les détritus d’une décharge à ciel ouvert. Dieu sait que sa chère et tendre épouse ne se lassait pas de l’aimer encore et encore… Mais un beau jour un vent mauvais emporta cette belle âme…

On en est là dans l’histoire… Ce moment où, dans le cœur de Beshay, qui ne s’apitoie pourtant jamais sur son sort et sème constamment la joie autour de lui, monte soudain comme un grand vide, le besoin de regarder en arrière, vers ceux qui l’ont abandonné. L’envie d’aller leur montrer que malgré sa disgrâce, il est bien vivant et qu’ils ont peut-être tous loupé quelque chose. Beshay ne fait ni une, ni deux, prend son âne et son courage à deux mains, atèle sa charrette, y cale ses rares effets personnels et part sur les routes vers le pays rêvé de son enfance, d’un pas assuré, tranquillement… Tranquillement ? C’est sans compter sur Obama ! Mais non pas l'ex-président, celui qu’on surnomme Obama, un petit orphelin nubien qui s’incruste dès que ça bouge quelque part, une vraie puce, un parasite indélogeable. Beshay a beau le chasser, lui expliquer qu’il se lance dans une quête personnelle où nul autre n’a pas sa place, Obama lui colle aux basques et va lui coller aux basques encore longtemps. C’est donc cette étrange équipée qui va se lancer dans un improbable road movie baroque et réjouissant. La progression du duo Obama/Beshay sera bien sûr tout aussi chaotique que le fut jadis celle du Kid et de Charlot. Mais de rencontres en rencontres, de situations drolatiques en épisodes dramatiques, c’est toute une philosophie heureuse qui se déploie devant nos yeux.

Si le titre du film, Yomeddine, signifie « jugement dernier » en arabe, ce n’est pas tant par religiosité que pour appeler à ce jour où tous les humains seront enfin égaux, plus jamais jugés sur leurs apparences ou appartenances… Yomeddine est un premier film miraculé, tout comme ses interprètes. Qui aurait misé une livre égyptienne sur ce jeune réalisateur inconnu, sans relations ? Qui aurait parié que cette petite auto-production, atterrisse comme par magie dans le prestigieux festival de Cannes ? Il ne reste qu’à nous emparer de cette belle aventure. Un très joli conte qui est également un voyage dépaysant dans une Égypte invisible mais d’autant plus sincère, dans son arrière pays où même les pyramides sont laissées à l’abandon.