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Utopia Toulouse Borderouge : un nouveau cinéma est né !
Utopia, le cinéma au mûrier… Holà ! Habitants de Borderouge, des Minimes, des Trois cocus, de Saint-Selve, de Montastruc, de la Croix Daurade, de Montauban, des Izards, de Saint Jean Lherm, de Granague et d’ailleurs… ! Approchez qu’on vous dise ! Voilà, nous sommes fins pr...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...

C’était au mois de mars 2003...
C’était au mois de mars 2003… dix ans tout juste après qu’Utopia Toulouse ait ouvert ses portes. Pas moins de 1500 personnes s’étaient pressées ce jour-là pour découvrir le nouveau ciné : il y avait du beau monde, la compagnie Emmanuel Grivet nous avait régalés de quelques entrechats et pantomi...

Bonne année, meilleurs vœux! Solidarité: "Emigré, émigré, reste-là t'en va pas… si on ne se mélange plus, je crois qu'on est foutus!"
Ainsi chantaient Font et Val en 1984! Vous pouvez écouter cette chouette chanson là: …Les temps ont bien changé, je vous l'accorde! Pas les problémes. "Les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus, les gens n'ont plus le temps d'espérer ni de penser" (comme le chante Che Suda...



LES INVISIBLES

Louis-Julien PETIT - France 2018 1h43mn - avec Audrey Lamy, Corinne Masiero, Déborah Lukumuena, Pablo Pauly, Sarah Suco... Scénario de Louis-Julien Petit et Marion Doussot.

Du 18/04/19 au 30/04/19 à Toulouse (Borderouge) - Du 09/01/19 au 26/03/19 à Tournefeuille

LES INVISIBLESTout comme Discount, le premier film de Louis-Julien Petit qu'on avait déjà beaucoup aimé (celui-ci est encore mieux !), Les Invisibles est un film jubilatoire, drôle et résolument politique, au sens le plus noble du terme. Décidément la filmographie de ce jeune réalisateur est bien partie pour remonter les bretelles aux injustices sociales sans avoir l’air d’y toucher, en usant d’armes universelles telles le rire, l’humanité… On sort de son film heureuses et grandis, remplis de courage, pleines d’envies. Celles avant tout de ne pas baisser les bras et de regarder devant soi avec toujours plus d’empathie.
Fortes en gueules ou gueules brisées, elles sont là. Même si la bonne société essaie de ne pas les voir. Habituées à se sentir transparentes, elles se gomment, se fondent dans la grisaille de la ville. Être vues, ce peut être le début des emmerdes. Tant et si bien que certaines en ont même perdu l’envie d’être belles. Et pourtant, belles, elles le sont, plus que la ménagère standard ou la séductrice mini-jupée sur trois étages ! On a affaire à de de la drôlesse qui a vécu, qui a du chien, du caractère, ou tout au contraire à la douceur incarnée qui a cessé de se faire confiance, qui s’est effacée face aux siens. Ce sont des foultitudes de femmes toutes uniques, leurs corps nous le raconte ainsi que les traits de leur visage, sculptés par leur combat quotidien, la rue, le temps qui attaquent chaque être. Elles ont la magnificence fragile de celles qui ont réussi à surnager.

Ce film qui fait chaud au cœur et à l'intelligence s’ancre dans une réalité qui ne devrait pas avoir droit de cité dans les pays civilisés, celle des femmes précaires, SDF qui arpentent nos villes dans une indifférence assassine. Tout pourrait paraître sombre et pourtant ça ne l’est pas ! Surtout quand au fin fond d’un quartier, des mains se tendent, patientes, inespérées, celles d’autres femmes tout aussi invisibles, des travailleuses sociales qui, malgré les faibles moyens mis à leur disposition, s’acharnent à redonner un peu de dignité, de reconnaissance à celles qui n’y croient guère. Il suffit parfois d’une douche, d’un repas chaud, pour réchauffer les sourires et leur permettre de repartir plus loin qu’on n’aurait cru.
L’action se passe dans un de ces centres dits sociaux qui accueillent le jour les laissées pour compte. C’est Angélique, jeune gouailleuse intrépide (Déborah Lukumuena, une des actrices de Divines qui ne cesse de l’être), qui ouvre les grilles de l’Envol, le matin. Voilà la frêle structure submergée par le flot de celles qui rêvent de parler de leur nuit de galères solitaires. Ici, on accueille, tout en gardant ses distances. Pas question de se retrouver noyées dans la misère du pauvre monde, l’empathie n’est possible qu’en se protégeant un peu. Pourtant on sent bien que la barrière de protection est ténue, prête à rompre. Comment résister à ces sourires timides sous lesquels émergent des blessures tenaces, des envies de revanche magnifiques ? Toutes ces sans-abri ont un nom inventé pour voiler leur véritable identité : Edith (Piaf), Brigitte (Bardot ? Lahaie ? Macron en dernier choix ?), Lady Dy, Simone (Veil), Marie-Josée (Nat), Mimy (Mathy)… Aucune n’est apaisée, d’aucunes font semblant d’être calmes, plus versatiles que le lait sur le gaz, toujours prêtes à mettre le feu ou à s’embraser. Elles peuvent se montrer tour à tour aimables, détestables, admirables. On ne sait plus. Même Manu, la responsable pourtant aguerrie du centre, et ses collègues ne savent plus. Une chose est sûre : malgré les agacements, les déceptions, le jour où l’administration aveugle va décider de fermer le centre, l’équipe entière fera front, quitte à passer de l’autre côté de la barrière.

On ne vous en dit pas plus. C’est un film qui se vit plus qu’il ne se pense, un appel au courage. Même dévalué, le moindre des êtres vaudra plus qu’une action Natixis, il y aura toujours un poing pour se lever, une parole solidaire pour s’élever. C’est beau, c’est drôle, véridique, c’est du grand Petit (Louis-Julien). Décidément ces invisibles nous font rire, nous émeuvent tout en échappant aux clichés. C’est une belle réussite, vibrante, vivante, remarquablement interprétée par une pléiade d’actrices investies, professionnelles ou non.