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Le blog des profondeurs...
(de champ)

C’était au mois de mars 2003...
C’était au mois de mars 2003… dix ans tout juste après qu’Utopia Toulouse ait ouvert ses portes. Pas moins de 1500 personnes s’étaient pressées ce jour-là pour découvrir le nouveau ciné : il y avait du beau monde, la compagnie Emmanuel Grivet nous avait régalés de quelques entrechats et pantomi...

Bonne année, meilleurs vœux! Solidarité: "Emigré, émigré, reste-là t'en va pas… si on ne se mélange plus, je crois qu'on est foutus!"
Ainsi chantaient Font et Val en 1984! Vous pouvez écouter cette chouette chanson là: …Les temps ont bien changé, je vous l'accorde! Pas les problémes. "Les riches toujours plus riches, les pauvres toujours plus, les gens n'ont plus le temps d'espérer ni de penser" (comme le chante Che Suda...

VENDREDI 8 FÉVRIER à 19h... un petit coup à boire, une petite cérémonie de passage de relais, un film surprise... vous êtes invités !
Elle commence joyeusement, cette nouvelle année, avec la prise en main d’Utopia Tournefeuille par ses salariés à travers la SAS SCOP* UTOPIA SANTA MAGDALENA.On en rêvait, on s’y préparait, le chemin fut long (très long) et plein de péripéties, parfois douloureuses… mais on y est ! P...

SEXE & CINÉMA, entre fantasmes et interdits : le Master 2 droit des médias et de la communication co-organise, le jeudi 14 février, à partir de 19h un cocktail dinatoire. A partir de 20h, vous pourrez assister à un ciné-débat autour de la projection du film La vie d’Adèle d’A. Kechiche. Tarif projection : 4,50€. Bus gratuit spécialement affrète par l'Espace Culturel de l'UT1 pour l'occasion Faisant l'aller retour de l'Université à l'Utopia de Tournefeuille (sur réservation et dans la limite des places disponibles).

LA VIE D'ADÈLE

Abdellatif KECHICHE - France 2013 2h59mn - avec Léa Seydoux, Adèle Exarchopoulos, Salim Kechiouche, Mona Walravens, Aurélien Recoing, Catherine Salée... Scénario d'Abdellatif Kechiche et Ghalya Lacroix, librement inspiré de la bande dessinée Le Bleu est une couleur chaude de Julie Maroh (Ed. Glénat). PALME D'OR, FESTIVAL DE CANNES 2013.

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

LA VIE D'ADÈLEUn film qui flotte tellement haut ! À quoi cela tient-il ? À un regard ? Une manière de filmer les choses de la vie. Kechiche affirme que ce n'est pas un film militant. C'est vrai et faux à la fois. Il explose vite les étiquettes qu'on voudrait lui coller, la puissance qui s'en dégage est plus efficace que n'importe quel discours. Un regard ? Celui juste et rare posé sur l'enseignement, les enseignants, ces acharnés qui tentent de rendre accessibles et lumineuses des contrées qui vous semblaient inaccessibles ou ennuyeuses, qui allument des feux qui ne s'éteindront jamais. C'est La Princesse de Clèves qui devient actuelle et vivante, le fastidieux théorème qu'on déguste soudain comme un poème. Combien de doses de patience puisées dans l'inépuisable envie de transmettre, de partager ? Voilà des cours transformés en moments de bonheur spirituel, sensuel.
À la manière d'un peintre impressionniste, en quelques coups de caméra, Abdellatif Kechiche plante le décor : celui de la passion, de la vocation, qui restera en filigrane de son interprétation si personnelle de la magnifique BD Le Bleu est une couleur chaude. Il en élargit le champ, transformant le récit intime en fable sociale sans pour autant trahir l'univers de Julie Maroh : torride, décomplexé mais plein de poésie et de tact.

Un regard ? Celui d'Adèle qui écoute, boit chaque parole du cours de français, s'enflamme à son tour en commentant La vie de Marianne. Si proche de l'héroïne de Marivaux, du haut des ses dix-sept ans elle attend, prête à s'embraser, à ressentir l'Amour. Sous ces lèvres pulpeuses, cette bouche à la moue enfantine, une femme se construit, se découvre peu à peu. Curieuse du monde, sensible à ses injustices, voulant les combattre. Elle teste, essaie, croque, et pourquoi pas les garçons ? Juste pour essayer et parce que c'est bon.
Un regard ? Celui des autres. De la bande de potes, qui taquine, critique, condamne ou soutient. Des parents qui décidément ne comprennent rien à rien. Des intellectuels, artistes que côtoiera Adèle plus tard, porteurs d'une forme inavouée de mépris. Ces regards comme des cocons, des pièges rassurants. Mais Adèle ne cherche pas à être dans un groupe, elle cherche à être tout simplement.
Un regard ? Celui de cette fille aux cheveux bleus qu'elle croise dans la rue. Une sensation furtive, volatile, vite disparue. Le bleu. Ce bleu… Un souvenir que les petits détails de la foule font resurgir malgré elle : un ballon de baudruche, un tissu… Ce bleu qui hante désormais Adèle, dont elle se met en quête inconsciemment, puis de manière de plus en plus assumée, obsessionnelle.
Ce coup de foudre qu'elle va éprouver pour Emma, la fille aux cheveux bleus, dépasse tout, la bouscule comme un raz de marée. Ses paroles qu'elle boit, son corps qu'elle découvre, ce grain de peau… Amour absolu d'une kamikaze de la vie, qui donne tout sans se protéger… et la chute sera rude, poignante quand les sourires se feront moins complices, que chacune se laissera envahir par ses ambiguïtés, ses peurs, ses impuissances, sa dépendance à une classe sociale…

J'ai tout dit ? Je n'ai rien dit, parce qu'il y aura toujours plus ressentir, à analyser. Le discours est limpide, le film lumineux, évident, libre, complexe. Tout y est précis, efficace, calculé. Les lenteurs ne se transforment jamais en longueurs. On voit tout mais ce n'est jamais voyeur. Les scènes d'amour, charnelles, sont troublantes et justifiées. Les sentiments contradictoires fusent en tous sens, vous transpercent, comme un orgasme : tendresse, violence de la sexualité, de l'abandon sous toutes ses formes. Jamais tout cela ne fut mieux filmé. Mais surtout celui qui est derrière la caméra sait se faire oublier. Ce n'est pas l'œil d'un homme qui nous assène ses fantasmes de domination, ce n'est pas non plus celui d'une femme. C'est tout soudain un regard universel qui s'ouvre pour nous, compréhensif et intense, cru et plein de pudeur. C'est fort, bouleversant… Et comme Adèle, on se prend à espérer le retour de la fille aux cheveux bleus : on aimerait d'autres chapitres tant ces deux-là sont passés trop vite.

Conférence Sexe et Cinéma : entre fantasmes et interdits

Liberté des artistes, protection des mineurs, respect des sensibilités, censure... les rapports sexuels dans les œuvres cinématographiques sont sujets à polémique et font l’objet de nombreux contentieux. Une conférence tenue à l’Université Toulouse 1 Capitole avec la présence de spécialistes en amont du ciné-débat abordera la place de la sexualité dans le cinéma. Les problématiques auxquelles sont confrontés de tels films seront envisagées sous un angle juridique et sociologique. Il sera également question de la nature juridique d’un film. En effet, la qualification d’une œuvre cinématographique est conditionnée par l’obtention de son visa. Ainsi, grâce à la lumière d’experts en la matière, il conviendra de se questionner sur le franchissement de la frontière entre le film d’auteur et le film « classé X ».
Quelle est la limite de ce que l’on peut diffuser dans une salle de cinéma ? Cette classification est-elle toujours raisonnable et adaptée à notre société ? Quel est son avenir ?

Le 14 février à 17h à l’Université Toulouse 1 Capitole : 2 Rue du Doyen-Gabriel-Marty, 31042 Toulouse (Amphithéâtre Marsan), entrée libre et gratuite