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Atelier d'écriture YAKSA 7 : Kévin
La première fois que je l’ai vu, c’était à mon anniversaire, il était sorti d’un énorme gâteau avec des oreilles de lapin et un pompon blanc coincé entre les fesses. On peut pas vraiment dire que ce soit mon genre de mec mais il s’était passé un truc, je ne sais pas quoi exac...

Atelier d'écriture YAKSA 6 : Daria
Je m’appelle Greg Camazot, j’ai 34 ans ; je suis arrivé à Londres, il y a deux ans. Je travaillais à cette époque pour la Food and Drug Administration pour développer des recherches en alimentation alternative d’origine animale à base d’insectes.Les semaines qui avaient suivi le départ de Daria...

Atelier d'écriture YAKSA 5 : à partir de tableaux de Magritte
Test du parapluie. Comment savoir si un parapluie est vraiment étanche ?C’est très simple.Prenez un verre d’eau. Oui un simple verre d’eau transparent. Un verre que vous pouvez trouver partout. Un verre sans identification spécifique.Remplissez-le au 9/10 - c’est très important- d’eau du robine...

Atelier d'écriture YAKSA 4 : la parole
Parole que l’on dit sans y penser.Parole qui échappe, le mot de trop où la parole exprimée sans retenue se transforme en parole dérangeante et devient celle qu’on n’aurait pas dû dire.Parole qui peut être mise en musique ou en poème.Parole divine, posée sur une musique sacrée.Parol...



DAMIEN VEUT CHANGER LE MONDE

Écrit et réalisé par Xavier DE CHOUDENS - France 2019 1h36mn - avec Franck Gastambide, Melisa Sözen, Camille Lellouche, Gringe, Patrick Chesnais, Liliane Rovère, Youssef Hajdi...

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

DAMIEN VEUT CHANGER LE MONDEPour la première page de cette gazette pas tout à fait comme les autres, il fallait un film qui soit au diapason du bonheur qu'on ressent de vous ouvrir les portes d'un ciné tout neuf à Borderouge, en même temps que de l'enthousiasme de la joyeuse équipe de Tournefeuille, désormais à la manœuvre sous la bannière de la SCOP Santa Magdalena.
Un film qui dise qu'on ne se lasse pas de toutes ces rencontres chaque jour avec vous, un film bienfaisant qui suggère qu'il suffirait d'un peu de solidarité et de bienveillance pour que notre quotidien à tous soit un poil plus heureux…
On a choisi ce film-là qui est comme un conte, et semble tracer, dans le magma des petites saletés que l'actualité charrie chaque jour, un petit chemin de lumière… pour que, à défaut de changer le monde, il soit possible au moins d'espérer pouvoir contribuer à ce qu'il soit un peu moins cruel pour certains, plus tolérant pour d'autres…

Il était une fois… Damien est le rejeton de parents qui manifestaient sur les barricades en 68, étudiants dans une fac en ébullition, militants forcenés, amoureux pour longtemps, idéalistes pour toujours… Si bien que la jeunesse du gamin et de sa sœur a été gavée des récits de leurs luttes. Là où d'autres s'endormaient avec Nicolas, Pimprenelle et le gros nounours réac de la télé (Bonne nuit, les petits…) Damien lui, avait droit aux chansons de Dominique Grange (À bas l'état policier !) et aux portraits du Che.
Mais rien ne se passe jamais comme prévu et les enfants ne deviennent pas toujours ce que leurs parents ont rêvé pour eux… tant s'en faut !
Damien est devenu adulte. Enfin, si on parle de son âge biologique, car finalement il se sent plus proche des élèves qu'il surveille dans une école primaire où il végète un peu que, par exemple, de sa sœur, qui a tout compris des recettes à appliquer pour réussir dans une société où il faut sortir les crocs et les griffes si on veut se tailler une place de choix.

Damien n'est pas très compliqué, n'est pas militant pour deux sous, ne revendique jamais et finalement n'en est pas malheureux pour autant. C'est Bahzad qui va révolutionner son quotidien. Un môme tranquille qui fréquente l'école laïque et républicaine où officie Damien, avec le sérieux, l'assiduité et la discrétion qui caractérisent souvent ces mineurs débarqués en France avec des parents sans papiers, qui ont fui des situations difficiles, parcouru des distances incroyables, parfois au péril de leur vie. Il apprend sagement à lire, à compter, à jouer, à rire en français, vit dans un foyer avec sa mère réfugiée et Damien aime bien ce gamin.
A la fin d'une journée d'école, il se retrouve coincé avec Bahzad qu'il doit garder, vu que personne ne vient le chercher et pour cause : sa mère a été prise dans un contrôle d'identité et embarquée au poste de police. Et alors là ! C'est tout un gouffre qui s'ouvre devant Damien éberlué, qui ne se doutait de rien, qui ne s'était jamais posé de questions : Bahzad et sa mère sont sous le coup d'un OQTF, sigle barbare qui signifie que du jour au lendemain, faute d'avoir des militants associatifs pour les soutenir, faute de pouvoir régulariser leur situation, ce petit gamin adorable, prêt à devenir plus français qu'un français, et sa charmante mère risquent l'expulsion… OQTF = Obligation de Quitter le Territoire Français. Manu militari si nécessaire. Indigné par l'injustice qui se vit là, maintenant, sous ses yeux, dans son quartier, dans son école, Damien va alors faire ce qui lui semble le plus logique et le plus simple : reconnaître l'enfant comme le sien et lui donner ainsi la nationalité française (il faut préciser que les yeux de braise de sa mère ne laissent pas notre Damien de glace). Simple. Rapide. Efficace…

La suite, je vous la laisse découvrir : c'est le flot jubilatoire de cette comédie qui le racontera, car vous imaginez bien que l'histoire ne va pas en rester là et que, comme on peut tous les mois donner son sang pour aider les plus fragiles ou les malades, Damien a cru comprendre qu'on peut aussi donner sa paternité et les avantages administratifs qui vont avec. Très vite, la nouvelle va se répandre et Damien, pris au piège de sa propre générosité, va devoir trouver d'autres pères pour d'autres gamins sans papiers… je ne vous dis pas le bazar !
C'est une comédie et on y rit, on y sourit, mais on y fond aussi parfois, car l'humanité qui caractérise tous ces formidables personnages crève l'écran, et on sait bien que le fond de cette histoire correspond à une réalité autrement moins drôle… Sans cynisme, sans amertume, avec une joie communicative, ce film qui est comme une grande bouffée d'air frais n'en raconte pas moins ce qui cloche dans notre société et sonne comme un vibrant appel à la fraternité et à la solidarité sur un air de rap… Tous les acteurs sont formidables et Franck Gastambide a un charisme aussi subtil qu'époustouflant.