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Atelier d'écriture YAKSA 7 : Kévin
La première fois que je l’ai vu, c’était à mon anniversaire, il était sorti d’un énorme gâteau avec des oreilles de lapin et un pompon blanc coincé entre les fesses. On peut pas vraiment dire que ce soit mon genre de mec mais il s’était passé un truc, je ne sais pas quoi exac...

Atelier d'écriture YAKSA 6 : Daria
Je m’appelle Greg Camazot, j’ai 34 ans ; je suis arrivé à Londres, il y a deux ans. Je travaillais à cette époque pour la Food and Drug Administration pour développer des recherches en alimentation alternative d’origine animale à base d’insectes.Les semaines qui avaient suivi le départ de Daria...

Atelier d'écriture YAKSA 5 : à partir de tableaux de Magritte
Test du parapluie. Comment savoir si un parapluie est vraiment étanche ?C’est très simple.Prenez un verre d’eau. Oui un simple verre d’eau transparent. Un verre que vous pouvez trouver partout. Un verre sans identification spécifique.Remplissez-le au 9/10 - c’est très important- d’eau du robine...

Atelier d'écriture YAKSA 4 : la parole
Parole que l’on dit sans y penser.Parole qui échappe, le mot de trop où la parole exprimée sans retenue se transforme en parole dérangeante et devient celle qu’on n’aurait pas dû dire.Parole qui peut être mise en musique ou en poème.Parole divine, posée sur une musique sacrée.Parol...



68, MON PÈRE ET LES CLOUS

Samuel BIGIAOUI - documentaire France 2019 1h24mn -

(ATTENTION ! Cette page est une archive !)

68, MON PÈRE ET LES CLOUSLe monde est immense et toujours surprenant : pas une planète, pas une galaxie, pas un coin de notre terre qui, de l'infiniment grand à l'infiniment petit, ne déploie une diversité que les plus grands explorateurs, savants, docteurs en machin chose ne cessent de découvrir… Plus ils étudient ces espaces infinis, cherchent, fourrent leur nez dans tous les recoins les plus éloignés d'un univers qui ne cesse de se déployer et plus l'horizon se déplace. On le supputait déjà, depuis notre petit carré d'ignorance : plus on sait et plus on découvre que l'on ne sait rien.
Il en va de même pour le cinoche : les sources d'inspirations ne sont pas près de se tarir et plus on plonge dans l'intime et plus on flirte avec l'universel et plus le cinéma surprend par sa capacité de renouvellement. Tenez, par exemple, ce film-là, 68, mon père et les clous

C'est une petite quincaillerie qui ne paie pas de mine, en plein cœur du Quartier latin, rue Monge. On y trouve tout ce qui est nécessaire pour installer le quotidien basique d'une vie, depuis les pitons pour tableaux aux cartons pour collectionneur de papillons.
Cette boutique, où toutes sortes de destins se croisent, est d'abord un havre d'humanité : on vient s'y ressourcer, y papoter pour se changer les idées, faire le plein de chaleur humaine avec un patron qui lui non plus ne paie pas de mine, mais est une source inépuisable d'étonnement. Qu'est ce qui a pu pousser à choisir de vendre des clous, il y a 30 ans, ce sympathique Jean qui s'apprête à plier boutique ? Militant de la gauche prolétarienne, engagé jusqu'au trognon, intellectuel diplômé de partout… il aurait pu prétendre à un rôle de premier de cordée, comme dirait l'autre.
Depuis, il n'a cessé de faire de ce lieu ordinaire un point de ralliement pour une humanité de proximité aussi diverse et riche que banale, aussi anonyme qu'attachante : un boucher trotskiste, un tireur d'élite russe qui a fui son pays, une immigrée croate, une bourgeoise… De tous les milieux, de tous les pays, de tous les âges. C'est son fils qui le filme, le poursuit de questions dans les recoins de son magasin, capte les échanges sans en modifier le cours…
Dans cette boutique au bric-à-brac magique se croise l'incroyable diversité de la fourmilière humaine et les récits de vies des uns et des autres brassent avec humour quelques vérités fondamentales, racontent l'histoire d'une époque mouvante entrecoupée de drôleries et de moments d'émotion. Ici on parle cinéma, politique, bricolage, société. On y partage un café, les pâtisseries de fin de Ramadan. On y philosophe tout en brassant les petites contrariétés de base. Les meilleurs copains de Jean sont des vieux militants, intellectuels de haut vol ayant fait le choix d'une vie modeste, curieux de tout, toujours bienveillants, jamais amers. La poignée de salariés qui travaillent dans la boutique essuient une larme et racontent l'attachement au lieu, leur amitié pour Jean, le rôle qu'il a joué dans leur vie… Zora rigole : vous seriez un bon psychanalyste, revendique d'avoir le monopole du balai et son fils ironise sur son mauvais sens des affaires, le fric perdu. Les clients se désolent de voir disparaître cette caverne d'Ali Baba qui leur fournissait des clous et tant d'autres choses, escamotent leur émotion dans une pirouette.

Samuel, le réalisateur et fils de Jean, filme avec sa tête, son cœur et beaucoup de talent, le montage est vif et signifiant. Il y a de la tendresse et de la fierté quand la caméra regarde son père partir vers sa nouvelle vie, ne reniant rien de l'ancienne, une vie qui ne devait rien au hasard mais à des choix, faite de sens et nourrie de belles rencontres. Superbe !