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CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



UNE PART D'OMBRE

Écrit et réalisé par Samuel TILMAN - Belgique 2018 1h34mn - avec Fabrizio Rongione, Natacha Régnier, Baptiste Lalieu, Myriem Akheddiou...

Du 12/06/19 au 02/07/19 à Toulouse (Borderouge)

UNE PART D'OMBREFin de vacances idylliques entre couples dans les Vosges. Amis de longue date, tous enseignants, responsables et respectables. Chacun interprète sa partition classique dans le groupe. Les gars jouent à être des mâles pas trop machos et bons pères de familles. Les filles à être des mamans bienveillantes et patientes. Les enfants à être tout simplement des enfants, même si on les voudrait toujours sages. Tandis que ça chahute ou godille dans l’eau fraîche du lac, Julie et David font une partie de galipette en cachette dans le petit cabanon qui tient lieu de remise pour les canoës. Ils s’aiment ces deux-là et quelques années de mariage ne sont pas venues à bout de leurs désirs. Ils feraient même sans doute quelques envieux.

Pour le retour vers la Belgique où tous résident, on organise deux convois. On case épouses et mioches dans un grand monospace familial avec moult bisous et câlinous, sans oublier les doudous… Puis on s’apprête à passer la dernière soirée entre garçons afin de ranger la baraque avant d’en rendre les clefs. Un bon prétexte pour savourer quelques instants la liberté d’antan et boire quelques coups sans que nulle ne fasse la leçon. Le plus ascète des quatre est objectivement David et c’est paradoxalement ce qui le conduira tout droit à sa perte. Ce soir-là, au lieu d’aller faire son footing quotidien avant la tombée de la nuit, il aurait tellement mieux fait de buller devant la télé avec ses copains, une bière à la main… Rapide échauffement, il s’élance, la foulée sûre. Il traverse le village, puis s'engage sur la route qui serpente sous les pins altiers d’une forêt claire-obscure. De tout ça on ne retient pas grand chose. Quelques mots et regards vite échangés, des rencontres fugaces, une course truffée d’ellipses, des éléments épars comme les bribes d’un rêve sur lesquels on serait bien en peine de se forger une intime conviction. De retour au chalet, rien n’a bougé, sauf le programme télé.
Le jour d’après chacun est de retour dans ses pénates, puis au boulot. Pendant ce temps, la police française enquête : on a retrouvé le corps d'une femme assassinée sur le parcours emprunté par David la veille. Forcément il est interrogé comme témoin.

C’est là que l’affaire se corse. À ce moment précis où toute la bande qui semblait si soudée commence à se poser les questions qui vont la diviser. Soudain les qualités mêmes de David apparaissent comme suspectes. Est-ce normal d’être si taiseux, si secret, tellement sportif ? Les points de vue commencent à vaciller, le doute s’immisce entre les amis, dans les ménages. Certains allant plus vite en besogne que d’autres, les propos d’abord bienveillants dérapent perfidement. Seul le grand Noël reste droit dans ses bottes, refusant même d’aborder la question avec sa propre compagne. C’est un procès avant instruction qui se déroule dans les chaumières, une condamnation sociale au préalable, à laquelle le verdict final ne pourra plus changer grand-chose. David, effaré, se recroqueville puis s’arc-boute, profondément blessé, avec des maladresses qui le rendent suspect. Est-ce une posture que David adopte ou dit-il la vérité ? Il pourrait bien être coupable tout comme il pourrait être innocent. Nous vacillons comme les protagonistes du film, aux prises avec les mêmes valses-hésitations fautives, essayant de traquer les indices, d'inventer des scénarios, bien conscients aussi que c'est le processus de la rumeur assassine que le réalisateur filme avec une belle sobriété.

Le couple Fabrizio Rongione / Natacha Régnier (David / Julie) fonctionne à merveille. Tous deux campant des personnages à la fois victimes et coupables de leurs faillites. Lui complexe et trouble, elle lumineuse et perdue, tous deux fragiles au-delà des apparences.