LA GAZETTE
(à télécharger au format PDF)

NOUS APPELER

NOUS TROUVER
(et où trouver la gazette)

NOS TARIFS :
TARIF NORMAL : 7€
CARNET D'ABONNEMENT : 50€ (10 places, non nominatives, non limitées dans le temps, et valables dans tous les Utopia)
Séances sur fond gris : 4,5€

RSS Cinéma
RSS Scolaires
RSS Blog

(Quid des flux RSS ?)

EN DIRECT D'U-BLOG

Le blog des profondeurs...
(de champ)

CINÉMA UTOPIA BORDEROUGE : ouverture le mercredi 12 juin
Jouez hautbois, résonnez musettes ! L’autorisation d’ouverture tant attendue est enfin arrivée. On brique les projecteurs, l’association Domino donne un coup de râteau dans le jardin, le mûrier exulte… et nous donc ! Attention ! ne vous trompez pas, ce mois-ci except...

Borderouge : L'attente et le désir…
Borderougeoises, Borderougeois !… Habitants des quartiers et petites villes alentours, Tournefeuillus en vadrouille… pardonnez nous ! Nous nous couvrons la tête de cendres, nous nous flagellons, nous nous mortifions, nous revêtons le cilice, dépités d’avoir dû annuler projections et ...

Contre temps : le ciné Borderouge ouvrira plus tard que prévu !
Nous en sommes tout désappointés, mais la Commission de Sécurité qui s’est réunie le 4 avril a demandé des compléments de dossier concernant les quelques modifications apportées au permis de construire… Nos architectes et bureau d’étude transmettent les pièces demandées cette semaine, mais la no...

Osez Le Féminisme ! Appel à contribution
Pendant le mois de mars Utopia et l’association Osez Le Féminisme Toulouse s’associent pour organiser une collecte de produits d’hygiène intime pour les femmes en situation de précarité.Les violences économiques contre les femmes les fragilisent. Trop souvent, les femmes migrantes ou SDF sont in...



FACTORY

Produit, écrit et réalisé par Youri BYKOV (qui signe également la musique) - Russie 2018 1h49mn VOSTF - avec Denis Shvedov, Vladislav Abashin, Andrey Smolyakov, Alexander Bukharov...

Du 14/08/19 au 27/08/19 à Tournefeuille

FACTORY« On n'est pas des bandits, on est des ouvriers qui se rebellent », assène froidement Le Gris au flic qui le tient en joue. Avare de ses mots, tout en rage rentrée, il y a du Snake Plissken, le héros taiseux du New-York 1997 de Carpenter, dans cet ouvrier métallo revenu borgne de la guerre. Sauf que Le Gris, lui, a depuis longtemps arrêté de cacher la vilaine cicatrice de son œil mort avec un bandeau de pirate. Il exhibe au contraire son stigmate comme une provocation jetée au regard de ses interlocuteurs. La rage, elle, est venue avec l'annonce de la fermeture programmée de l'usine décrépite dans laquelle il gagne laborieusement de quoi survivre. Plantée au milieu de nulle part, à l'écart d'une ville de province russe, cette fabrique antédiluvienne de pièces de ferraille a été rachetée pour une bouchée de pain, au lendemain de la chute de l’URSS, par un oligarque peu scrupuleux. Qui l'a laissée péricliter jusqu'à, donc, en décider la fermeture, sans préavis ou presque pour les ouvriers qui seront payés, si tout va bien, « dans les 6 mois ». Fort de son expérience de vétéran, Le Gris a donc embarqué une poignée de ses compagnons d'infortune, chômeurs en sursis, dans une opération commando abracadabrantesque : prendre les armes, enlever et séquestrer le patron, en échange duquel ils espèrent bien récupérer le paquet de fric qui leur permettra d'attendre des jours meilleurs. En fait de commando, c'est une équipe de bras cassés usés par leur condition d'ouvriers, à la détermination flottante, plus habitués à manier le chalumeau et la fraiseuse que la Kalashnikov, qui parvient non sans mal à réussir sa prise d'otage. Les négociations commencent avec les hommes de mains, exécuteurs des basses œuvres de l'oligarque, bientôt rejoints par les forces de l'ordre qui comptent bien mettre leur grain de sel dans l'opération.

Dans son précédent film, L'Idiot, Youri Bykov racontait déjà, avec un humour très noir, la désespérance des laissés pour compte de la société russe, confrontés à la violence du libéralisme sauvage et à la corruption. Cet effarant thriller social mettait en scène la lente descente aux enfers d'un plombier trop consciencieux, trop honnête. La situation de son pays ne s'étant pas précisément améliorée, la colère du réalisateur est montée d'un cran. La fable amère a donc laissé place au film d'action énervé, à haute teneur politique. L'action se concentre en une nuit, quasiment en huis-clos dans et devant la porte de l'usine, avec quelques échappées sur les immenses paysages de désolation qui l'entourent. S'il a de faux airs de western post-soviétique, la référence hollywoodienne de Factory, c'est clairement le polar politique des années 70-80, lequel, sous couvert de fiction, dénonçait en rafale les scandales politiques et financiers qui gangrénaient l'Amérique. Fidèle à cette forme, sèche, nerveuse, raisonnablement pessimiste, Factory s'accommode tout aussi peu de fioritures de dialogues que d'explications psychologisantes. On y retrouve en particulier les ingrédients des films de John Carpenter : rythme, lumière, mise en scène, jeu et des comédiens – jusqu'à la musique. Et surtout cet attachement à filmer les exclus, les marginaux, les laissés-pour-compte. Les prolétaires révoltés de Factory sont des oubliés de la montée en puissance économique de la Russie. Armés, menés par un guerrier plus utopiste qu'il ne le voudrait lui même, ils s'efforcent maladroitement de s'en prendre aux vautours qui se sont partagé les lambeaux de la richesse industrielle du pays, précipitant des populations dans la misère. Aussi hétérogène, disparate, fragile qu'un rassemblement de Gilets Jaunes, le gang des ouvriers doit à la fois faire face aux forces armées antagonistes qui l'encerclent et aux aspirations individuelles de ses membres, pas forcément compatibles avec la lutte qu'ils ont entreprise. On ne peut décemment pas vous en dire plus, si ce n'est que voilà du grand cinéma d'action russe, pas atrophié des neurones !